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Acte de l'Indépendance d'Haiti

(La nuit descend, lourde, encore imprégnée de fumée. Les torches crépitent. On entend, au loin, les pas cadencés d’unités qui se repositionnent. Dessalines s’avance, suivi de Christophe, Capois-La-Mort, Gabart et Charlotin Macadieu.)
Compagnons… la nuit porte en elle le poids de l’histoire. Au matin, Vertières décidera si cette terre devient enfin nôtre. Rochambeau résiste encore, mais ses lignes montrent des fissures.
Les positions sont établies. Les tirailleurs de Gabart couvrent la gauche. Les hommes de Macadieu surveillent la ravine. Capois-La-Mort attend ton signal pour engager la première poussée.
Général, les Français ont tenté une avancée nocturne. Repoussée. Nos hommes tiennent ferme. Ils espèrent l’assaut du matin.
L’assaut viendra.
Mais avant que l’aube n’effleure Vertières, nous devons veiller à ce que cette victoire ne soit pas un éclair isolé. Haïti n’est pas encore proclamée, mais elle palpite déjà sous nos pas.
Général, nos morts nous suivent de près : Toussaint derrière ses barreaux, Sans-Souci tombé, les anonymes du Morne Rouge… Ils savent que l’ultime dénouement approche.
Le combat de demain scelle plus qu’une bataille. Il engage le destin des générations. Une indépendance mal gardée devient une illusion.
Je le sens… le fer que nous abattons aujourd’hui n’est rien à côté des dangers qui viendront après nous.
Je vois un temps — lointain mais réel — où certains fils de ce pays se courberaîent devant d’autres maîtres, mais des maîtres sans uniforme : l’argent, la peur, le reniement.
Je vois des hommes, deux siècles plus tard, ne sachant même plus organiser une élection libre.
Je vois des collabos locaux, prêts à troquer souveraineté et dignité pour des avantages vides.
Et cela me ronge plus que les canons de Rochambeau.
Si un jour Haïti descend à ce niveau, ce ne sera pas la faute des colonies étrangères, mais celle de ses propres fils.
Exactement.
Et je vois encore autre chose…
Un 18 novembre, dans cet avenir, un gouvernement incapable de se rendre à Vertières.
Vertières, où demain nous offrirons notre vie pour que le pays existe.
Il y eut, pourtant, un chef — Paul-Eugène Magloire — qui fit élever des statues pour que la mémoire reste debout.
Ne pas se présenter ici serait une offense à nous tous.
Si un tel comportement se produit, ce sera la preuve que la liberté peut se perdre sans bataille, par simple négligence.
Voilà pourquoi demain doit être sans hésitation.
La France abandonnera cette terre, mais nos enfants devront apprendre à choisir, voter, débattre, défendre leur droit.
Sans cela, Vertières deviendra symbole vide, et notre sang se perdra dans la poussière.
Général, au premier rayon du jour, je lancerai l’assaut. Je crierai En avant ! pour que personne ne puisse dire qu’à Vertières nous avons manqué de cœur.
Alors préparez-vous.
Cette nuit est la dernière de la servitude.
Au matin, nous ouvrons un monde nouveau.
(Un silence lourd tombe. Les hommes se dispersent vers leurs unités. Dans l’obscurité, on entend déjà la rumeur de Vertières qui s’installe.)
The post Sketch historique – Nuit du 17 au 18 novembre 1803, « Aux abords de Vertières » first appeared on Rezo Nòdwès.

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