Les États-Unis ont expulsé des dizaines de personnes vers la Guinée équatoriale, la Sierra Leone, le Ghana et la République centrafricaine, dans le cadre de la politique de renvoi vers des « pays tiers » mise en œuvre par l’administration du président Donald Trump. Selon des avocats spécialisés en immigration, la plupart, sinon la totalité, des personnes concernées ne sont pas originaires des pays où elles ont été transférées.
Une dizaine de migrants ont été envoyés jeudi en Guinée équatoriale, tandis qu’un autre vol a atterri vendredi en Sierra Leone avant de poursuivre sa route vers le Ghana et la République centrafricaine. Les opérations ont également été suivies par ICE Flight Monitor, un outil de surveillance affilié à l’organisation Human Rights First.
Les défenseurs des droits des migrants dénoncent une stratégie qui exploiterait des « failles » juridiques pour expulser des personnes ne pouvant être légalement renvoyées dans leur pays d’origine. L’administration américaine soutient toutefois que, si ces expulsions sont interdites vers certains États en raison des risques encourus, rien n’empêche leur transfert vers des pays tiers.
Une enquête de l’Agence France-Presse (AFP) indique que Washington aurait proposé des accords financiers de plusieurs millions de dollars et menacé d’imposer des restrictions de visas afin d’inciter certains pays, notamment en Afrique, à accepter ces personnes expulsées. Selon les avocats et des organisations de défense des droits humains, plusieurs migrants transférés dans ces pays auraient ensuite été détenus, maltraités ou renvoyés vers leur pays d’origine, suscitant de nouvelles critiques sur cette politique migratoire.
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