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Il est «inhumain» de poursuivre les expulsions des États-Unis vers Haïti

today2026-09-17 1

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Depuis la révocation du Statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens fin juillet 2026, Washington a augmenté le rythme des expulsions vers Haïti, passant d’un vol par mois à un par semaine. Alors qu’un nouveau vol atterrit ce jeudi (17 septembre 2026) à Cap Haïtien, les ONG locales et internationales insistent : Haïti n’est pas en mesure de recevoir ces expulsés dans de bonnes conditions, dans un pays en proie à une profonde crise sécuritaire.

Sur son site internet, le département d’État américain avertit ses ressortissants : « Ne vous rendez pas en Haïti : risques de crimes, d’enlèvements, de terrorisme, et services de soins limités », peut-on lire. Pourtant, Washington a décidé non seulement de révoquer le Statut de protection temporaire des Haïtiens, mais aussi d’augmenter le rythme des expulsions vers ce pays en crise. C’est ce que dénoncent de nombreuses organisations locales et internationales de défense des droits humains, comme Human Rights Watch (HRW) : « C’est une situation inhumaine, s’alarme Nathalye Cotrino, chercheuse senior pour l’ONG. Nous appelons le gouvernement des États-Unis à cesser d’expulser des gens vers Haïti ». Elle était sur place lors de l’arrivée de deux vols en août. Elle a pu parler sur le tarmac à des dizaines d’expulsés. « La grande inquiétude, pour beaucoup d’entre eux (en particulier ceux originaires du département de la capitale, Port-au-Prince, et du sud ou de l’Artibonite), est qu’ils doivent prendre la route pour pouvoir être hébergés chez des proches, explique-t-elle. Mais ces routes sont contrôlées – en majorité – par des groupes armés, avec des checkpoints. Les gens à qui j’ai parlé avaient très peur d’être rançonnés ou même enlevés. »

Les autorités haïtiennes tentent d’adapter leur réponse

De grandes tentes ont été installées à l’aéroport de Cap Haïtien pour vérifier les antécédents judiciaires des personnes expulsées, leur permettre d’appeler un proche, avoir un repas chaud… Ils et elles sont reçus notamment par des agents de la Croix Rouge haïtienne, et de l’Office national des migrations, l’ONM. Son coordinateur national, Jean Négot Bonheur, explique que l’ONM paye dans quelques cas une nuit d’hôtel aux passagers. Il assure qu’ils ont augmenté ces dernières semaines l’allocation donnée aux arrivants, pour la passer à 25 000 gourdes (191 dollars américains), contre seulement 10 000 gourdes début août 2026. Cela reste insuffisant pour payer le transport jusqu’à Port-au-Prince par exemple. Et si les États-Unis envoient plus de personnes que prévu, comme le 10 septembre, les passagers reçoivent un peu moins d’argent chacun.

Cap Haïtien, déjà surpeuplée

Les autorités prévoient de faire construire un centre d’hébergement de 500 places, mais il ne serait pas prêt avant la fin de l’année 2027. Le maire de la ville, Michel Saint Croix, se dit démuni. Il assure que le nombre d’habitants a déjà énormément augmenté à mesure que les gangs ont étendu leur emprise sur Port-au-Prince ou encore l’Artibonite ces dernières années. « ​​​​​​​La ville de Cap Haïtien a été construite pour environ 45 000 personnes mais avec l’insécurité, la population a dépassé les 500 000 habitants. Les loyers augmentent beaucoup. Et avec les déportations, cela va de mal en pis », se désespère-t-il. La ville est surchargée de déchets, a d’énormes problèmes d’assainissement et les coupures d’électricité sont très fréquentes. Malgré cela, et malgré la baisse de l’aide au développement de la part des États-Unis depuis le retour de Donald Trump, des ONG haïtiennes essayent de trouver des fonds et de s’organiser pour soutenir les expulsés. C’est le cas du Garr, par exemple, le Groupe d’appuis aux rapatriés et réfugiés. « Depuis la fin de l’USAID décidée par Donald Trump, il y a des lourds problèmes de sous-financement pour des organisations comme le Garr sur le terrain », explique Stenley Orbruth Doriscar, son responsable communication. L’ONG prévoit de recruter du personnel à Cap Haïtien pour accueillir et orienter les expulsés. Le Garr ajoute que déjà 197 000 personnes ont été expulsées vers Haïti entre janvier et août 2026, principalement depuis la République Dominicaine, mais aussi des Bahamas ou encore des îles Turques-et-Caïques. Autant que sur toute l’année 2025.

Nouveau délai d’inscription pour les élections haïtiennes

Pour la deuxième fois en deux semaines, le Conseil électoral provisoire (CEP) prolonge les délais d’inscription en vue des élections présidentielle et législatives, dont le premier tour est prévu le 13 décembre. Cette fois-ci, c’est la date limite d’enregistrement des candidats qui a été repoussée, explique Frantz Duval, du Nouvelliste. Avec Anne Cantener, il aborde aussi les mesures de sécurité annoncées par la commune de Kenscoff (en banlieue de Port-au-Prince) après les attaques de groupes armés. Enfin, le rédacteur en chef du plus ancien quotidien haïtien alerte sur « l’épidémie de carburant frelaté » qui touche Port-au-Prince.

 

Au Mexique, champignons hallucinogènes, science et savoirs ancestraux indigènes

Au Mexique, le mois d’août est synonyme de récolte de champignons. Le pays compte une diversité impressionnante de champignons comestibles, mais il concentre aussi 25% de la diversité mondiale d’espèces hallucinogènes, un record. Ces champignons psilocybes sont utilisés depuis la nuit des temps par les peuples indigènes comme médecine traditionnelle, et intéressent aussi de plus en plus la science. Marine Lebègue a rencontré des scientifiques et a suivi la cueillette avec une communauté indigène, dans la sierra Mazateca, une chaîne de montagnes verdoyantes du sud du Mexique. 

 

Dans le journal d’Outre-mer La 1ère 

La fin d’une grève chez un transporteur n’y aura rien changé : il n’y avait toujours aucun bus en circulation ce jeudi matin (17 septembre 2026) dans le centre de la Martinique.

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