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De Kingston au monde entier : Jimmy Cliff, la légende jamaïcaine de la musique et du cinéma, s’éteint à 81 ans

today2026-01-31

De Kingston au monde entier : Jimmy Cliff, la légende jamaïcaine de la musique et du cinéma, s'éteint à 81 ans
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« Sa musique a servi de réconfort aux gens dans des moments difficiles, elle a inspiré des générations et forgé le respect mondial pour] la culture jamaïcaine. »

Initialement publié le Global Voices en Français

Un microphone apparaît sur un fond craquelé peint dans les couleurs rouge, or et vert du mouvement rastafari. Image principale créée à l’aide d’éléments Canva Pro.

L’icône du Reggae jamaïcain Jimmy Cliff est décédé le 24 novembre 2025 à l’âge de 81 ans. Sa femme Latifa a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il est décédé d’une d’une pneumonie, à la suite d’une crise. Elle a remercié toutes les personnes qui ont partagé son voyage incroyable durant son vivant avec lui, comprenant artistes et fans, dont « le soutien a été sa force pendant toute sa carrière ».

Le Premier ministre jamaïcain Andrew Holness a rendu hommage à X :

Cliff était le seul musicien vivant à détenir l’Ordre de Mérite,  la plus grande distinction qui peut être donnée à un Jamaïcain pour ses réussites dans les arts et les sciences. D’autres figures politiques, y compris le leader de l’opposition Mark Golding, le maire de Kingston Andrew Swaby, et le Premier ministre des Barbades Mia Mottley ont également salué l’influence mondiale de Cliff.

Né sous le nom de James Chambers le 30 juillet 1944, à Somerton, Saint James- une région qui était impactée sérieusement par l’ouragan Melissa cette année– Cliff était dans une famille de 10 enfants. Comme de nombreux musiciens jamaïcains des années 70 et au-delà, il a laissé ses racines rurales et a déménagé vers la ville avec son père à l’âge de 14 ans, espérant trouver sa fortune dans le business de la musique. Durant ce temps, le jeune Jimmy avait déjà montré son intérêt pour la musique, écrivant des chansons et chantant pendant ses années à l’école primaire. En tant que garçon, il était fortement influencé par la musique d’église (il chantait dans la chorale), tout comme la soul, le rock’n roll et la musique jamaïcaine.

A Kingston, Cliff a écrit des chansons et a participé à des compétitions de talents durant son adolescence, améliorant sa voix de soul et ses compétences d’écriture. Il a été à l’école technique de Kingston, où il a étudié la radio et la télévision. D’après Jamaica Gleaner, sa première opportunité dans la ville s’est présentée lors de l’émission « Vere Johns Opportunity Hour » au palace théâtre. Il a également performé lors de nombreuses occasions avec le groupe populaire Bryon Lee Il a encouragé le producteur Leslie Kong à le prendre sous son aile, et sa chanson « Hurricane Hattie » a connu un succès local alors qu’il n’avait que 17 ans.

Bientôt le travail de Cliff a attiré l’intérêt de Chris Blackwell, le PDG du label révolutionnaire Island Records, qui l’a amené en Angleterre où il a finalement capté une audience plus large parmi de nombreux secteurs de la société. Assez à l’écart et différente de la génération Windrush, la musique jamaïcaine était très populaire parmi les skinheads, une classe ouvrière jeune et une sous-culture de la fin des années 60. Son premier album international, « Hard Road to Travel, » est sorti en 1967 et a été accueilli chaleureusement. Cela a compris une reprise de la chanson « Waterfall, » qui est devenue un hit au Brésil et a gagné le festival international de la musique. En 1969, « Wonderful World, Beautiful People, » suivi de « Vietnam » en 1970 sont devenus des hits internationaux. Cliff a également enregistré sa propre version du son de Cat Stevens « Wild World », ce qui  a atteint le top 10 au Royaume-Uni.

Cliff a enregistré plus de 30 albums au total, son dernier en date est celui de 2022 « Refugees », inspiré par les crises humanitaires dans différentes parties du monde. Il a gagné le Grammy Awards du Reggae pour « Cliff Hanger » en 1985 et « Rebirth » en 2012. Jusqu’à récemment, il a continué d’apprécier les tournées mondiales. Bien que plusieurs de ses hits étaient repris par plusieurs chanteurs dans différents genres, la popularité de Cliff a décollé après le film théâtral jamaïcain au petit budget dénommé « The Harder They Come », sorti en 1972, ce qui l’a mis sur la carte en tant que puissance culturelle. Dans le film, réalisé par le Jamaïcain Perry Henzell et co-écrit avec Trevor Rhone, Cliff joue le rôle de Ivan, a jeune homme en difficulté dans le pays qui cherche à se faire un nom dans la ville. Les expériences négatives avec la police et les autres figures d’autorité ont transformé Ivan en tireur, « Rhygin », qui est ensuite devenu un  hors-la-loi.

Encore plus impactant que le script, la bande-son du film, qui est devenue un classique culte. La chanson principale, ainsi que les autres de Cliff, comprenait des morceaux de Desmond Dekker et Toots and the Maytals. En 2021, l’album était considéré comme « culturellement historique, ou  significatif » par la bibliothèque du Congrès et sélectionné pour être conservé dans le Registre national des enregistrements. En 2024, Rolling Stone a nommé celle-ci la troisième meilleure bande-son de tous les temps.

Autre lien important avec le cinéma, la reprise par Cliff de « I Can See Clearly Now » de Johnny Nash, qui figure sur la bande originale du film à succès Rasta Rocket sorti en 1993, est également devenue un tube mondial. En 2011, l’album complet de Cliff, « Rebirth », a remporté le Grammy Award du meilleur album reggae et a été inclus dans la liste des « 50 meilleurs albums de 2012 » du magazine Rolling Stone.

Dans une série de messages publiés sur X, Justine, la fille de Henzell, a partagé des souvenirs émouvants, notamment celui de Cliff appréciant une représentation de la comédie musicale « The Harder They Come » dans un théâtre londonien en 2006.

Barbara Blake Hannah, militante dans le domaine des médias et du cinéma, a évoqué son implication personnelle auprès de Cliff et dans le film :

L’ambassade des États-Unis en Jamaïque lui a rendu hommage, soulignant que Cliff avait été intronisé au Rock & Roll Hall of Fame en 2010 par son ami et collègue musicien Wyclef Jean :

Cliff’s songs of struggle and social justice influenced many other musicians. In the late 1960s, Bob Dylan called his song “Vietnam” the greatest protest song of all time, while veteran musician Bruce Springsteen, still on the tour circuit, has incorporated Cliff’s song “Trapped” into his dynamic live repertoire.

American singer Tracy Chapman, meanwhile, shared an on-stage memory:

Les chansons de Cliff sur la lutte et la justice sociale ont influencé de nombreux autres musiciens. À la fin des années 1960, Bob Dylan a qualifié sa chanson « Vietnam » de plus grande chanson contestataire de tous les temps, tandis que le musicien chevronné Bruce Springsteen, toujours en tournée, a intégré la chanson « Trapped » de Cliff à son répertoire dynamique de concerts.

La chanteuse américaine Tracy Chapman, quant à elle, a partagé un souvenir sur scène :

Ali Campbell, membre du groupe de reggae britannique UB40, a également fait part de ses réflexions :

Le commentateur culturel Wayne Chen a décrit Cliff comme « la première star mondiale originaire de Jamaïque » :

Selon une nécrologie publiée dans le Washington Post, Cliff n’aimait pas être catalogué. Il avait déclaré au journal dans une interview en 2004 : « Je ne voulais pas vraiment être connu uniquement comme le roi du reggae ; je voulais en fait être connu comme le roi de la musique ! » Et à bien des égards, c’est ce qu’il était. Tout en faisant découvrir au monde entier la musique jamaïcaine, notamment le reggae — Bob Marley a rapidement suivi ses traces sous le label Island Records —, c’est l’attrait universel de sa musique qui a distingué Jimmy Cliff.

L’économiste jamaïcain Keenan Falconer a fait remarquer :

Ayant grandi dans une région instable, Cliff, avec son humour pince-sans-rire caractéristique, a un jour admis qu’il aurait très bien pu suivre une carrière similaire à celle d’Ivan, l’anti-héros de « The Harder They Come », si sa famille ne lui avait pas jamais pardonné. La Jamaïque et le monde entier lui sont reconnaissants d’avoir choisi une autre voie dans sa vie.

Écrit par: Viewcom04

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