Présentés lors du Forum national des investissements, deux plans stratégiques ambitionnent de transformer durablement l’économie du pays grâce à des investissements dans les infrastructures, les énergies propres et le développement régional.
Le Ministère de l’Économie et des Finances a présenté sa stratégie de relance économique fondée sur la résilience climatique et le développement territorial à l’occasion du Forum national des investissements organisé au Palm Residence.
À cette occasion, deux documents stratégiques ont été dévoilés : le Plan de Relance et de Développement Économique du Grand Nord et le Plan de Prospérité Climatique (PPC).
Intervenant lors des sessions techniques du forum, Fritz-Gérald Louis a expliqué que ces deux programmes avaient été élaborés sous le leadership du MEF avec la participation des institutions publiques, des collectivités territoriales, du secteur privé, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Selon le responsable, ces plans visent à poser les fondements d’un développement économique durable, inclusif et résilient.
Le Plan de Relance et de Développement Économique du Grand Nord s’articule autour de trois grands axes : la diversification de l’économie et le développement des infrastructures, l’investissement dans le capital humain et les services essentiels, ainsi que le renforcement de la gouvernance, de la sécurité et de l’État de droit.
Parmi les principaux projets annoncés figurent la modernisation de l’aéroport international du Cap-Haïtien, la réhabilitation du port de Port-de-Paix, l’extension du port du Cap-Haïtien ainsi que la réhabilitation des axes routiers RN1, RN3 et RD501.
Le programme prévoit également des investissements dans les énergies renouvelables, l’amélioration de l’accès à l’électricité ainsi que le développement des filières agricoles et agro-industrielles, notamment autour du Parc industriel de Caracol.
Le coût de ce plan est estimé entre 2,3 et 2,8 milliards de dollars américains pour la période 2026-2030.
Son financement devrait reposer sur une combinaison de ressources publiques, de partenariats public-privé, d’appuis des partenaires internationaux et de mécanismes innovants de financement.
Le MEF a également présenté le Plan de Prospérité Climatique, conçu comme un cadre destiné à accélérer la transition énergétique et à renforcer la résilience d’Haïti face aux changements climatiques à l’horizon 2050.
Selon les projections, ce programme nécessiterait plus de 18 milliards de dollars américains, dont 11,3 milliards seraient consacrés aux investissements liés à la transition vers une économie verte à faible émission de carbone.
Les autorités estiment que la mise en œuvre de ces deux plans pourrait générer des retombées économiques importantes.
Les projections présentées évoquent une augmentation de 125 % du produit intérieur brut par rapport au scénario de référence, une progression d’environ 16 % de l’emploi ainsi qu’une croissance économique annuelle supérieure à 6 %.
Le gouvernement ambitionne également une réduction significative du taux de pauvreté, qui passerait de près de 58 % à 22 %, avec l’objectif de permettre à Haïti d’accéder au statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2043.
Les responsables estiment enfin que le développement des énergies renouvelables pourrait générer près de 188 millions de dollars américains par an grâce aux crédits carbone à l’horizon 2050, tout en améliorant l’accès à l’électricité.
Pour Fritz-Gérald Louis, ces deux stratégies offrent à Haïti une occasion de rompre avec le cycle des crises en misant sur des investissements structurants, une croissance inclusive et une meilleure adaptation aux défis climatiques.
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