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En Haïti, un calme attentif après la fin du CPT

today2026-02-10

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Deux jours après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est désormais le seul au pouvoir en Haïti.

Les activités ont progressivement repris ce lundi matin (9 février 2026) en Haïti. Dans certaines communes, notamment à Pétion-Ville, des scènes à caractère pré-carnavalesque ont même été observées hier soir (8 février), avec des bandes de rara, des foules dans la rue, principalement des jeunes, qui dansaient et chantaient dans une atmosphère détendue.

Mais ce n’est pas un signe d’adhésion ou de soulagement, plutôt un calme attentif, remarque notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama.

L’histoire récente invite à la prudence. Alix Didier Fils-Aimé bénéficie d’un appui clair de la communauté internationale, en particulier des États-Unis. Or, en Haïti, l’histoire montre que le soutien international, et américain surtout, répond souvent d’abord à des intérêts géopolitiques et stratégiques, qui ne coïncident pas toujours avec les attentes profondes de la population.

S’il bénéficie du soutien de Washington, Alix Didier Fils-Aimé devra composer avec une classe politique très divisée. Sans son adhésion, il aura du mal à conduire le pays vers des élections. Et cette division s’est vue lors de la cérémonie de passation de pouvoir : certains membres du Conseil présidentiel de transition n’avaient pas fait le déplacement samedi. (7 février 2026)

À lire aussiFin du CPT en Haïti: le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, prend les rênes de l’exécutif

 

Des balles « made in USA » au Mexique

Une enquête coordonnée par le Consortium international des journalistes d’investigation, et à laquelle ont participé le New York Times et Proceso, révèle comment une usine de l’armée états-unienne alimente la violence au Mexique. C’est celle de Lake City. Une usine exploitée par Olin Winchester et installée dans une base de l’armée dans le Missouri. Elle fabrique notamment des munitions de calibre 50, des balles capables d’abattre un hélicoptère ou de percer un blindage léger.

Mais ces munitions ne sont pas seulement destinées à l’armée. Elles sont aussi vendues aux civils aux États-Unis. Pour quoi faire ? On ne sait pas trop. Toujours est-il qu’elles ont fini par se retrouver de l’autre côté de la frontière, au Mexique donc, où elles ont été utilisées dans près de cent affrontements, ces dernières années. Le New York Times indique que six cartels mexicains utilisent ces balles fabriquées dans l’usine de Lake City. Ces cartels, ce sont les mêmes que ceux que Donald Trump a classés organisations terroristes l’année dernière (2025).

Toujours aux États-Unis, beaucoup restent très marqués par la mort, il y a un mois de Renee, tuée par la police de l’immigration à Minneapolis. Peu de temps après, l’ICE avait fait une deuxième victime dans cette même ville. Le scandale a largement dépassé les militants opposés à la politique migratoire extrêmement dure de Donald Trump. Même des figures du parti républicain le critiquent. C’est le cas de l’ancienne sénatrice Amy Koch, que notre correspondant à Washington Vincent Souriau a rencontrée. Elle est aujourd’hui lobbyiste et assure que beaucoup sont restés sidérés, notamment les élus qui travaillent au quotidien avec le gouverneur de cet État, le démocrate Tim Walz.

 

À lire aussiÉtats-Unis: l’administration Trump sur la défensive après la mort d’Alex Pretti à Minneapolis

 

Bad Bunny, une autre idée de l’Amérique

Lui qui ne joue plus aux États-Unis, de peur que son public ne soit victime des raids de l’ICE, Bad Bunny s’est offert l’ultra prestigieuse mi-temps du Super Bowl hier soir (8 février). C’est mythique aux États-Unis. Toute la presse du continent en parle. « Bad Bunny au Super Bowl, une image de l’Amérique », titre ainsi Le Devoir au Canada. « Un show qui rappelle que l’Amérique est un continent, et pas seulement les États-Unis », note Pagina12 en Argentine.

Pour La Razon, au Mexique, ce show n’était pas seulement de la musique ; c’était de la politique avec du rythme. Le quotidien y voit une ode au nationalisme, pas celui à la sauce Trump du « nous » contre « eux ». Mais « un nous qui ne demande pas la permission d’exister », écrit La Razon, sans pour autant tenter d’effacer l’autre.

Même si le spectacle était relativement policé hier soir, Bad Bunny dénonce régulièrement la mainmise des États-Unis sur son île natale, les millions de touristes qui y déferlent chaque année et que les spéculateurs préfèrent aux natifs porto-ricains qui, eux, ont de plus en plus de mal à se loger. Un reportage d’Heïdi Soupault.

 

À lire aussiSuper Bowl, Grammy: Bad Bunny «est une forme d’antithèse culturelle du pouvoir actuel à Washington»

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