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Agriculture : deux ans de promesses, deux ans de déception. Haïti toujours dans l’impasse
En Haïti, les dirigeants se plaisent à répéter que « l’agriculture est la clé de la relance ». Des budgets en hausse, des projets de réhabilitation, des distributions de semences… Les annonces se sont multipliées ces deux dernières années.
Mais derrière les discours, un constat s’impose : la situation agricole ne s’est pas améliorée. Au contraire, elle s’est dégradée malgré les énormes fonds gérés par l’équipe de Pitit Dessalines.
Des milliards annoncés… mais peu d’effet sur le terrain
Depuis 2023, les autorités ont communiqué sur une hausse des allocations au ministère de l’Agriculture. L’exercice 2024–2025 a même été présenté comme un « tournant », avec des fonds destinés à l’irrigation, aux pistes rurales et à l’appui technique.
Pourtant, dans les plaines agricoles comme dans les mornes, rien n’indique un changement réel.
Les canaux d’irrigation restent bouchés, les routes sont impraticables, les intrants coûtent une fortune. Les interventions publiques demeurent sporadiques, souvent concentrées autour d’événements médiatiques plutôt que d’une stratégie soutenue.
« Le gouvernement annonce, mais ne livre pas », confie un ingénieur agronome. « On fait de la communication, pas de politique agricole. »
L’insécurité étouffe tout
Même les projets les mieux financés se heurtent au même obstacle : la violence.
Depuis deux ans, l’expansion des groupes armés a coupé plusieurs zones agricoles du reste du pays. Des axes routiers stratégiques, comme Martissant ou Croix-des-Bouquets, sont devenus impraticables. Résultat : les producteurs ne peuvent plus transporter leurs récoltes, les intrants n’arrivent pas, les marchés sont paralysés.
Dans une note récente, une organisation humanitaire parle de « paralysie agricole ».
Des familles entières ont dû abandonner terres et exploitations. Des coopératives fonctionnent à moitié. Certains producteurs renoncent même à semer, faute de garantie de pouvoir récolter.
Sans sécurité, aucune politique agricole n’a de chance de réussir. C’est l’angle mort des décisions gouvernementales de ces deux dernières années.
Les bailleurs font le travail, l’État regarde
Un élément dérangeant ressort de l’analyse : la plupart des actions réellement menées sur le terrain (réhabilitation d’infrastructures, formations, distribution de semences) proviennent de financements étrangers.
Banque mondiale, FAO, USAID, Union européenne : ce sont eux qui financent, pilotent et livrent les projets structurants.
Pendant ce temps, l’État haïtien se contente souvent de signer les accords… puis de laisser les partenaires agir.
« Sans les bailleurs, il n’y aurait presque rien », résume un spécialiste de développement rural.
Cette dépendance rend chaque avancée fragile, dépendante de priorités extérieures changeantes.
Une vision fragmentée, jamais assumée
Au-delà des chiffres et des annonces, les deux dernières années révèlent un problème plus profond : Haïti n’a toujours pas de vision agricole claire.
Faut-il moderniser la production ? Miser sur l’irrigation ? Développer les marchés locaux ? Soutenir l’agroécologie ? Réduire la dépendance au riz importé ?
Aucune réponse cohérente n’a été formulée.
À la place, le pays accumule de petits projets dispersés, souvent initiés sous pression de l’urgence.
Le résultat : une agriculture qui avance sans boussole, vulnérable au moindre choc climatique, économique ou sécuritaire.
Pendant ce temps… la faim progresse
Les chiffres de la faim parlent d’eux-mêmes. La production nationale continue de reculer. Les prix flambent. Les ménages ruraux s’enfoncent dans la précarité.
Selon plusieurs analyses internationales, la contraction du secteur agricole est l’un des facteurs majeurs de la hausse de l’insécurité alimentaire.
Malgré les discours optimistes du gouvernement, les agriculteurs ne voient pas la couleur des réformes promises.
L’agriculture ne peut pas attendre
Deux ans après les premières grandes annonces, la conclusion est sans appel : les décisions prises ont été insuffisantes, mal coordonnées et souvent mal exécutées.
L’agriculture haïtienne reste à genoux, prise en otage par l’insécurité, la faiblesse institutionnelle et l’absence de vision.
Pour espérer changer la donne, le pays doit revoir sa stratégie de fond en comble :
Haïti ne peut plus se contenter de gérer l’agriculture par communiqués de presse.
Il est temps de passer des annonces aux résultats, avant que le pays ne perde définitivement sa capacité à se nourrir.
Lyndd J. Jasmin
The post Haïti – Agriculture : l’échec lamentable de la gestion des Pitit Dessalines first appeared on Rezo Nòdwès.

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