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Un remaniement du cabinet ministériel pourra t-il sauver Fils-Aimé en cas d’échec du  scrutin du 13 décembre ? 

today2026-07-29

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La publication officielle, ce 27 juillet 2026, du calendrier électoral par le Conseil électoral  provisoire (CEP) marque un tournant décisif dans la transition haïtienne. Le premier tour des  élections présidentielle, législatives et de ratification constitutionnelle est fixé au 13  décembre 2026, avec un second tour le 21 février 2027. Pour le Premier ministre Alix Didier  Fils-Aimé, qui exerce de facto les pleins pouvoirs exécutifs depuis la dissolution du Conseil  présidentiel de transition en février 2026, cette annonce sonne moins comme une victoire que  comme le début de la fin de son mandat. Quelles que soient les conditions de réalisation de ce  scrutin, il sera contraint de plier bagage. 

Un agenda obtenu à force de concessions, mais qui scelle son départ 

Fils-Aimé a obtenu l’essentiel de ce qu’il exigeait depuis des mois : un décret électoral taillé  sur mesure, la nomination d’un Directeur général du CEP proche de ses intérêts, et  l’imposition d’un budget électoral avoisinant les 120 millions de dollars, malgré les réserves  initiales de l’institution électorale et des partenaires internationaux. Ces victoires techniques  et financières lui ont permis de contrôler le rythme du processus et de retarder les échéances  initialement plus rapprochées.  

Pourtant, ce succès tactique se retourne contre lui. Le calendrier publié fixe clairement  l’horizon : avec ou sans premier tour réussi le 13 décembre, la logique institutionnelle et  internationale impose la fin de son gouvernement de transition. Les élections, même partielles  ou reportées dans les faits pour des raisons sécuritaires ou financières, acteront la remise du  pouvoir à de nouvelles autorités élues. Fils-Aimé a lui-même obtenu les outils qui rendent son  maintien indéfini intenable. Le cap est désormais connu, comme il l’a reconnu publiquement.  Son rôle était de préparer le terrain, pas de s’y installer. 

Un remaniement ministériel inutile face à l’isolement 

Face à cette échéance, le Premier ministre préparerait un remaniement du cabinet ministériel  dans les prochains mois. L’objectif affiché serait de consolider son assise en offrant des postes  stratégiques à des acteurs de la classe politique traditionnelle, au moment où il deviendrait  évident que les élections du 13 décembre pourraient ne pas se tenir dans des conditions  optimales. En échange de leur soutien, il espérerait préserver la Primature et prolonger son  influence. 

Cette stratégie de cooptation risque fort de se heurter à une désillusion amère. La classe  politique haïtienne, souvent pragmatique, pourrait être tentée par l’offre de postes. Mais les  signaux envoyés par la communauté internationale sont clairs et univoques. CARICOM et  l’OEA ont déjà fait passer le message : le calendrier électoral définit la fin du gouvernement  Fils-Aimé, avec ou sans scrutin effectif le 13 décembre. La transition ne peut s’éterniser  indéfiniment sous couvert de difficultés sécuritaires persistantes dans l’Ouest. Les partenaires  régionaux et internationaux, lassés des reports successifs, conditionnent leur appui à un  respect strict de l’échéance finale. Prolonger artificiellement l’intérim reviendrait à violer  l’esprit du Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections.

Une déception annoncée 

Fils-Aimé, homme d’affaires devenu homme d’État par accident de l’histoire, a su naviguer  dans les eaux troubles de la transition en misant sur la division des acteurs politiques et sur un  contrôle serré des leviers administratifs et financiers. Il a gagné du temps, imposé ses vues sur  le processus électoral et maintenu une certaine stabilité relative dans un contexte chaotique.  

Mais l’heure des comptes approche. Le calendrier du CEP, loin de le légitimer durablement,  expose les limites de sa position : un exécutif de transition dont la légitimité repose sur un  pacte temporaire et sur la bonne volonté internationale. Sans élections crédibles, il n’y aura  pas de légitimité durable, comme il l’a lui-même souligné. Avec des élections, même  imparfaites, le pouvoir devra changer de mains. 

La publication du calendrier n’est donc pas seulement une étape technique. C’est le début de  la sortie de scène programmée d’Alix Didier Fils-Aimé. Reste à savoir s’il saura l’accepter  avec élégance ou s’il tentera, une fois de plus, de négocier un sursis qui n’est plus dans  l’intérêt du pays ni dans celui de ses partenaires. Haïti a besoin de tourner la page de cette  longue transition. Le calendrier du CEP en fixe désormais le terme.

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