Le documentariste chilien s’est éteint à Paris à l’âge de 85 ans. Il vivait en France depuis de nombreuses années, mais a consacré presque toute sa vie et sa carrière à la mémoire de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990), qu’il a dû fuir après avoir tourné son œuvre majeure, « La bataille du Chili ».
« Un pays sans cinéma documentaire, c’est comme une famille sans album photo », disait le réalisateur chilien Patricio Guzman. Son œuvre majeure, La bataille du Chili, un documentaire en trois volets (sorti à partir de 1975) sur les derniers mois du gouvernement de Salvador Allende (1970-1973), le premier président socialiste élu démocratiquement. Ce film, considéré comme l’un des plus grands documentaires politiques de l’histoire, naît de l’engagement politique et de l’émotion d’un jeune Patricio Guzman, qui retourne au pays après des études de cinéma à Madrid. « Je suis rentré au Chili en 1970. Salvador Allende était déjà arrivé au pouvoir. Ce qui se passait dans la rue tellement passionnant et beau que j’ai commencé à tout filmer », expliquait-il à Orlando Torricelli sur RFI en 1997. Le documentariste français Chris Marker apprécie son travail et lui donne de quoi tourner et produire ce qui deviendra le film « La bataille du Chili ». « Avec l’aide de Chris Marker, qui m’a donné la pellicule du film, poursuivait Patricio Guzmán, on a tourné pendant un an et j’ai documenté toute la fin du gouvernement d’Allende. C’est la seule expérience révolutionnaire en Amérique latine à avoir été filmée pas à pas, séquence après séquence. Entièrement. Et qui s’achève tragiquement, par le coup d’État » du 11 septembre 1973.
Répression et bobines exfiltrées par valise diplomatique
Patricio Guzmán est arrêté puis parvient à fuir à l’étranger. Le caméraman du documentaire, Jorge Müller, ne survivra pas à la dictature. Il fait partie des près de 3 000 victimes du régime d’Augusto Pinochet. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Après le coup d’État, les bobines sortiront du pays par valise diplomatique, grâce à l’ambassade de Suède.
Patricio Guzman s’est aussi saisi de l’actualité de son pays. Avec Renate Sachse, sa productrice de longue date, et épouse, il a consacré son dernier film au soulèvement qui a secoué le Chili en 2019, le plus important depuis la fin de la dictature. Un mouvement dans lequel il a vu un réveil politique et social contre les inégalités héritées du modèle imposé par Pinochet.
Un de ses films le plus marquants est probablement « La nostalgie de la lumière », en 2010, dans lequel il dresse un parallèle entre les astronomes du désert d’Atacama, et des femmes qui, près des immenses télescopes, cherchent les corps de leurs proches disparus sous la dictature.
Il a marqué de nombreux cinéastes chiliens, au-delà du documentaire. « Heureusement que nous avons le travail de quelqu’un comme Patricio Guzman, qui nous a permis de mieux comprendre d’où on vient, témoigne auprès de RFI Pablo Larrain, actuellement en plein tournage de son prochain film. Si son œuvre n’avait pas existé, il y aurait un vide immense »,
Un travail de mémoire toujours nécessaire, 53 ans après le coup d’État
La bataille du Chili, récompensé par de nombreux prix internationaux, n’a été diffusé à la télévision chilienne pour la première fois qu’en 2021. Patricio Guzman s’est éteint quelques jours après un nouvel anniversaire du coup d’État, alors que pour la première fois depuis le retour à la démocratie en 1990, un président ouvertement nostalgique du général Pinochet, José Antonio Kast, occupe le palais de la Moneda. Et que pour la première fois aussi depuis la fin de la dictature, aucune cérémonie officielle de commémoration n’a été organisée ce 11 septembre.
Haïti : l’IA entre opportunités et désinformation
Un peu partout en Haïti, des citoyens lancent des formations pour apprendre à mieux utiliser l’intelligence artificielle générative et améliorer leurs conditions de travail. C’est le cas aux Gonaïves, chef-lieu du département de l’Artibonite, où Marquès Michel, directeur de l’Alliance française de la ville, organise depuis 2019 des formations destinées aux professionnels, aux enseignants et aux cadres de l’administration publique. Cependant, l’IA amplifie aussi le phénomène de désinformation dans ce pays où la majorité des citoyens s’informent sur les réseaux sociaux. De quoi compliquer le travail des journalistes, qui n’ont pas toujours les moyens nécessaires pour vérifier les nombreuses informations, images et vidéos générées par l’intelligence artificielle, explique Ronel Paul.
Renata Flores, chanter et rapper en quechua pour transmettre la culture de ses ancêtres
Ses compositions mêlent des sonorités andines traditionnelles à des genres contemporains comme le rap, la pop ou encore le reggaeton. Renata Flores, jeune artiste péruvienne, mêle aussi et surtout deux langues : l’espagnol et le quechua. Un moyen pour elle de préserver et transmettre la langue et la culture de sa famille. Sarah Krakovitch l’a rencontrée lors de l’étape parisienne de sa tournée européenne, qui se termine cette semaine par des concerts en Espagne et en Belgique.
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Dans le journal d’Outre-mer La 1ère
Trente et un homicides ont été enregistrés depuis le début de l’année en Guadeloupe, une situation qui inquiète sur l’île des Antilles.