Anne Cantener reçoit en studio Rebecca Torres Serrano, Cubaine qui vit en exil depuis deux ans en France. Elle est doctorante en Études hispaniques à Paris VIII. Elle raconte la situation de son pays et nous livre son analyse sur la pression actuelle exercée par les États-Unis.
Dans l’île, l’électricité est enfin revenue après une panne de courant général de 24 heures, la sixième en près d’un an et demi. Les coupures sont quotidiennes et la vie est difficile. Rebecca Torres Serrano parle de « torture » et du désespoir des Cubains. Elle insiste notamment sur le manque de médicaments, de personnels soignants et de médecins.
La situation est encore plus compliquée depuis que Cuba est privée de son allié, Nicolas Maduro, et que les États-Unis imposent un blocus pétrolier au pays. La tension est encore montée cette semaine puisque Donald Trump a menacé de « prendre Cuba ». « La majorité des Cubains veulent un changement de régime, peu importe comment. Ils sont même prêts à ce qu’il y ait une intervention étrangère », explique Rebecca Torres Serrano.
Sur place, le mécontentement grandit. Il y a eu des manifestations ces derniers jours. Mais la répression du régime reste féroce. « Elle ne s’abat pas uniquemement sur les gens qui sortent dans la rue pour protester. On va en prison même quand on publie sur instagram qu’on souhaite des changements », raconte la jeune femme.
Les quelques gestes d’ouverture du régime récemment ne convainquent pas Rebecca Torres Serrano. Les autorités ont annoncé la libération d’une cinquantaine de prisonniers politiques. « Ce n’est rien comparé aux près de 2.000 prisonniers politiques dans le pays », réagit la doctorante. « C’est juste un geste en direction de Washington. » Selon elle, le régime avait déjà montré des signes d’ouverture en 2016, sous la présidence Obama. « Mais dès que le régime socialiste en tant qu’institution est menacé, il se referme. » Rebecca Torres Serrano n’attend rien des négociations en cours avec les États-Unis. « Washington discute avec la famille Castro. Qu’est-ce que cela va apporter au peuple cubain ? »
Une victoire sportive hautement symbolique
Le Venezuela a remporté hier (17 mars 2026) la Classique mondiale de baseball, le Mondial de cette discipline, face aux États-Unis, et à Miami en plus. « UNE NUIT HISTORIQUE ! » pour El Universal qui laisse éclater sa joie. C’est la première fois que les Vénézuéliens sont couronnés champions du monde, rappelle le journal. « Il y aura un avant et un après », assure El Universal. Cette victoire « a une saveur particulière en raison de l’adversaire : les États-Unis, puissance historique du baseball », poursuit le quotidien qui s’en tient à une lecture purement sportive de l’événement tandis que Tal Cual en fait une analyse plus politique. « Dans un pays marqué par l’urgence sociale, l’émigration massive, les violations des droits humains (…) et l’escalade des tensions politiques depuis la capture de Nicolas Maduro », ce titre est « un baume d’unité, qui a réuni les Vénézuéliens, même ceux vivant à l’étranger, lors d’une célébration qui ignore les divisions et les crises économiques », écrit le site en ligne. Même son de cloche dans les colonnes du Miami Herald où l’on peut lire : les Vénézuéliens « ont joué pour leurs familles, pour leur pays, pour leurs compatriotes restés au pays, confrontés à l’instabilité politique et à un avenir incertain ».
Un moment symbolique fort qui n’a pas échappé à la présidente Delcy Rodriguez. Elle a décrété ce mercredi férié. Quant à Donald Trump, il a une nouvelle fois trouvé le moyen de s’approprier cette victoire en sous-entendant sur son réseau Truth Social que le Venezuela pourrait devenir le 51è État des États-Unis.
Des tensions au procès de Cristina Kirchner
En Argentine, l’ancienne présidente, Cristina Kirchner, a comparu hier (17 mars 2026) dans le cadre d’un procès de corruption. L’audience ne s’est pas très bien déroulée, selon la presse argentine. Clarin relate les échanges tendus entre l’ancienne présidente et le tribunal. Alors qu’elle pensait avoir la parole directement, Ciristina Kirchner a dû décliner son identité, ce qui l’a visiblement agacée, raconte le journal. Puis est venue une question surprenante de l’un des membres de la cour qui lui a demandé si elle avait des surnoms. Réponse ironique : « On m’appelle Cristina. Il arrive qu’on me donne des surnoms, mais ils ne me semblent pas appropriés ». L’ancienne présidente continue à répondre sur le même ton, poursuit Clarin. À tel point que le juge qui l’interroge sur son état-civil, doit lui rappeler qu’il ne fait que respecter la procédure. Cristina Kirchner réitère, ensuite, ses attaques à l’encontre de la justice argentine, se disant une nouvelle fois victime d’une « persécution politique », dénonçant les « pratiques mafieuses », selon elle, des juges et des procureurs, résume La Nacion. Puis, elle quitte la salle sans répondre aux questions des juges car dit-elle, elle refuse de participer à ce cirque. Alors qu’elle est mise en cause dans ce que la justice qualifie de plus grande affaire de corruption de toute l’histoire de l’Argentine, elle a choisi une défense politique, davatange que technique, analyse Clarin. « Sa défense, c’est l’attaque. Elle s’en prend à la justice », complète La Nacion. « Avec Cristina Kirchner, on n’est jamais déçu », ironise le quotidien.
Le Salvador durcit encore plus sa législation en matière pénale
Désormais, les personnes reconnues coupables de viols, de meurtres ou de terrorisme pourront être condamnées à la prison à perpétuité, nous apprend la Prensa Grafica. Le pays a adopté une réforme constitutionnelle hier (17 mars 2026). Nayib Bukele a utilisé une procédure accélérée pour faire passer son texte, explique le journal. C’est le ministre de la Sécurité, qui est également le directeur de la Police nationale civile, Gustavo Villatoro, qui a porté le projet de loi. Ces nouvelles sanctions plus dures ont pour objectif qu’il n’existe plus de meurtriers, ni de violeurs dans le pays, a-t-il expliqué. Comme le souligne El diario de hoy, il a également critiqué les organisations de défense des droits humains qui dénonce les abus de la politique sécuritaire du gouvernement. « Ce sont des démons, des agents du mal », a déclaré le ministre.
Nayib Bukele envoie, donc, un noueau message de fermeté à quelques jours du quatrième anniversaire de l’instauration d’un régime d’exception au Salvador. « Une exception qui est devenue la norme », dénonce le cardinal du Salvador, Mgr Rosa Chavez, dans les colonnes de la Prensa grafica.
Des journalistes haïtiens attaqués
RFI s’est entretenu avec le directeur général de la radio-télévision Kiskeya, Marvel Dandin, dont la maison a été prise pour cible par des hommes armés la semaine dernière. Il raconte les tirs dans la nuit de mercredi à jeudi, et la peur depuis. Il s’inquiète également du sort de deux de ses collègues, Junior Célestin et Osnel Espérance, enlevés vendredi dernier (13 mars 2026).
Le journal de la 1ère
En Guadeloupe, l’éducation sportive voudrait bien se faire une petite place au sein des thématiques abordées par les candidats aux élections municipales.