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Reynoldson Mompoint | Quand la flatterie devient doctrine — Maître Caleb Jean-Baptiste, symptôme d’un pouvoir en déni
Par Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 24 Avril 2026
Par une déclaration aussi bruyante que troublante, Caleb Jean-Baptiste s’est illustré ces derniers jours comme l’un des nouveaux porte-voix d’un pouvoir qui confond autorité et propagande. En faisant l’éloge appuyé de la supposée « amélioration sécuritaire » sous le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, et en menaçant de sanctions ceux qui « empêcheraient le chef du gouvernement de travailler », l’homme de loi a franchi une ligne dangereuse : celle où le droit devient instrument d’intimidation et non de justice.
Ce n’est pas simplement une déclaration maladroite. C’est une posture. Et dans le contexte haïtien actuel, une telle posture n’est ni anodine ni neutre. Elle révèle une dérive plus profonde : la fabrication d’une élite supplétive, prête à justifier l’injustifiable au nom d’une stabilité imaginaire.
La fabrique des courtisans modernes
Il faut appeler les choses par leur nom. Ce type de prise de position n’est pas une défense juridique, encore moins une analyse objective de la situation sécuritaire. C’est de la flatterie politique brute. Une tentative de s’aligner sur le pouvoir en place, quitte à tordre la réalité.
En qualifiant implicitement toute critique du gouvernement d’entrave, Caleb Jean-Baptiste adopte une logique inquiétante : celle qui assimile le désaccord à un crime. Une logique qui rappelle les heures sombres où l’appareil judiciaire servait davantage à protéger le pouvoir qu’à protéger les citoyens.
Cette posture n’est pas nouvelle en Haïti. Elle porte même un nom dans le langage populaire : tchoul. Un mot cru, mais précis. Il désigne ces individus qui, par opportunisme ou calcul, se placent au service du pouvoir sans distance critique. Des « André Michel en gestation », pour reprendre une expression qui circule dans les cercles politiques, en référence à ces figures qui émergent dans l’ombre du pouvoir avant de devenir ses relais les plus zélés.
Une insécurité niée, une population abandonnée
Car pendant que certains chantent les louanges d’un gouvernement, la réalité, elle, ne se maquille pas. Sous le règne de Alix Didier Fils-Aimé, la carte sécuritaire d’Haïti continue de se fragmenter. Des zones entières échappent au contrôle de l’État. Des quartiers stratégiques de Port-au-Prince — autrefois centres de vie économique et sociale — sont aujourd’hui sous la coupe de groupes armés.
Les faits sont têtus : Des axes routiers nationaux sont impraticables sans négociation avec des groupes armés. Des zones urbaines sont devenues des enclaves où la police n’entre plus. Les enlèvements, bien que fluctuants, restent une menace structurelle. Des milliers de déplacés internes fuient des territoires abandonnés. Parler d’« amélioration sécuritaire » dans ce contexte relève soit de l’aveuglement, soit de la manipulation.
Le droit transformé en arme politique
Le plus préoccupant dans les propos de Caleb Jean-Baptiste, ce n’est pas l’éloge en lui-même. C’est la menace. « Prendre des sanctions contre ceux qui ne veulent pas laisser le Premier ministre travailler » — cette phrase mérite d’être disséquée.
Qui décide de ce que signifie « laisser travailler » ? Depuis quand la critique politique devient-elle une infraction ? Et surtout : au nom de quelle base légale un avocat se permet-il d’annoncer des sanctions ?
Dans un État de droit, les sanctions ne relèvent ni de l’humeur d’un avocat ni de la volonté d’un exécutif. Elles sont encadrées par des lois, des procédures, des institutions indépendantes. Or, en Haïti, cette architecture est déjà fragilisée. De telles déclarations ne font qu’accentuer sa dégradation.
Le décalage entre discours et réalité
Le problème central reste ce fossé béant entre le discours officiel et le vécu des citoyens.
D’un côté, un récit politique qui parle de progrès, de contrôle, de stabilisation. De l’autre, une population qui vit dans la peur, l’incertitude et l’abandon. Ce décalage n’est pas seulement une question de perception. Il a des conséquences concrètes : Il décrédibilise la parole publique. Il alimente la méfiance envers les institutions. Il renforce le sentiment d’impunité chez les groupes armés. Il isole davantage le pouvoir de la réalité du terrain.
En ce sens, les déclarations de Caleb Jean-Baptiste ne sont pas simplement erronées. Elles sont dangereuses. Elles participent à la construction d’un mensonge collectif.
Zones perdues, État absent
Le terme de « zones perdues » n’est pas une exagération journalistique. C’est une réalité vécue.
Dans plusieurs quartiers, l’État haïtien est devenu une abstraction. Ce sont les groupes armés qui assurent — ou imposent — l’ordre, la justice, la circulation. Ils taxent, jugent, sanctionnent. Ils remplacent, de facto, les institutions républicaines. Face à cela, quelle est la réponse du pouvoir ? Des annonces. Des promesses. Des déclarations de victoire prématurées. Et désormais, des avocats qui viennent certifier cette fiction.
La responsabilité des élites
Il serait trop facile de réduire cette situation à un simple dérapage individuel. Le cas de Caleb Jean-Baptiste est révélateur d’un phénomène plus large : la faillite d’une partie des élites haïtiennes. Au lieu de jouer leur rôle de contre-pouvoir, certains choisissent de devenir des amplificateurs du pouvoir. Au lieu de défendre la vérité, ils défendent une position. Au lieu de protéger les citoyens, ils protègent un narratif.
Cette dérive est d’autant plus grave qu’elle intervient dans un contexte de crise profonde. Haïti n’a pas besoin de courtisans. Elle a besoin de lucidité.
Un pouvoir en quête de légitimité
Les louanges excessives sont souvent le signe d’un pouvoir en manque de légitimité. Plus un gouvernement est contesté, plus il cherche à produire des discours qui le valorisent.
Dans ce schéma, des figures comme Caleb Jean-Baptiste deviennent utiles. Elles servent de relais, de caution, de façade. Mais cette stratégie a ses limites. Car la réalité finit toujours par rattraper le discours. André Michel en est l’exemple le plus récent.
La vérité contre la mise en scène
L’intervention de Caleb Jean-Baptiste n’est pas un simple épisode médiatique. Elle est un symptôme. Le symptôme d’un pays où la vérité est disputée. Le symptôme d’un pouvoir qui préfère la mise en scène à l’action. Le symptôme d’une élite qui, parfois, abdique sa responsabilité.
Face à cela, une seule exigence s’impose : ramener le débat sur le terrain des faits. Et les faits, eux, sont implacables : Haïti reste un territoire fragmenté, vulnérable, où l’État peine à exercer son autorité.
Tout le reste n’est que bruit.
Honte à l’avocature !!!
Reynoldson Mompoint
+50937186284
Avocat au Barreau de Mirebalais
Communicateur Social
Journaliste
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