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Paraguay : lumière sur une dictature méconnue

today2026-03-27

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C’est l’une des dictatures les moins connues et les plus longues d’Amérique latine : celle du général Alfredo Stroessner au Paraguay (1954-1989). Dans ce pays, très peu d’archives de cette période sont accessibles, rendant le travail de mémoire particulièrement complexe. Le réalisateur paraguayen Juanjo Pereira s’est engagé dans une quête titanesque : retrouver des images de l’époque pour raconter un régime répressif qui a torturé plus de 18 000 Paraguayens.

Son documentaire, Derrière les drapeaux, le soleil, est sorti en France ce mercredi 25 mars 2026.

« Il a apporté paix et prospérité au Paraguay […] Grâce à lui nous avons une belle vie… ». C’est ce que disent les chansons à la gloire d’Alfredo Stroessner que l’on entend dans le film. Une propagande omniprésente dans les 120 heures d’archives exhumées par Juanjo Pereira et son équipe. Le cinéaste a grandi avec très peu d’images de ces 35 ans de dictature qui ont bouleversé le Paraguay — une période quasiment absente des programmes scolaires. Après ses études, il se fixe donc un objectif : rassembler des archives du monde entier pour raconter cette histoire, éclipsée par des dictatures plus médiatisées dans les pays voisins.

« Je ne sais pas si on peut parler de tabou. […] On est souvent le premier Paraguayen ou la première Paraguayenne à arriver quelque part. Dans certains pays, les gens ne savent même pas où se trouve le Paraguay… Alors évidemment, ils ne savent pas qu’il y a eu une dictature pendant 35 ans », témoigne le réalisateur au micro de Sarah Krakovitch. Le monteur argentin du film, Manuel Embalse, voit dans ce manque de connaissance une matière à réflexion – et parfois à dérision : « Le film démarre sur une note humoristique et joue de cette ignorance : un journaliste américain dit que le Paraguay est plus petit que le Texas, un journaliste anglais qu’il est plus petit que le Pays de Galles… […] C’est une invitation à réfléchir à l’histoire avec ironie », estime-t-il.

Un héritage encore prégnant aujourd’hui

Les archives révèlent aussi les alliances de Stroessner avec d’autres dictatures du continent, l’asile offert à d’anciens SS et criminels nazis, et la participation — souvent oubliée — du Paraguay à l’opération Condor, destinée à éliminer les opposants aux régimes militaires sud-américains. Pour Juanjo Pereira, les conséquences de ces trois décennies autoritaires demeurent bien présentes : « Ce sont des conséquences communes à tous les pays d’Amérique latine qui ont connu des dictatures : un immense vide économique et culturel. Mais dans le cas du Paraguay en particulier, le pays a 20 ou 30 ans de retard sur l’Argentine ou le Brésil. Par exemple, le Paraguay continue de payer l’électricité la plus chère de la région alors qu’il possède deux des plus grands barrages du monde. Ça n’a pas de sens. Il y a encore beaucoup de choses qui perdurent. » Parmi ces héritages : la domination presque ininterrompue du parti Colorado — celui de Stroessner — et une répression encore fréquente des mouvements sociaux.

Haïti : les bureaux de l’immigration à l’arrêt

« En province, à Port-au-Prince, à Pétionville ou encore à l’étranger, les Haïtiens ne peuvent pas faire de passeports », explique Frantz Duval, rédacteur en chef du quotidien le Nouvelliste. Le journal rappelle que cela intervient alors que le directeur de ce service, Jean Antoine Simon Fénélon, et neuf autres cadres ont été interpellés. Une enquête est en cours sur un réseau de « vrai-faux » passeports, précise aussi le plus ancien quotidien du pays.

Des discussions sur Haïti, sans le gouvernement haïtien

« Des réunions se sont tenues, au parc industriel Codevi [en Haïti], au cours du mois de mars 2026 entre le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine […] et les ambassadeurs américains accrédités dans les deux pays partageant l’Île », principalement pour parler d’Haïti, « sauf qu’il n’y avait pas d’officiels haïtiens », pointe Frantz Duval dans son éditorial ce jeudi. « Jamais auparavant des réunions de ce niveau n’avaient été organisées avec, au cœur des échanges, les relations entre Haïti et la République dominicaine », précise-t-il. 

Venezuela : la présidente vante un pays « ouvert aux capitaux étrangers »

Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela depuis l’enlèvement de Nicolás Maduro en janvier 2026, est intervenue ce mercredi 25 mars 2026, en visioconférence lors d’un forum pour l’investissement à Miami, en Floride.

Selon Caracas Chronicles, elle y a plaidé pour « séparer l’idéologie de l’économie », tout en invitant les participants à venir investir et visiter le pays.

Une apparition « inimaginable il y a encore quelques mois », souligne le Miami Herald, qui y voit la preuve de l’ampleur du changement politique en cours à Caracas. Le quotidien rappelle que « pendant des années, le parti [socialiste] au pouvoir », auquel appartient Delcy Rodríguez, « a dépeint le capitalisme mondialisé comme un moteur des inégalités, et a dédaigné Miami » et les exilés vénézuéliens qui y vivent — un « bastion d’extrême droite » selon le courant chaviste, au pouvoir depuis un quart de siècle. Ce mercredi 25 mars 2026, la dirigeante a assuré que l’économie vénézuélienne est « en pleine croissance » et « ouverte aux capitaux étrangers », poursuit le même journal. Cette évolution intervient alors que Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores doivent être présentés ce jeudi 26 mars 2026 à un juge fédéral, dans l’Etat de New York.

Cuba : crise énergétique, libérations partielles et nouvelle vague d’arrestations

À Cuba, la situation sanitaire est « profondément préoccupante » a alerté mercredi 25 mars 2026 l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’ONU vient de proposer un plan d’urgence pour acheminer du carburant sur l’île, à des fins humanitaires, face au blocus énergétique imposé par les États-Unis depuis janvier 2026. La pression américaine a plongé Cuba dans une crise profonde : deux pannes d’électricité généralisées ont eu lieu la semaine dernière, faute de carburant et d’infrastructures électriques fiables. Dans ce contexte, plusieurs ONG ont confirmé hier la libération d’une vingtaine de prisonniers politiques, rapporte Cibercuba. Vingt et une libérations, alors que le gouvernement cubain évoquait plus tôt dans le mois un total de 51 personnes relâchées, toutes incarcérées après les manifestations antigouvernementales de 2021.

Les autorités présentent ces gestes comme une marque de bonne volonté envers le Vatican, médiateur historique entre Washington et La Havane. Mais les ONG ont mis du temps à pouvoir confirmer les noms des personnes libérées et à en établir une liste vérifiée. De plus, la plupart des personnes relâchées restent sous le coup de poursuites, précise Cibercuba.

De nouvelles arrestations ont d’ailleurs eu lieu ces dernières semaines et ces derniers mois. Comme celle des créateurs de la chaîne YouTube El Cuartico, Ernesto Medina et Kamil Zayas, arrêtés le 6 février à Holguín pour des vidéos critiques du gouvernement communiste. Ils sont désormais accusés de « propagande contre l’ordre constitutionnel » et attendent leur procès, rapporte Cubanet.

L’épouse d’Ernesto, Doris Santiesteban, interrogée par le média d’opposition, explique qu’elle ne peut voir son mari que « 10 à 15 minutes par semaine, sous supervision ». « Ils ne représentent aucun danger pour la société », les autorités « veulent juste les faire taire », estime-t-elle.

Argentine : le retour du puma, allié de la restauration des écosystèmes en Patagonie

En ArgentineLa Nación met en lumière un exemple de restauration écologique réussie : dans le parc national Monte León et ses environs, en Patagonie, le nombre de pumas a fortement augmenté ces dernières années. Un biologiste interrogé par le journal s’en réjouit, tandis qu’un représentant des éleveurs locaux se plaint qu’ils sont si nombreux que la zone ressemble, selon lui, à « un vrai élevage de pumas ». Le félin est accusé de s’attaquer aux quelques brebis encore présentes dans la région. Mais La Nación rappelle surtout l’impact destructeur qu’a eu l’élevage de moutons sur les sols et sur la végétation. Selon un scientifique cité par le quotidien argentin, le retour d’un grand prédateur comme le puma permet de réguler la population de guanacos — un animal apparenté au lama — et de laisser la végétation se régénérer. Même s’il sera « impossible » de retrouver l’écosystème d’origine, conclut-il.

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