Les fils tirés d’ailleurs
Pas une once de patriotisme ne semble battre dans leurs veines,
Nommés hier, révoqués demain, au gré des mains souveraines.
Marionnettes de circonstance, suspendues à d’autres desseins,
Leurs gestes suivent des ficelles qu’ils ne tiennent pas eux-mêmes en main.
Le peuple attend toujours la route, la lumière, le pain,
Eux cultivent les privilèges, les honneurs et le satin.
Avant leur venue, le mal régnait déjà sur la cité,
À leur départ, le même décor risque encore de demeurer.
Communiqués, annonces, promesses et diversions calculées,
Voilà souvent les instruments d’une gouvernance improvisée.
Pendant que la justice s’effondre sous les décombres du silence,
Les victimes comptent les années perdues dans l’indifférence.
L’école publique s’efface derrière deux vitesses assumées :
L’une pour les quartiers protégés, l’autre pour les oubliés.
Les infrastructures demeurent des projets jamais achevés,
Ponts, routes et hôpitaux restent des rêves inachevés.
La corruption, elle, A+, obtient toujours les meilleures mentions,
Premier rang, félicitations, distinction sans condition.
Et le pays avance à reculons, prisonnier du même décor,
Pendant que les tireurs de ficelles préparent déjà leurs successeurs.
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