e document porte la date du 31 mars 2026 et la signature du Premier ministre de doublure révoquérévoqué Alix Didier Fils-Aimé. Par cette circulaire, la Primature disait vouloir réduire le train de vie de l’État, limiter les dépenses publiques et encadrer strictement les voyages officiels et les déplacements en catimini. Les missions à l’étranger devaient être réservées aux déplacements nécessaires, autorisés au plus haut niveau. Sur le papier, l’austérité devenait doctrine gouvernementale.
Mais les voyages répétés du Premier ministre, dont certains aux priorités contestées et à des fins inavouées et inavouables, rattrapent désormais cette circulaire. Entre missions annoncées, déplacements peu documentés, silence sur les coûts, soupçons de transport privé et absence de comptes rendus financiers détaillés, la Primature se retrouve devant une contradiction politique majeure : imposer la discipline budgétaire à l’administration tout en refusant d’exposer clairement ses propres dépenses. C’est l’opacité totale.
Le malaise s’aggrave dans un pays où la sécurité publique absorbe des sommes considérables sans résultat visible. Le pasteur Laurent Mallory, dans son homélie du dimanche 21 juin 2026, a dénoncé une réalité brutale : plus de 100 millions de dollars avaient été engagés, sans qu’un seul grand chef de gang ne soit véritablement neutralisé. À ses yeux, Haïti demeure prisonnière de l’anarchie, d’une autorité sans légitimité reconnue et d’un système où des responsabilités nationales et internationales se croisent dans l’opacité.
La formule est dure : ce sont parfois « les rats de la maison » qui participent à la destruction de la demeure commune, dénonce le Dr. Laurent. Cette image résume l’état d’un pays livré aux gangs, aux promesses non tenues, aux fonds annoncés mais peu traçables, pendant que les dirigeants multiplient discours, missions et déplacements sans produire les pièces justificatives attendues.
Comment croire alors à des élections crédibles si le gouvernement ne parvient même pas à rendre compte de ses propres voyages ? Une élection sérieuse ne commence pas avec les urnes ; elle commence avec la probité administrative, la publication des dépenses, le respect des règles et la confiance minimale entre l’État et la population.
La circulaire du 31 mars cesse d’être une note de service : elle devient le miroir accusateur d’un pouvoir pris dans sa propre rhétorique. Que Fils-Aimé exhibe les factures, les ordres de mission, les listes de délégation et les résultats vérifiables de ses déplacements. Faute de quoi, l’austérité restera une comédie administrative, la sécurité une incantation d’État, et les élections promises une fabrique d’apparences sous scellés d’opacité.
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