Car celui qui gouverne sans patrie intérieure, n’a plus d’Haïti dans la conscience.
Il n’y a que le drapeau qui nous lie, toi qui, depuis longtemps, n’es plus des nôtres ; posé par décret sur un trône d’emprunt, sans suffrage, sans ferveur, sans peuple aux portes.
Hier, un département te refusa sa clé ; aujourd’hui, l’État entier dort sous ta garde. Mais la carte se fracture, les routes sont mangées, et la République saigne pendant que tu regardes.
Les morts s’additionnent en chiffres funéraires : dizaines, vingtaines, centaines sans sépulture. Chaque communiqué promet l’aube électorale, mais la nuit, elle, rédige seule la procédure.
Six mois pour choisir un président ? Campagne, sécurité, urnes, contrôle et mémoire ? Même le droit, dans son austère patience, sourirait devant pareille prétoire.
Alors va, une dernière fois, à l’Arcahaïe ; regarde à còté de toi ce bicolore que l’histoire a lavé de sang. Mai 2027 n’est promis à personne, ni les caisses publiques, ni les voyages, ni le rang.
Va saluer le Drapeau, si ton cœur le reconnaît ; mais nul ne s’étonnera de ton absence. Car celui qui gouverne sans patrie intérieure n’a plus d’Haïti dans la conscience.
Tweet Port-au-Prince, 8 juin 2026 — La crise ouverte au Conseil électoral provisoire (CEP) entre dans une nouvelle phase. Moins de 72 heures après son installation contestée à la direction générale de l’institution électorale, Uder Antoine a présidé lundi sa première rencontre avec les directeurs techniques du CEP, a appris […]
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