Femmes enceintes, enfants et personnes vulnérables figurent parmi les milliers de migrants renvoyés vers Haïti en février 2026, selon un rapport qui met en lumière une crise persistante à la frontière.
Plus de 22 000 Haïtiens ont été rapatriés depuis la République dominicaine au cours du seul mois de février 2026. C’est ce que révèle un rapport du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR), qui dresse un constat préoccupant de la situation migratoire entre les deux pays.
Dans le détail, 22 793 personnes ont été renvoyées vers Haïti via les principaux points frontaliers, notamment à Ouanaminthe, Belladère, Malpasse et Anse-à-Pitres. À ces chiffres s’ajoutent plus de 20 000 retours dits “spontanés”, ainsi que près de 8 000 cas de refoulements, témoignant d’une pression migratoire constante.
Mais au-delà des statistiques, le rapport met en évidence une réalité plus inquiétante encore : celle des profils les plus vulnérables. Parmi les personnes concernées figurent des femmes enceintes, des mères allaitantes, des enfants non accompagnés et des personnes vivant avec un handicap.
Au total, 103 femmes enceintes ont été déportées au cours du mois, ainsi que 254 femmes allaitantes. Le rapport évoque également le cas de 57 mineurs non accompagnés et de plus d’une centaine de personnes en situation de handicap.
Certains témoignages rapportés font état de conditions particulièrement difficiles. Des migrants évoquent des cas d’extorsion, des mauvais traitements et des expulsions réalisées dans des circonstances jugées préoccupantes. Des femmes enceintes auraient même été contraintes de quitter des structures de santé avant leur expulsion.
Cette situation s’inscrit dans un contexte régional marqué par un durcissement des politiques migratoires et des tensions persistantes autour de la question haïtienne. Le rapport évoque également des préoccupations exprimées par des instances internationales, notamment en ce qui concerne le respect des droits humains.
De retour en Haïti, les migrants doivent faire face à une réalité tout aussi difficile. Les structures d’accueil restent limitées. À Belladère, par exemple, un peu plus de 500 personnes ont pu bénéficier d’une assistance, incluant nourriture, soutien psychologique et soins de base.
Mais face à l’ampleur des flux, les capacités d’accueil apparaissent insuffisantes. Le GARR alerte sur les difficultés de réinsertion et sur la nécessité de mieux encadrer ces retours massifs.
Dans ce contexte, l’organisation appelle les autorités haïtiennes et les partenaires internationaux à agir rapidement. Elle plaide pour une meilleure protection des migrants, un renforcement des mécanismes d’accueil et la mise en place de solutions durables.
Alors que les départs se poursuivent et que les retours s’intensifient, la migration haïtienne reste l’un des défis majeurs auxquels le pays est confronté aujourd’hui.
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