La force du dollar américain continue de pénaliser les prix du pétrole. Un billet vert fort, conséquence notamment de l’annonce du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, rend le pétrole plus cher pour les acheteurs étrangers, freinant ainsi la demande
Les prix du pétrole ont enregistré une forte baisse vendredi, les marchés étant préoccupés par un éventuel surplus de production prévu pour 2025 et un fléchissement de la demande mondiale. Ces facteurs continuent de peser lourdement sur les perspectives à court et moyen terme du marché de l’or noir.
Le Brent, référence européenne pour la fixation des prix du pétrole, a vu son cours pour livraison en janvier reculer de 2,09 %, clôturant à 71,04 dollars le baril. De son côté, le West Texas Intermediate (WTI), principal standard américain, s’est effondré de 2,51 %, atteignant 67,02 dollars pour les contrats de décembre.
Une offre excédentaire à l’horizon
Selon Bart Melek, analyste chez TD Securities, « les perspectives pour le marché pétrolier ne sont pas particulièrement réjouissantes ». Il souligne que « le marché s’attend à un excédent de plus d’un million de barils par jour l’année prochaine ». Cet excédent pourrait même s’aggraver si l’OPEP+ rétablit ses niveaux de production antérieurs, comme l’indique le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Déjà en novembre, plusieurs membres clés de l’OPEP+, notamment l’Arabie saoudite et la Russie, avaient annoncé la prolongation de leurs réductions de production jusqu’à la fin décembre. Cependant, une potentielle reprise des volumes dès janvier inquiète les analystes. « Un surplus massif l’année prochaine pourrait provoquer une chute significative des prix », a averti Barbara Lambrecht, de Commerzbank, dans une note.
Des acteurs hors OPEP+ en renfort
Outre les membres de l’OPEP+, d’autres pays producteurs tels que le Brésil, le Canada et le Guyana devraient également accroître leur production, selon Jorge Leon de Rystad Energy. Cette dynamique renforce les anticipations d’une offre excédentaire sur le marché mondial.
En parallèle, les prévisions concernant la demande mondiale ont été revues à la baisse par les principaux observateurs, y compris l’AIE, qui parle d’un « ralentissement important ». La Chine, premier importateur mondial de pétrole, est particulièrement sous pression. Son économie subit un ralentissement marqué, avec une consommation en berne et une crise immobilière sévère. « Il faudra attendre davantage d’initiatives politiques de la part de Pékin », a estimé Bart Melek.
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