Remise en cause par l’unilatéralisme des États-Unis de Donald Trump, l’Organisation des États Américains (OEA), qui réunit presque tous les pays du continent, tient cette semaine son assemblée générale au Panama. Alors que Washington menace de lui retirer sa contribution financière, l’institution est particulièrement fragilisée, confrontée à des soupçons de corruption en interne et des accusations d’impuissance pour défendre les droits humains sur le continent, ou encore faire face à la crise sécuritaire en Haïti.
L’Organisation des États Américains (OEA) tient depuis lundi 22 juin son Assemblée générale, au Panama. Créée en 1948, c’est la seule organisation à réunir tous les pays du continent, du Nord au Sud, à l’exception du Venezuela et du Nicaragua, qui s’en sont retirés. Pourtant, cette institution-clé du multilatéralisme dans la région est en crise. Les États-Unis de Donald Trump menacent d’arrêter totalement de la financer dès l’an prochain (2027), alors que la contribution de Washington équivaut aujourd’hui à près de la moitié du budget de l’OEA. « Comme pour l’Organisation mondiale de la santé, comme pour de nombreuses organisations internationales que les États-Unis ont quitté, cela poserait d’importantes difficultés, souligne Kévin Parthenay, professeur de Sciences Politiques à l’université de Tours. D’autant plus que cet exemple des États-Unis pourrait créer une émulation : de la part de l’Argentine de Javier Milei, du nouveau président d’extrême-droite au Chili, José Antonio Kast, ou encore d’Abelardo de la Espriella, tout juste élu en Colombie. Des dirigeants très critiques vis-à-vis du multilatéralisme et qui ne sont pas prêts à payer pour le fonctionnement de ces organisations-là.»
Le représentant désigné par Donald Trump auprès de l’OEA, Leandro Rizzuto, un milliardaire et ami du président, a déclaré à l’agence Reuters qu’il voulait que l’organisation se concentre davantage sur les questions économiques et moins sur la démocratie et les droits humains.
Accusations de corruption
Les craintes d’une fragilisation de l’OEA sont d’autant plus fortes que l’organisation est aussi fragilisée par un scandale en interne. L’actuel secrétaire général, Albert Ramdin, ancien ministre des Affaires étrangères du Surinam, est soupçonné d’irrégularités dans des contrats passés depuis son arrivée. Sa cheffe de cabinet, elle, a été mise en examen pour corruption au Surinam. Les États-Unis ont révoqué son visa. Elle a quitté son poste début juin 2026. Cela intervient alors que l’OEA est aussi critiquée sur le fond.
« Sur un certain nombre de crises qui touchent le continent (du Nicaragua au Venezuela, en passant par Haïti) l’organisation a beaucoup de peine à apporter des réponses concrètes à des situations qui touchent aux droits de l’homme, à la démocratie et à la stabilité politique, alors que ce sont précisément trois des axes fondamentaux qui justifient et légitiment l’existence de cette organisation », poursuit Kévin Parthenay, également co-président de l’OPALC (Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes de Sciences Po).
Pour autant, il ne faut pas enterrer trop vite le multilatéralisme sur le continent, estime le chercheur. « Le régionalisme se réinvente en permanence. J’en veux pour preuve ce « Bouclier des Amériques » lancé en mars par le président Donald Trump et qui a vocation à réunir des leaders de droite. Même s’il y a des dynamiques politiques radicales, on peut difficilement penser que la coopération régionale au sens large va disparaître », conclut-il.
Haïti : violences à Cité Soleil, enfants retrouvés au Chili et réparations
Malgré le déploiement des forces de l’ordre, la situation reste « critique » à Cité Soleil depuis le massacre survenu au soir du premier match d’Haïti à la Coupe du monde de football, dans la nuit du 13 au 14 juin, explique depuis Port-au-Prince le rédacteur en chef de l’agence Alterpresse, Gotson Pierre. L’agence de presse haïtienne se fait aussi l’écho de l’histoire de ces enfants haïtiens dont le gouvernement chilien disait avoir perdu la trace. 52 d’entre eux sur 64, ont été retrouvés et sont bien dans leurs familles et scolarisés, précise Gotson Pierre. Enfin, il évoque avec Anne Cantener les protestations de chercheurs et de militants haïtiens face à l’absence d’Haïti au sommet international organisé à Accra (Ghana), du 17 au 19 juin sur les réparations liées à l’esclavage.
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Argentine : l’industrie textile en difficulté face à la concurrence chinoise
Le président argentin ultra-libéral Javier Milei a décidé de baisser les droits de douane dans son pays. Depuis, les importations sont de plus en plus importantes, au point de mettre à mal l’industrie textile locale. Les entreprises argentines ne peuvent pas s’aligner sur la capacité de production ni sur les prix de grands groupes chinois comme Shein ou Temu, explique le correspondant de RFI, Théo Conscience, qui s’est rendu dans une petite usine de la banlieue de Buenos Aires.
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Dans le journal de La 1ère…
La Cour d’appel de Paris a confirmé ce lundi (22 juin 2026) le non-lieu prononcé en 2023 dans « l’affaire » du chlordécone, précise Benoît Ferrand, d’Outre-mer La 1ère.
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