Des habitants de la grande ville du nord d’Haïti ont bloqué ce mercredi (29 avril 2026) plusieurs axes routiers pour demander le curage de canaux d’évacuation d’eau et protester contre le manque d’action de l’État face aux inondations et à l’accumulation des déchets.
« L’ancienne capitale d’Haïti et deuxième ville du pays subit la pression venant de Port-au-Prince depuis que les gens quittent la capitale » face à l’insécurité et aux gangs, explique Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. « La ville est en pleine expansion, elle compte plus d’un million d’habitants avec sa banlieue mais vit encore dans les habits d’une ville de 50 000 habitants et n’a pas de moyens face aux pluies survenues ces jours-ci », constate-t-il. « Face aux inondations, aux déchets, il n’y a pas de services de drainage, pas de services de voiries, pas de canaux pour permettre d’évacuer l’eau, ajoute Frantz Duval. Alors la population s’est révoltée, a bloqué des rues et érigé des barricades pour protester contre la défaillance des services publics. »
Haïti : des policiers protestent contre la mise à l’isolement de leurs collègues
Quatre agents de police ont été mis à l’isolement à Port-au-Prince. En réaction à cela, « des collègues de ces policiers ont manifesté cagoulés, armes à la main, en tirant en l’air, bloquant les rues et intimidant des passants cette semaine », précise Frantz Duval, du quotidien Le Nouvelliste, qui met en garde contre ce mouvement de colère. Dans le passé, quand la police a été « en rébellion contre l’État » elle « n’était pas en position de défendre les institutions ni de protéger les vies et les biens », ce qui a fini « par coûter la vie » à de nombreux Haïtiens en raison des gangs que la police n’a pas été en mesure de contrer, estime le journaliste.
Bousculade à la citadelle Laferrière : le maire de Milot libéré
Dans le nord d’Haïti, après la mort de 25 personnes lors d’une bousculade à la citadelle Laferrière début avril 2026, le maire de la commune de Milot, Wesner Joseph, a finalement été libéré. Il avait été arrêté dans le cadre de l’enquête ouverte juste après le drame. Un « retour triomphal mérité » selon Frantz Duval. Car le maire était « en poste depuis moins d’un mois », alors que la citadelle « se trouve dans un parc national qui n’est pas géré par la ville de Milot » et que « les responsables de ce qu’il s’est passé à la citadelle se trouvent plutôt dans les institutions nationales chargées de gérer le parc national dans lequel se trouve la citadelle », estime le rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste.
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Revers « historique » au Sénat brésilien pour Lula
Pour la première fois depuis 1894, la candidature pour un poste de juge à la Cour suprême du Brésil proposée par le président a été rejetée par le Sénat. Jorge Messias, un juriste de 46 ans, était soutenu par le dirigeant de gauche Lula pour pourvoir un siège laissé vacant dans la plus haute instance judiciaire du pays. Malgré ses convictions très conservatrices (il est évangélique et opposé à l’avortement), il n’a pas obtenu assez de votes pour être choisi par les sénateurs ce mercredi à Brasilia. « C’est une journée historique qui a eu lieu au Congrès, un jour historique pour le Brésil. Le gouvernement Lula, c’est terminé ! », s’est réjoui le sénateur Flavio Bolsonaro sur les réseaux sociaux. Fils de l’ancien président d’extrême-droite Jair Bolsonaro (condamné par la Cour suprême à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État après les émeutes du 8 janvier 2023), il souhaite incarner l’héritage politique de son père et se présente face à Lula pour l’élection présidentielle prévue en octobre.
Le vote du Sénat brésilien ce mercredi représente bien une « défaite politique » pour le président sortant de gauche, qui plus est « en pleine année électorale », estime Juan Pablo Ferrero, professeur à l’Université de Bath, au Royaume-Uni. « La nomination de juges à la Cour suprême est devenue un enjeu très important, dans un contexte politique où la justice joue un rôle de plus en plus prégnant au Brésil, où l’on judiciarise des sujets qui devraient être tranchés au niveau politique. C’est devenu très sensible, insiste-t-il. Peut-être que cette tentative de nomination n’a pas été assez pensée, à un moment où Lula devrait essayer d’engranger des points plutôt que de prendre le risque d’en perdre. Et le Sénat a saisi cette occasion pour freiner les ambitions de Lula », analyse encore Juan Pablo Ferrero.
Lula, qui s’appuie sur une coalition très « diverse », hétéroclite, risque d’avoir plus de difficultés à faire passer ses projets de loi au Congrès dans les mois à venir, estime le chercheur. Il s’attend à une forme de « paralysie » de l’activité législative d’ici à la présidentielle, car des élus qui auparavant ont soutenu des textes portés par Lula pourraient ne plus vouloir prendre de risques politiques avant le mois d’octobre, anticipe-t-il.
Dans le journal de La 1ère…
La détresse et la colère des usagers de l’eau a été au cœur d’une rencontre survenue ce mercredi entre les associations et le préfet de la Guadeloupe, explique Benoît Ferrand, d’Outre-mer La 1ère.
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