Un tribunal spécial du Bangladesh a émis jeudi des mandats d’arrêt contre l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina et 45 autres personnes, dont ses proches collaborateurs, pour des accusations de crimes contre l’humanité, a déclaré le procureur B.M. Sultan Mahmud. Ces accusations font suite à une révolte menée par des étudiants en juillet et août, qui a contraint Hasina à fuir le pays.
Le tribunal international de Dhaka, dirigé par le lauréat du prix Nobel et chef intérimaire du pays, Muhammad Yunus, a accepté deux requêtes soumises par l’accusation, a expliqué Mahmud. La première concerne Sheikh Hasina seule, tandis que la seconde vise ses proches collaborateurs et d’autres personnes, toutes accusées d’avoir orchestré la répression violente qui a coûté la vie à des centaines de manifestants.
Sheikh Hasina, qui a quitté le Bangladesh pour se réfugier en Inde le 5 août après des semaines de manifestations violentes contre les quotas de postes gouvernementaux, est accusée, avec ses alliés, d’être responsable de la mort de manifestants pendant la révolte. Selon les procureurs, plus de 750 personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées lors de cette insurrection.
Le gouvernement intérimaire dirigé par Yunus s’est engagé à juger Hasina et les membres de son administration pour leur rôle présumé dans ces événements, et a sollicité l’aide des Nations unies pour enquêter sur les meurtres. Bien que Hasina ait demandé des investigations, en affirmant que d’autres acteurs en dehors des agences de sécurité pourraient être impliqués, le gouvernement bangladais pourrait chercher à obtenir son extradition depuis l’Inde, avec l’aide d’Interpol si nécessaire.
Sheikh Hasina fait face à plus de 100 affaires judiciaires, dont plusieurs pour crimes contre l’humanité. Les autorités bangladaises envisagent de prendre les mesures nécessaires pour la ramener au pays afin qu’elle soit jugée, a déclaré le conseiller aux Affaires étrangères, Touhid Hossain.
Le tribunal, récemment reconstitué par le nouveau gouvernement, est également responsable des affaires impliquant les dirigeants du parti Jamaat-e-Islami, accusés de crimes contre l’humanité pendant la guerre d’indépendance du Bangladesh contre le Pakistan en 1971.
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