La trentenaire a été tuée au volant de son véhicule par un policier de l’immigration, mercredi 7 janvier, alors qu’elle manœuvrait après avoir refusé d’en sortir.
Aux États-Unis, de nouvelles manifestations ont eu lieu à Minneapolis hier soir pour réclamer le départ de la police de l’immigration, très contestée pour sa brutalité et encore plus depuis la mort de Renee Good. Malgré des vidéos qui contredisent la version officielle, l’administration Trump maintient que le policier a voulu se protéger, lui et son équipe. Le vice-président JD Vance l’a répété hier lors d’une conférence de presse. Des arguments que le maire démocrate de Minneapolis qualifie de « conneries ».
La polémique se poursuit dans la presse, avec le Wall Street Journal dans le rôle d’arbitre. Le quotidien économique renvoie dos à dos ceux qui crient à la bavure et ceux qui plaident la légitime défense. « La manière houleuse avec laquelle M. Trump a mené sa politique d’expulsion massive, et la manière tout aussi houleuse avec laquelle la gauche s’y est opposée, ont rendu ce drame inévitable », estime le journal qui appelle les deux camps à la retenue, tout en admettant qu’il est peu probable que Donald Trump suive son conseil.
Mais pour le New York Times, la mort de Renee Good tuée par un agent de l’ICE est un message adressé à l’ensemble de la population états-unienne. Aujourd’hui, considère le quotidien, plus personne n’est à l’abri des attaques de l’administration Trump contre les libertés individuelles, pas même la population blanche. « Nous sommes tous, écrit-il, gouvernés par des gens qui pensent que la vie est un privilège accordé par l’autorité et que la mort est une peine équitable en cas de désobéissance. »
L’emprise glissante de Donald Trump sur le Congrès
Donald Trump, quant à lui, voit son emprise sur le Congrès faiblir. C’est en tout cas ce que remarque Politico. Hier, cinq sénateurs républicains se sont joints à leurs collègues démocrates pour adopter une résolution limitant les pouvoirs militaires de Donald Trump contre le Venezuela. Ce vote est surtout symbolique. Pour être validé, le texte doit aussi être approuvé par la Chambre des représentants. Donald Trump aura ensuite la possibilité d’y mettre son veto. Ce qu’il ne manquera certainement pas de faire, lui qui a déclaré mercredi dans une interview au New York Times que la seule limite à son action à l’international était sa propre moralité.
Mais pour Pagina12, le désir de Donald Trump de contrôler le continent est une aberration dans un monde interconnecté. C’est le « fruit d’un délire de grandeur et d’omnipotence, écrit le quotidien argentin, qui, tôt ou tard, ne fera qu’accélérer davantage le déclin des États-Unis, un phénomène dont l’histoire des empires prouve qu’il ne se stoppe pas par la force des armes. »
Au Venezuela, les conditions de détention indignes d’un prisonnier argentin
Le président états-unien assure avoir « annulé » une seconde attaque contre le Venezuela après la libération de prisonniers politiques hier soir, dont on ignore toujours le nombre exact. On sait en revanche qu’avant ces libérations, 806 prisonniers politiques se trouvaient dans les geôles du régime, d’après l’ONG Foro penal. Parmi eux, 80 étrangers, dont un gendarme argentin détenu depuis un an dans des conditions indignes décrites par le quotidien Clarin qui s’est entretenu avec un ancien compagnon de cellule.
« Nous étions réveillés à 5h du matin pour l’appel, suivi du petit-déjeuner, puis d’une heure de temps libre. Nous étions enfermés 23 heures par jour, tout se passait dans la cellule », raconte-t-il. Une cellule pleine de cafards et d’excréments. Des matelas sans drap ni couverture après que des détenus yéménites avaient tenté de se pendre. Des haut-parleurs diffusant tous les jeudis des discours du ministre de l’Intérieur Diosdado Caballo. Et pour seule distraction : un jeu d’échecs fabriqué avec des rouleaux de papier toilette.
La culture en résistance
En Colombie, notre correspondante Najet Benrabaa nous fait découvrir la comuna 13, un quartier de Medellin. La ville est plutôt connue pour les violents affrontements qui s’y sont déroulés pendant des années, impliquant soit des guérilleros soit des trafiquants de drogue. Mais aujourd’hui, comuna 13 est devenu le site touristique le plus visité.
En Haïti, et notamment à Port-au-Prince, la culture haïtienne refuse de s’éteindre malgré l’insécurité et les multiples crises qui fragilisent le pays. Après plusieurs initiatives et festivals maintenus envers et contre tout, comme En Lisant ou encore le Festival Quatre Chemins, c’est au tour du Pape Jazz de faire entendre sa voix. La 19è édition de ce rendez-vous musical a commencé le 7 janvier et se termine ce samedi 10 janvier dans la capitale d’Haïti où les gangs font la loi. Milena Sandler est la présidente de la fondation Haïti Jazz, organisatrice du Pape Jazz. Elle s’est confiée à notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama.
Toujours en Haïti, notre confrère du quotidien de référence Ayibopost évoque le travail des journalistes dans un pays meurtri par la violence.