Figure de la répression sous Nicolas Maduro, Tarek William Saab a démissionné mercredi 25 février 2026.
Dans les articles que la presse vénézuélienne consacre à Tarek William Saab, aucune allusion à ses tatouages. Pas grand-chose non plus sur de supposés talents d’écrivain et de poète. Mais beaucoup sur son rôle au sein de l’appareil répressif vénézuélien. « Le procureur de l’impunité et de la répression », titre Runrun. Le site d’information présente sa démission comme un coup dur pour le régime, dont Tarek William Saab était l’un des visages les plus importants.
« Pendant près d’une décennie, écrit Runrun, Tarek William Saab a été la voix chargée de “rendre justice” sur les réseaux sociaux et les rares médias encore existants. Il y a annoncé des arrestations, des complots et des projets d’assassinats déjoués contre des responsables de l’État ». « Saab, poursuit Runrun, a défendu le gouvernement contre les rapports internationaux qui accusaient l’État de tortures, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires et d’autres crimes considérés comme des crimes contre l’humanité. »
Mais Runrun rappelle que Tarek William Saab n’a pas été seulement l’avocat du régime. Il a été aussi un acteur majeur de la répression, en refusant d’enquêter sur les accusations de torture et en utilisant l’appareil judiciaire pour persécuter les opposants. « Saab se retire du ministère public en l’ayant transformé en instrument de persécution politique », ajoute TalCual, qui souligne que sous son mandat, le Venezuela est devenu le premier pays de la région à faire l’objet d’une enquête de la Cour pénale internationale.
Les derniers jours de Maduro au pouvoir
Toujours au sujet du Venezuela, le New York Times revient sur les derniers jours de Nicolas Maduro au pouvoir, dans un long récit pour lequel le quotidien new yorkais s’est appuyé sur des entretiens avec une douzaine de hauts fonctionnaires, amis et alliés du président déchu. Des témoignages confirmés par d’autres, de proches de Donald Trump et de Delcy Rodriguez, l’actuelle président par intérim vénézuélienne.
Il est notamment question d’un échange téléphonique entre Nicolas Maduro et le locataire de la Maison Blanche. C’était le 21 novembre 2025. Une conversation de 5 à 10 minutes, apparemment cordiale, qui a précipité la chute du dirigeant vénézuélien sans que celui-ci s’en doute. « À la fin de l’année 2025, raconte ainsi le New York Times, le président Nicolas Maduro semblait étonnamment détendu ». Alors qu’une armada états-unienne se trouvait au large des côtes de son pays, et que le plan pour sa capture était déjà élaboré, Nicolas Maduro réveillonnait avec ses proches en écoutant des chants de Noël.
Washington l’avait menacé d’intervenir militairement s’il ne démissionnait pas. Il se savait espionné. Mais il était persuadé que l’administration Trump n’oserait pas attaquer Caracas et qu’il avait encore le temps de négocier un accord pour rester au pouvoir, ou quitter ses fonctions lorsqu’il le déciderait. « Sa mauvaise interprétation des intentions de l’administration Trump, écrit le New York Times, a eu de profondes conséquences : elle a donné lieu à la première attaque étrangère sur le sol vénézuélien depuis plus d’un siècle, a conduit Nicolas Maduro et sa femme dans une prison de Brooklyn et a changé le cours de l’histoire de son pays. »
Record de départs des États-Unis
Les États-Unis recensent un nombre record de départs. Il ne s’agit pas ici de départs forcés, ceux provoqués par la campagne d’expulsion massive de l’administration. Non, ce dont il est question dans le Wall Street Journal, ce sont ceux de citoyens états-uniens qui partent s’installer à l’étranger pour étudier, télétravailler ou passer leur retraite. Des citoyens effrayés par la politique de l’administration Trump ou attirés par une vie plus abordable, qu’on trouve désormais à Lisbonne, à Dublin, au Mexique et même en Albanie…
En 2025, les États-Unis ont ainsi été confrontés à une situation inédite : pour la première fois depuis la Grande Dépression, il y a eu plus de départs que d’arrivées. Pour le Wall Street Journal, un constat s’impose : pour certains citoyens des États-Unis, le nouveau rêve américain est de ne plus y vivre.
En Haïti, Le Nouvelliste s’est entretenu avec le Premier ministre. Un entretien dans lequel Alix Didier Fils-Aimé explique que son mandat n’est pas sans limite. Le chef du gouvernement haïtien a, par ailleurs, participé cette semaine à la 50è réunion des chefs de gouvernement de la Caricom. C’est sa première sortie internationale depuis qu’il est devenu le seul responsable à la tête de l’État. Entretien avec Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste.
Au Chili, le véganisme, cette alimentation qui exclut les produits d’origine animale, gagne peu à peu du terrain. La capitale Santiago se classe d’ailleurs comme la seconde ville d’Amérique latine où l’on trouve le plus de restaurants, d’épiceries et de produits véganes, juste derrière São Paulo, mais devant Buenos Aires et la ville de México. Et même si pendant un temps ça a peut-être été un effet d’une mode, le véganisme convainc de plus en plus de Chiliens, surtout les jeunes. Reportage à Santiago de notre correspondante Naïla Derroisné.