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Au Costa Rica, la crainte d’une dérive autoritaire

today2026-01-31

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Le Costa Rica vote ce dimanche 1er février 2026 pour élire son futur président parmi les 20 candidats en lice. Laura Fernández est la favorite des sondages. La candidate populiste aux discours xénophobes met en avant le modèle sécuritaire du chef d’État salvadorien Nayib Bukele.

Au Costa Rica, un pays historiquement tourné vers des idées progressistes, le basculement politique qui se dessine inquiète notamment aussi les communautés indigènes. L’une de leurs préoccupations : l’utilisation de la foi catholique et évangélique comme élément central des campagnes politiques.

Sur ce point, la populiste Laura Fernandez ne déroge pas à la règle. « Elle ne peut pas venir et dire qu’elle veut imposer la religion dans les communautés indigènes, car il faut se rappeler que nous, peuples indigènes, avons aussi nos propres croyances », pointe Isalina, la cheffe de la communauté Huetar.

 

Les droits humains menacés

Dans la capitale, San José, les associations de défense des droits des femmes alertent. Il y a un mois, le gouvernement sortant a promulgué un décret restreignant l’avortement, qu’il entend maintenir si Laura Fernández remporte l’élection. « Une action illégale », dénonce Larissa Arroyo, avocate, auprès de notre correspondante Marie Griffon.

« Il a tenté de contourner ce que prévoit le Code pénal par un décret. C’est pourquoi nous devons ne pas perdre de vue que ces atteintes aux droits des femmes et ces reculs s’inscrivent plus généralement dans des attaques contre l’État de droit, la démocratie et les institutions, prévient Larissa Arroyo. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces décisions toucheront avant tout des personnes déjà très vulnérables, en raison de la pauvreté, de leurs discriminations ou des violences qu’elles subissent déjà au quotidien, dans ce pays. »

Parmi les personnes les plus vulnérables, figurent également les réfugiés latino-américains – nicaraguayens persécutés par le régime de Daniel Ortega, mais aussi salvadoriens et vénézuéliens. « Le Costa Rica est marqué par une politique xénophobe, qui a d’ailleurs été documentée par les Nations unies, signale Antonio Martínez, président de l’Association interculturelle des droits humains et lui-même réfugié nicaraguayen. Il s’agit d’un régime qui se fonde avant tout sur la notion de sécurité plutôt que sur l’inclusion ou l’accès aux droits. Un régime qui privilégie le contrôle et la surveillance. Il y a beaucoup de craintes bien entendu. Beaucoup de personnes réfugiées et migrantes disent que si Laura Fernández est élue, elles chercheront à migrer vers un autre pays. À solliciter l’asile ailleurs. »

Une élection qui peut être marquée par une forte abstention. Il y a quatre ans, elle avait atteint 43%, l’un des niveaux les plus élevés de l’histoire du pays.

 

Guerre technologique à Minneapolis

Aux États-Unis, l’émissaire de Donald Trump à Minneapolis tente de faire retomber la tension. Lors d’une conférence de presse, jeudi 29 octobre 2025, Tom Homan a promis que le nombre d’agents déployés dans la capitale du Minnesota dans le cadre de l’opération anti-immigration Metro Surge allait bientôt baisser. Il a également assuré que l’ICE allait opérer de manière plus intelligente en se concentrant sur les prisons et les centres de détention, comme l’explique notre envoyé spécial à Minneapolis, Vincent Souriau.

Cette campagne d’expulsion massive donne lieu à une guerre technologique entre les agents de l’ICE d’un côté, et celles et ceux qui s’opposent à leur opération. Une guerre dans laquelle l’ICE possède des armes de pointe, grâce à une loi passée l’été dernier (2025) qui en a fait l’agence fédérale la mieux financée du pays. Ces instruments, c’est le Washington Post qui les passe en revue.

Mais face à la surveillance de masse, la riposte s’organise sur les réseaux sociaux et via les messageries cryptées. C’est Politico qui le raconte. Ces dernières semaines, relève le site d’information, les efforts pour suivre les déplacements des agents de l’ICE se sont intensifiés en ligne, notamment grâce à des sites permettant de signaler les endroits où sont menés les raids.

Les autorités ont beau tenté de les bloquer, faire supprimer les sites ou les comptes litigieux, rien n’y fait : de nouveaux réapparaissent sans cesse. Même les cybercriminels – ceux qui rackettent habituellement les internautes avec des rançongiciels – se joignent à la bataille. En divulguant notamment les informations personnelles de centaines de membres de l’ICE et du département de la Sécurité intérieure.

 

Cuba au bord du gouffre

Pendant ce temps, Donald Trump resserre la vis avec Cuba. Le président états-unien a signé hier (30 janvier 2026) un décret qui qualifie le pays de « menace exceptionnelle » et qui annonce des droits de douane contre ceux qui lui fournissent du pétrole. « Cuba, la menace irrévérencieuse », réplique Granma. Pour la voix du régime, il s’agit en réalité pour l’administration Trump d’utiliser la pression comme un outil de déstabilisation.

Cuba, qu’El Nacional décrit comme un « Gaza sans les bombardiers ». « Les principaux indicateurs qui mesurent la qualité de vie d’une société se sont érodés de manière alarmante, constate le journal vénézuélien. Les pannes de courant sont quotidiennes. Les transports en commun ne disposent ni d’essence ni de diesel pour se déplacer. La population a diminué et la pyramide des âges s’est inversée. » Mais pour El Nacional, le régime cubain ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

 

Nouveau rebondissement dans la crise politique en Haïti

À huit jours de la fin annoncée du mandat du Conseil présidentiel de transition – c’est le 7 février – la crise politique en Haïti prend encore un nouveau tour. C’est à lire dans Le Nouvelliste. Après avoir signé une résolution pour remplacer le Premier ministre, certains conseillers présidentiels cherchent désormais à évincer le président du CPT, Laurent Saint-Cyr. Ils lui reprochent de s’être opposé à la publication de ladite résolution au journal officiel.

Sur Alterpresse, le professeur en Sciences politiques Roromme Chantal voit dans cette crise un « coup d’État ». Un coup d’État, écrit-il, qui « ne vise pas à instaurer un nouvel ordre, mais à empêcher qu’un autre ordre ne voie le jour. Il ne produit pas un pouvoir fort, mais un pouvoir verrouillé, dépendant, constamment adossé à des soutiens extérieurs. »

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