Au Canada, des militants iraniens anti-régime disent être pris pour cible, non par le régime de Téhéran, mais d’autres membres de la diaspora. Entre partisans d’un changement interne, défenseurs d’une intervention extérieure ou encore monarchistes, les lignes de fracture se durcissent.
Nima Machouf est épidémiologiste. Cette militante féministe iranienne est bien connue au Québec. Àceux qui lui demandent pourquoi elle ne se joint pas aux manifestations de la diaspora iranienne à Montréal, elle répond : « Pourquoi je viendrais me pointer dans une manif où on demande ma mort ? »
La dernière fois, c’était lors de la manifestation du 8 mars. Ce jour-là, elle défile avec une pancarte « Non à la guerre ». « Ils ont pris ma photo avec cette pancarte, puis ils ont dit : vous voyez cette salope qui est pro régime, bah justement elle est en train de dire non à la guerre. » L’image circule. Et avec elle, les mêmes accusations alors que Nima Machouf milite depuis plus de 40 ans contre le régime.
« Avant, les menaces qu’on subissait venaient surtout du gouvernement iranien. Mais depuis janvier, c’est d’une partie de la communauté qui est très, très monarchiste extrémiste », explique-t-elle à notre correspondante à Montréal, Nafi Alibert. « Je suis attaquée parce que je ne suis pas d’accord avec le retour de Pahlavi. Pas d’accord avec la monarchie »
Une intensification des menaces
Une pétition est lancée contre elle. Des menaces souvent vagues, mais répétées. Et surtout amplifiées par les réseaux sociaux. « Ce sont des menaces du genre : On devrait lui régler son compte. Beaucoup de haine, à mon égard. D’attaques personnels. À un moment donné, ça devient dangereux. » Alors Nima archive tout : messages, publications, vidéos. Un dossier de preuves qu’elle garde, comme d’autres, au cas où la menace quitterait l’écran.
Ce climat n’est pas nécessairement nouveau. Les services de renseignement canadiens documentent depuis des années des tentatives d’intimidation visant la diaspora iranienne.
Mais Thomas Juneau, professeur à l’Université d’Ottawa, observe leur « intensification ». « La tragédie de l’opposition iranienne en exil, c’est sa fragmentation, constate-t-il. On a vu beaucoup de cas de menaces entre groupes anti-régime, entre factions monarchistes, MEK, militants pro-démocratie qui ne sont pas affiliés à un mouvement en particulier. »
Ce climat de tension s’est alourdi récemment par le meurtre d’un dissident iranien dans l’Ouest canadien. Une affaire ciblée, selon les enquêteurs, toujours devant les tribunaux.
La victime, elle avait signalé des menaces. Leurs conséquences, rappelle Thomas Juneau, ne se limitent pas à ce type de cas extrêmes : « L’impact au niveau émotif est extraordinairement violent. Puis on a des histoires contre les familles en Iran qui sont particulièrement horribles. » À Montréal, une partie du militantisme se replie. En cercle restreint, le regard toujours par-dessus l’épaule.
Les cultivateurs des Gonaïves menacés par la sécheresse
En Haïti, les agriculteurs de la plaine des Gonaïves rencontrent de grandes difficultés pour irriguer leurs cultures. S’étendant sur 8 000 hectares, cette plaine constitue l’un des principaux greniers du département de l’Artibonite. Elle se distingue par une production agricole variée, incluant notamment le riz, la patate douce, l’aubergine, le maïs et les haricots. Mais depuis des années, la sécheresse représente une menace majeure pour les cultivateurs, qui dépendent essentiellement des précipitations pour arroser leurs cultures. Un dossier de Ronel Paul.
L’espoir d’un avenir au Venezuela
Au Venezuela, une partie de la jeunesse se prend à espérer. Et c’est TalCual qui nous en parle. Aujourd’hui, quand on interroge les jeunes sur leur avenir, il n’est plus rare d’entendre que pour eux, cet avenir se construira dans leur pays et non pas à l’étranger. Ce qui était tout simplement impensable il y a encore huit ans.
Mais il s’agit d’un espoir prudent. Car les Vénézuéliens ont appris à se méfier de ceux qui gouvernent le pays. En 2021, ils n’étaient que 50% à faire confiance à leurs institutions. Et cette méfiance, écrit encore TalCual, conduit de nombreux jeunes à repenser le mode de gouvernance. Ils parlent d’une démocratie plus ouverte, moins dépendante des partis. Ils en sont conscients : ces changements prendront du temps. Mais l’espoir est là.
De jeunesse, il en est également question dans le Washington Post. La jeunesse conservatrice, dont certaines figures de plus en plus populaires mettent le parti républicain à rude épreuve. C’est le cas par exemple d’Alec Beaton, 23 ans, un CV modèle, mais aussi un révisionniste revendiqué, qui considère que faire l’apologie d’Hitler est un bon moyen de « taquiner les gens ».
De nombreux républicains considèrent Alec Beacon et ses semblables comme de simples trublions qui ne représentent en aucun cas le parti. Mais d’autres s’en inquiètent. A l’image du sénateur du Texas Ted Cruz qui dit avoir été témoin ces 18 derniers mois de propos antisémites au sein de la droite comme jamais il n’en avait entendu dans toute sa vie.
Des propos qui trouvent un écho considérable sur les réseaux sociaux, où le moindre discours clivant génère du clic, des likes, ce qui lui donne l’impression d’être largement partagé. Pour le président du CPAC, la grand-messe annuelle des conservateurs, le risque est que les politiques s’en emparent et que cela conduise à une radicalisation généralisée.
Des mots qui tuent
La dérive des réseaux sociaux, il en est enfin question au Brésil. Des plateformes où l’on défend la hiérarchie des sexes, le contrôle et la dévalorisation des femmes. Des plateformes où des mots comme « chad », pour parler des hommes ayant confiance en eux et attirants, ou « beta » pour désigner ceux considérés comme soumis, deviennent de plus en plus populaires, notamment sur TikTok.
Le spécialiste des sciences sociales Leandro Louro, interrogé par O Globo, parle d’un entonnoir. « Lorsqu’une personne est capturée par l’algorithme, explique-t-il, elle se met à consommer du contenu de plus en plus radical, jusqu’à être ouvertement misogyne et prônant même la violence. » Une apologie de la violence qui se traduit en actes. La semaine dernière, un officier de l’armée a été arrêté pour le meurtre de sa femme à Sao Paulo. L’enquête a révélé que son téléphone regorgeait de discours masculinistes.