Une rencontre enrichissante à Bruxelles avec avec le diplomate Alrich Nicolas, ambassadeur d’Haïti en Belgique
Vendredi 4 septembre 2026
Une rencontre enrichissante à Bruxelles avec avec le diplomate Alrich Nicolas, ambassadeur d’Haïti en Belgique
Par : Joël Lorquet,PhD
Comme j’avais annoncé ma visite à l’ambassadeur d’Haïti à Bruxelles, j’ai pris un taxi grâce à l’intervention d’une charmante réceptionniste de l’European Media Hub.
Le taxi m’a conduit à l’ambassade de la République d’Haïti, située chaussée de Charleroi, à Saint-Gilles, à Bruxelles.
À mon arrivée, j’ai été accueilli par les membres de l’équipe. L’ambassadeur n’était pas encore présent, mais il n’a pas tardé à arriver quelques minutes plus tard.
Ce fut un véritable plaisir de revoir M. Alrich Nicolas.
Alrich Nicolas, journaliste, universitaire et diplomate haïtien
Alrich Nicolas possède un parcours particulièrement riche, marqué à la fois par le journalisme, l’enseignement universitaire, l’économie et la diplomatie.
Il a commencé sa carrière comme journaliste à l’hebdomadaire haïtien Le Petit Samedi Soir, où il a notamment été responsable des rubriques consacrées à la politique internationale et à l’économie et a publié de nombreux articles.
Il a ensuite poursuivi ses études en Allemagne, où il s’est spécialisé en économie et en sciences sociales. À la Freie Universität Berlin, il a approfondi sa formation universitaire et obtenu un doctorat en sciences économiques. Il a également enseigné et poursuivi des activités de recherche dans le domaine de l’économie et des relations internationales.
Son parcours diplomatique l’a ensuite conduit à représenter Haïti en Allemagne. Il a été ambassadeur d’Haïti en Allemagne de 1996/1997 à 2005, où il a œuvré au développement des relations entre les deux pays.
Il a par la suite occupé d’autres responsabilités importantes, notamment celles de ministre des Affaires étrangères et des Cultes d’Haïti et d’économiste au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
M. Nicolas demeure une personnalité dont le parcours témoigne d’une longue implication dans les questions économiques, sociales, culturelles et internationales liées à Haïti.
Il est actuellement ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Haïti auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand-Duché de Luxembourg et de l’Union européenne.
Il m’a reçu dans son bureau et nous avons échangé sur différents sujets. Nous avons parlé de tout et de rien, dans une atmosphère très agréable.
À Bruxelles, Alrich Nicolas évoque la coopération universitaire, la communauté haïtienne et les perspectives de rapprochement
Une rencontre placée sous le signe des échanges et des possibilités de collaboration
À l’ambassade d’Haïti à Bruxelles, j’ai eu le privilège d’avoir un entretien approfondi avec Alrich Nicolas, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Haïti auprès de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg et de l’Union européenne.Au-delà des questions diplomatiques, notre conversation a porté sur mon parcours, mes activités dans le domaine des médias, les possibilités de coopération universitaire, les bourses d’études, mais aussi sur la communauté haïtienne en Belgique, ses associations et ses relations avec les institutions locales.
La rencontre a également été l’occasion d’évoquer certains projets susceptibles de rapprocher les institutions haïtiennes de leurs homologues européennes.
Des possibilités de coopération entre universités
La question de la coopération universitaire a occupé une place importante dans notre conversation. J’ai évoqué la possibilité de rencontrer des responsables d’universités, des recteurs ou des directeurs afin d’examiner les possibilités de partenariats avec des institutions haïtiennes.
L’ambassadeur Nicolas a alors rappelé qu’une initiative avait récemment été entreprise dans ce domaine.
— Il n’y a pas longtemps, nous avons organisé une mission de professeurs universitaires d’Haïti qui sont venus ici. Nous avons rencontré plusieurs institutions académiques et plusieurs facultés, a-t-il indiqué.
Selon lui, cette mission avait précisément pour objectif d’explorer les possibilités de coopération entre les établissements haïtiens et européens.
— L’objectif était de développer des partenariats et peut-être même de trouver des bourses d’études, a-t-il expliqué.
Il a également été question de renforcer les collaborations avec les universités haïtiennes et de permettre à celles-ci de bénéficier de nouvelles ouvertures à l’étranger.
À la suite de cette mission, les universitaires haïtiens sont retournés au pays, tandis que les discussions se poursuivent.
— Ils sont revenus et sont repartis. Maintenant, on prépare des textes de conventions et des propositions, a expliqué l’ambassadeur.
Cette démarche pourrait donc déboucher sur des accords formels entre institutions universitaires.
Faciliter les contacts et ouvrir des portes
Pour ma part, j’ai expliqué à l’ambassadeur que mes activités ne se limitent pas au journalisme traditionnel. Je réalise notamment des émissions sur ma chaîne YouTube, qui peuvent être reprises ou partagées avec d’autres chaînes. J’écris également des articles et publie des analyses sur différents sujets.
L’objectif de mon séjour en Belgique est aussi de faire connaître certains aspects du pays, de rencontrer des personnalités et des institutions et de rendre compte de ces expériences à travers mes productions médiatiques.
Cette démarche peut également servir à établir des contacts susceptibles de déboucher sur des collaborations.
Nous avons ainsi évoqué la possibilité de rencontrer des responsables universitaires, notamment des recteurs et des doyens, afin d’examiner les domaines dans lesquels des institutions haïtiennes pourraient développer des partenariats avec des établissements européens.
L’éducation, la santé et les services sociaux au cœur des priorités
Au cours de notre discussion, j’ai également présenté les principaux domaines dans lesquels nous souhaitons développer des actions : l’éducation, la santé, les services sociaux et les relations internationales.
Le volet des relations internationales revêt notamment une importance particulière pour rechercher des opportunités de formation et de bourses destinées aux jeunes Haïtiens.
L’idée est de pouvoir établir des contacts avec des fondations et des organisations actives dans le domaine humanitaire ou du développement, afin d’identifier des partenaires susceptibles d’appuyer certaines initiatives.
La question de la mise en relation avec d’autres fondations et organisations a également été évoquée. L’objectif serait de créer des passerelles avec des partenaires capables de contribuer à des projets en Haïti.
Dans cette perspective, l’ambassade pourrait constituer un point de contact important pour faciliter certaines démarches et orienter les organisations haïtiennes vers les interlocuteurs appropriés.
L’ambassadeur Nicolas s’est montré favorable à la poursuite des échanges. Cette volonté de maintenir le contact pourrait permettre d’explorer ultérieurement certaines pistes de coopération.
À propos de la communauté haïtienne en Belgique
Durant notre conversation, nous avons également abordé la place et le poids de la communauté haïtienne en Belgique. J’ai notamment souhaité m’enquérir du rôle de l’ambassadeur, de son secrétaire, des diplomates et des fonctionnaires de la mission diplomatique dans leurs relations avec les associations haïtiennes et les différents membres de la communauté. Ce fut aussi l’occasion de m’informer davantage sur son organisation, son fonctionnement et les activités qu’elle réalise.
Selon l’ambassadeur Alrich Nicolas, en dehors des activités organisées par l’ambassade à l’occasion de certaines célébrations nationales, les grandes manifestations susceptibles de réunir l’ensemble de la communauté demeurent relativement limitées.
Une initiative est toutefois envisagée pour le mois de novembre, avec l’objectif de travailler davantage avec les différentes composantes de la communauté et de renforcer les liens entre ses membres, notamment à travers l’organisation d’une manifestation qui s’étendrait sur plusieurs jours.
— Il y a quelque chose qui va être organisé en novembre, a-t-il indiqué au cours de notre conversation.
Cette manifestation pourrait ainsi offrir une nouvelle occasion de réunir les Haïtiens vivant en Belgique, de favoriser les rencontres et de donner davantage de visibilité à la présence de la communauté haïtienne dans le pays.
Une communauté qui cherche à maintenir ses liens
L’ambassadeur Nicolas a également évoqué certaines manifestations organisées au cours des années précédentes. Selon lui, même lorsque ces rassemblements réunissent un nombre relativement limité de participants, ils constituent un effort important pour maintenir les liens entre les membres de la communauté.
— C’est quand même un effort. C’est un travail collectif, a-t-il souligné.
Il estime toutefois que la communauté haïtienne demeure relativement restreinte et parfois dispersée, ce qui explique que certaines activités ne puissent réunir qu’une partie de ses membres. Malgré cela, ces rencontres permettent de préserver un esprit de convivialité et de cordialité au sein de la communauté.
L’ambassadeur a également souligné les difficultés liées aux déplacements entre les différentes communautés haïtiennes établies en Europe. Bruxelles n’étant pas à proximité immédiate de toutes ces communautés, la participation à certaines manifestations peut nécessiter des déplacements importants. Il a notamment cité le cas de Berlin, située à plusieurs heures de train de la capitale belge, ce qui peut rendre certaines rencontres plus difficiles à organiser ou à rejoindre.
Les associations et les réseaux de la communauté
Notre discussion a également abordé le rôle des associations haïtiennes et les moyens de mieux les connecter entre elles et avec l’ambassade.
L’enjeu est notamment de favoriser une meilleure circulation de l’information et de créer davantage de possibilités de collaboration. Selon lambassadeur Nicolas, la communauté haïtienne ne se limite d’ailleurs pas aux associations proprement dites. Elle comprend également des réseaux religieux, culturels et sociaux qui jouent un rôle important dans la vie de certains Haïtiens vivant en Belgique.
Une communauté catholique haïtienne bien présente
Lorsque j’ai demandé à l’ambassadeur Nicolas de m’informer sur les activités religieuses de la communauté haïtienne en Belgique, il m’a indiqué qu’à sa connaissance, il n’existerait pas véritablement de communauté protestante haïtienne structurée dans le pays. En revanche, la communauté catholique haïtienne y est bien présente et entretient de bonnes relations avec l’Église catholique en Belgique.
Je lui ai alors rapporté la rencontre que j’avais eue avec un jeune prêtre belge, qui m’avait expliqué qu’au moins une Haïtienne faisait partie de sa congrégation. L’ambassadeur a confirmé que des liens existaient avec la communauté haïtienne et que des messes étaient régulièrement organisées à l’intention de ses membres.
— Il y a une communauté catholique haïtienne et il y a un très bon rapport avec l’Église catholique, a-t-il souligné.
La présence de cette communauté catholique constitue ainsi un espace de rassemblement, de partage et de création de liens pour certains membres de la diaspora haïtienne en Belgique.
Des comparaisons avec la communauté haïtienne aux États-Unis
Au cours de notre discussion, nous avons également établi une comparaison avec la communauté haïtienne aux États-Unis, notamment en ce qui concerne son mode d’organisation, la création de réseaux et les relations qu’elle entretient avec les institutions locales.
Nous avons ainsi évoqué la manière dont les différentes communautés de la diaspora haïtienne s’organisent, développent leurs réseaux et établissent des liens avec les institutions et les autres communautés présentes dans leur environnement.
À cet égard, l’expérience de la communauté haïtienne aux États-Unis peut constituer un point de comparaison intéressant avec la situation observée en Belgique et, plus largement, en Europe.
L’ambassadeur Nicolas a notamment évoqué les différences de culture organisationnelle et la nécessité de développer des réseaux davantage ouverts sur leur environnement, capables de favoriser les échanges et de créer des liens avec d’autres communautés, associations et institutions.
Faire connaître la Belgique et favoriser les échanges
J’ai également pris soin d’expliquer que mon séjour en Belgique revêtait une dimension à la fois journalistique et documentaire.
Je filme certains lieux, je rencontre différentes personnes et je recueille des informations afin de réaliser des émissions et de rédiger des articles consacrés à la Belgique. Mon objectif est notamment de faire découvrir le pays, son histoire, son patrimoine, ses institutions ainsi que les personnalités que j’ai l’occasion de rencontrer.
Cette démarche me permet également d’aborder les relations entre la Belgique et Haïti, ainsi que les possibilités de coopération dans différents domaines. L’ambassadeur Nicolas s’est montré ouvert à cette démarche et favorable à la poursuite des contacts.
Rénovation de l’ambassade d’Haïti à Bruxelles : un bâtiment historique au cœur du patrimoine belge
Notre conversation a également porté sur le patrimoine architectural et historique de la Belgique. À ce propos, l’ambassadeur Alrich Nicolas nous a confié que le bâtiment qui abrite l’ambassade d’Haïti à Bruxelles est une propriété du gouvernement haïtien.
Toutefois, cette bâtisse, vieille de plus d’un siècle, nécessite d’importants travaux de rénovation afin de préserver son état et de lui permettre de continuer à remplir sa fonction dans de bonnes conditions.
L’ambassadeur a indiqué que le gouvernement haïtien est parfaitement informé de la situation et qu’il prendra les dispositions nécessaires afin d’entreprendre les travaux requis et de procéder à la restauration de ce bâtiment.
Cette propriété revêt également une importance particulière en raison de sa valeur patrimoniale. En effet, le bâtiment fait partie du patrimoine belge et bénéficie, à ce titre, d’une protection prévue par la législation du pays.
Une rencontre qui ouvre des perspectives
Cette rencontre m’a surtout conforté dans l’idée que les relations entre Haïti et l’Europe ne doivent pas être envisagées uniquement sous l’angle diplomatique. Elles peuvent également se développer à travers l’éducation, les universités, les fondations, les associations, les communautés religieuses, la culture et les échanges entre les peuples.
La volonté exprimée par l’ambassadeur Nicolas de poursuivre le contact constituent, à mes yeux, le début possible de nouvelles conversations et, peut-être, de futures collaborations au bénéfice des jeunes et des institutions haïtiennes. Cette rencontre m’a fait particulièrement plaisir, d’autant plus qu’elle intervenait à la fin de mon séjour à Bruxelles.
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