États-Unis | MPI : 22 % des immigrés haïtiens détiennent au moins un bachelor’s degree et 22 % travaillent dans la santé
WASHINGTON, samedi 5 septembre 2026 — Plus d’un immigré haïtien sur cinq âgé de 25 ans ou plus aux États-Unis détient au minimum un bachelor’s degree, diplôme universitaire américain de premier cycle généralement comparable à une licence, tandis que 22 % des travailleurs haïtiens exercent dans le secteur de la santé, selon les données du Migration Policy Institute (MPI), citées vendredi 4 septembre par David J. Bier, directeur des études sur l’immigration au Cato Institute.
L’étude du MPI, fondée principalement sur l’American Community Survey 2024 du U.S. Census Bureau, estime à environ 859 000 le nombre d’immigrés haïtiens vivant aux États-Unis. Parmi ceux âgés de 25 ans et plus, 22 % possèdent un bachelor’s degree ou un diplôme de niveau supérieur.
Selon la nomenclature universitaire américaine, cette catégorie comprend d’abord le bachelor’s degree, diplôme de premier cycle généralement obtenu après quatre années d’études supérieures. Elle inclut également les titulaires d’un master’s degree, correspondant au deuxième cycle universitaire, ainsi que les personnes détenant un professional degree — notamment certains diplômes avancés en droit ou en médecine — ou un doctorate, soit un doctorat académique ou professionnel. L’expression « bachelor’s degree or higher » désigne donc l’ensemble de ces niveaux de formation et ne doit pas être comprise comme la seule détention d’une licence.
La proportion de diplômés universitaires parmi les immigrés haïtiens demeure néanmoins inférieure à celle observée pour l’ensemble des immigrés, soit 36 %, et pour les personnes nées aux États-Unis, 37 %.
La présence de la communauté haïtienne apparaît particulièrement importante dans le système de santé américain. Sur environ 510 000 travailleurs haïtiens employés en 2024, 22 % exerçaient dans les professions de santé, contre environ 10 % pour l’ensemble des travailleurs immigrés comme pour ceux nés aux États-Unis. Environ 13 % occupaient plus précisément des fonctions de soutien sanitaire, notamment comme aides-soignants, auxiliaires de santé à domicile et préposés aux soins personnels.
Les infirmiers diplômés représentaient environ 4 % des travailleurs haïtiens, soit deux fois la proportion enregistrée parmi l’ensemble des travailleurs immigrés ou nés aux États-Unis, selon le MPI. Ces données situent ainsi la main-d’œuvre haïtienne dans plusieurs segments directement associés au fonctionnement des établissements de soins et des services d’assistance à domicile.
Le MPI rapporte également un taux de participation à la population active de 70 % parmi les immigrés haïtiens, contre 68 % pour l’ensemble des immigrés et 63 % pour les personnes nées aux États-Unis. Près de 26 % des travailleurs haïtiens exercent par ailleurs dans les professions regroupant la gestion, les affaires, les sciences et les arts.
Ces indicateurs interviennent au moment où le statut migratoire de centaines de milliers d’Haïtiens demeure au centre de la politique américaine d’immigration. Le MPI estime qu’environ 353 000 ressortissants haïtiens étaient concernés par la fin du Temporary Protected Status (TPS). Pour les personnes ne disposant d’aucun autre fondement juridique leur permettant de demeurer aux États-Unis, la disparition de cette protection affecte également leur autorisation de travail.
David J. Bier affirme en outre que les immigrés haïtiens sont moins susceptibles de bénéficier de Medicaid. Une distinction statistique doit néanmoins être maintenue : les données générales publiées par le MPI indiquent que 53 % des immigrés haïtiens disposent d’une assurance privée et 36 % d’une couverture publique, contre respectivement 57 % et 33 % pour l’ensemble des immigrés. La catégorie « couverture publique » étant plus étendue que le seul programme Medicaid, les deux indicateurs ne peuvent être assimilés sans données complémentaires.
Les chiffres du MPI apportent ainsi un élément quantifiable au débat sur l’immigration haïtienne aux États-Unis : au-delà du statut juridique des personnes concernées, une fraction substantielle de cette population dispose d’une formation universitaire et participe à des secteurs caractérisés par une forte demande de main-d’œuvre, notamment celui de la santé.
Source : Migration Policy Institute (MPI), Haitian Immigrants in the United States ; American Community Survey 2024, U.S. Census Bureau ; déclaration de David J. Bier, 4 septembre 2026.
Tweet Le référendum de Jovenel Moïse/Claude Joseph fut reporté, déplacé puis abandonné sous sa forme initiale. L’article 284-3, lui, n’avait pas disparu avec le calendrier. Le 29 avril 2021, à moins de deux mois du référendum constitutionnel alors fixé au 27 juin, Mathias Pierre annonçait que 4 503 539 Haïtiens […]
Tweet États-Unis–Haïti | Carte verte : le Cato Institute décrit un « labyrinthe » légal qui laisse très peu de portes ouvertes aux candidats à l’immigration WASHINGTON — Pour un Haïtien souhaitant s’établir légalement et durablement aux États-Unis depuis l’étranger, la question ne se résume pas au dépôt d’une demande […]