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Le CEP de Fils-Aimé, maître du temps dilatoire au service de la Primature, proroge la  période d’enregistrement des groupements politiques 

today2026-07-16

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Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) dirigé par le couple Jacques Desrosiers et Uder  Antoine vient de publier, en date du 16 juillet 2026, une nouvelle « Note de Presse » (Réf.  CEP/DC/025-2526) qui proroge une fois de plus la période d’enregistrement des groupements  politiques jusqu’au 31 juillet 2026. 

Ce qui, à première vue, pourrait passer pour une simple mesure administrative de souplesse,  révèle en réalité une stratégie bien rodée de temporisation institutionnelle.  

Le CEP, censé être le garant de la crédibilité du processus électoral, semble s’être mué en un  instrument docile au service du calendrier politique de la Primature. 

Dans ce communiqué officiel, le CEP informe qu’il répond « sur la demande de plusieurs  organisations politiques » en accordant un délai supplémentaire jusqu’au vendredi 31 juillet  inclus. Les regroupements politiques sont ensuite renvoyés à la période du 10 au 14 août  2026.  

Le ton est solennel : le CEP se dit « à l’écoute des acteurs politiques » et réaffirme son  engagement pour un processus « inclusif, impartial, transparent et responsable ». Belle  rhétorique. Mais derrière les formules protocolaires se cache une réalité plus sombre :  l’absence totale d’un calendrier électoral officiel et contraignant. 

Depuis sa mise en place, le CEP présidé par Fils-Aime fonctionne sans feuille de route claire,  sans échéances fermes et sans visibilité sur les étapes ultérieures (dépôt des candidatures,  campagne, scrutin). Cette opacité n’est pas fortuite. Elle permet au pouvoir exécutif de  manœuvrer à sa guise, en ajustant le tempo électoral selon les besoins politiques du moment.  

Chaque prorogation, chaque report, chaque « écoute » des acteurs devient un prétexte pour  grignoter du temps. Le communiqué du 16 juillet en est l’illustration parfaite : on prolonge  l’enregistrement, on repousse le regroupement, et on laisse planer le flou sur la suite. Le  temps passe, les frustrations s’accumulent, et la Primature gagne des mois précieux pour  consolider ses positions. 

Cette gestion dilatoire n’est pas nouvelle dans l’histoire politique haïtienne, mais elle prend  ici une dimension particulièrement cynique. 

En l’absence d’un calendrier officiel publié et respecté, le CEP offre au gouvernement un  blanc-seing pour reporter sine die les échéances électorales. Les partis et groupements  politiques, déjà fragilisés par des années de crise, se retrouvent pris en otage : ils doivent  mobiliser des ressources, négocier des alliances et préparer des dossiers dans un calendrier  mouvant, soumis aux humeurs du moment. Pendant ce temps, l’administration en place  consolide son emprise sur l’appareil d’État, distribue des faveurs et prépare le terrain pour un  scrutin taillé sur mesure. 

Le plus inquiétant demeure cette apparente subordination du CEP à la Primature. L’institution  électorale, qui devrait être le pilier de l’indépendance et de la neutralité, donne l’impression  de régler son pas sur celui du pouvoir exécutif.

Chaque décision de prorogation apparaît moins comme une réponse aux besoins légitimes  des acteurs politiques que comme une concession accordée pour satisfaire un agenda qui  dépasse largement le cadre technique de l’organisation des élections.  

Le discours sur « l’écoute » et la « volonté démocratique » sonne creux lorsque aucune date  ferme n’est annoncée pour les opérations suivantes.  

Un CEP sérieux aurait dû, dès son installation, publier un calendrier détaillé, avec des jalons  clairs et des mécanismes de sanction en cas de non-respect. Au lieu de cela, nous assistons à  une succession de notes de presse qui entretiennent l’incertitude. 

Cette stratégie du « faire passer le temps » porte atteinte à la crédibilité même du processus  démocratique. Les citoyens haïtiens, las des promesses non tenues et des transitions  interminables, voient se profiler le risque d’un nouveau cycle de reports indéfinis. 

Sans calendrier officiel, comment exiger la mobilisation populaire ? Comment rassurer les  partenaires internationaux sur la sincérité de la volonté électorale ?  

Le CEP de Fils-Aime, en multipliant les ajustements ad hoc, renforce la perception d’une  institution capturée, incapable ou peu désireuse d’imposer un rythme indépendant. 

Il est grand temps que le Conseil Électoral Provisoire assume pleinement son rôle  constitutionnel. Cela passe d’abord par la publication immédiate d’un calendrier électoral  global, réaliste et non négociable.  

Les prorogations ponctuelles peuvent se justifier dans un contexte de bonne foi ; elles  deviennent suspectes lorsqu’elles s’inscrivent dans une logique systématique d’étirement du  temps. 

La Primature doit comprendre que gouverner ne signifie pas manipuler les institutions  chargées d’organiser la succession du pouvoir. Quant aux partis politiques, ils ont le devoir de  ne plus se contenter de ces miettes de délais supplémentaires et d’exiger, d’une seule voix, la  transparence et le respect des échéances. 

Le communiqué du 16 juillet 2026 restera comme un symptôme supplémentaire de la crise de  confiance qui mine les institutions haïtiennes.  

Au-delà des formules de courtoisie et du sceau officiel, c’est la substance qui compte : un  CEP qui gère le temps pour mieux servir un agenda externe n’honore ni la démocratie ni le  peuple haïtien. 

Il est urgent de rompre avec cette culture du report perpétuel. L’avenir politique du pays ne  peut plus se contenter d’attendre que la Primature donne son feu vert. 

Il doit être rythmé par des institutions réellement indépendantes, capables d’imposer un  calendrier et de le respecter. 

Le temps du CEP n’appartient pas à la Primature. Il appartient au peuple haïtien. Il est temps  que cela se sache.

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