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« Nous ne dépendons déjà presque plus de nos parents » : les premiers bacheliers du Lycée Technique Agricole de Cance témoignent

today2026-07-15

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La première cohorte de la filière Sciences et Technologies de l’Agronomie et du Vivant passe les examens du baccalauréat 2026 avec des compétences pratiques déjà utilisées pour créer des activités génératrices de revenus.

Au Lycée Technique Agricole de Cance (LyTAC), aux Cayes, les examens du baccalauréat 2026 ne représentent pas seulement la fin du cycle secondaire pour les 23 candidats de la première cohorte de la filière Sciences et Technologies de l’Agronomie et du Vivant (STAV). Composé de 15 garçons et de huit filles, ce groupe participe également à la première évaluation nationale d’un modèle de formation associant enseignement général, compétences techniques et entrepreneuriat, selon le directeur de l’établissement, Jean Serge Lima.

Depuis le début de la semaine, les candidats ont déjà composé en philosophie, Sciences de la Vie et de la Terre, économie rurale, chimie et production végétale. Ce mercredi, ils passent les épreuves de mathématiques, de créole et de Transformation des denrées agricoles. Les examens de physique, d’anglais ou d’espagnol et de gestion de l’environnement sont prévus jeudi, avant les évaluations pratiques de production végétale et de transformation des denrées agricoles, programmées vendredi.

Pour la majorité des élèves rencontrés, les sujets proposés correspondent aux connaissances acquises durant leur formation.

« Depuis le début des examens, les épreuves sont à notre portée », ont confié plusieurs candidats.

Pour Abishaïna Avril, la principale richesse de cette formation réside dans les compétences développées au-delà des salles de classe.

« Nous avons appris à mesurer et à évaluer un terrain, à déterminer la quantité de plantules nécessaires et à transformer des denrées agricoles. Nous avons également suivi des cours sur la gestion de la biodiversité, ce qui nous aide à mieux gérer les déchets dans notre communauté selon leur nature », explique-t-elle.

Selon la jeune candidate, cette filière devrait être étendue à d’autres établissements du pays.

« Nous avons eu une chance que beaucoup d’élèves du secondaire classique n’ont pas eue. Grâce à la transformation des produits agricoles, nous pouvons déjà générer des revenus et ne plus dépendre uniquement de nos parents », affirme-t-elle.

Abishaïna Avril souhaite poursuivre des études en agronomie, tout en plaidant pour une meilleure reconnaissance des compétences acquises dans cette filière.

Kerry Saint-Fleur partage le même constat. Il explique avoir déjà lancé une activité économique avec plusieurs de ses camarades.

« Avec cinq condisciples de NS4, nous avons commencé à transformer des denrées agricoles. Nous produisons du chanmchanm à partir de l’arachide, des chips de banane plantain et du vin de maïs. Nous mettons en pratique le principe de la valeur ajoutée appris au lycée et cela nous permet déjà d’augmenter nos revenus », raconte-t-il.

Le jeune candidat a également mis en place un poulailler avec cinq autres élèves. Cette expérience conforte son projet professionnel.

« Après cette formation pratique, je suis un technicien en agriculture. Mais je me vois déjà agronome à l’avenir. Je souhaite devenir scientifique dans ce domaine. Nous espérons également que les compétences développées au lycée pourront être reconnues par des équivalences dans l’enseignement supérieur », indique-t-il.

Intervenant dans les médias, le directeur de l’Enseignement secondaire du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Miguel Fleurijean, a confirmé la tenue des premiers examens de la filière technologique du Lycée Technique Agricole de Cance.

Selon lui, les diplômés disposeront déjà d’un métier technique ou professionnel à leur sortie du secondaire.

« Les élèves qui terminent ce nouveau secondaire et qui ne peuvent pas aller à l’université ont déjà un métier pour vivre. Ils peuvent intégrer le marché du travail après le baccalauréat et décider ensuite de poursuivre la voie universitaire », a-t-il déclaré.

Miguel Fleurijean annonce que d’autres établissements proposant des filières technologiques présenteront leurs premiers bacheliers dès l’année prochaine. Il cite notamment le Lycée Technique Joseph C. Bernard, situé sur la route de Frères à Port-au-Prince, qui offre la série Technologie de l’Information et de la Communication.

Créé en 2023, le LyTAC est le premier établissement public à expérimenter la série STAV dans le cadre de la mise en œuvre du Nouveau Secondaire et du Curriculum d’orientation curriculaire endogène 2024-2054.

Nesmy Manigat, ancien ministre de l’Éducation nationale et actuellement envoyé de haut niveau et conseiller du Partenariat mondial pour l’éducation, estime que cette première cohorte illustre la philosophie de cette réforme.

« C’est une révolution verte tranquille au cœur de la réforme curriculaire 2024-2054. Ce curriculum endogène promeut une citoyenneté plus active, à la fois plus ancrée dans la culture haïtienne et plus ouverte sur les compétences du XXIe siècle », a-t-il déclaré.

Il affirme que le Partenariat mondial pour l’éducation continuera à soutenir techniquement et financièrement la réforme curriculaire.

Nesmy Manigat a également salué le ministre Déméro Vijonet pour avoir assuré la continuité de cette nouvelle étape du Nouveau Secondaire. Il souhaite qu’à terme, chacun des dix départements du pays dispose d’au moins un lycée technique agricole.

 

À lire aussi : Situation en Haïti : état des lieux, enjeux et repères

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Écrit par: Viewcom04

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