Source : The New Republic / Hafiz Rashid
Au lendemain de la décision de la Cour suprême autorisant l’administration Trump à mettre fin au statut de protection temporaire — TPS — accordé aux ressortissants haïtiens, Stephen Miller, conseiller de la Maison-Blanche, a affirmé qu’Haïti était « sûre pour les Haïtiens ». Interrogé sur la situation sécuritaire du pays, il a répondu que les Haïtiens vivaient en Haïti et que les États-Unis n’avaient pas à considérer que les citoyens haïtiens ne pouvaient pas rester dans leur propre pays.
Cette déclaration intervient pourtant dans un contexte sécuritaire fortement dégradé. Washington maintient l’interdiction faite aux compagnies aériennes américaines d’atterrir à Port-au-Prince, en raison des risques liés aux groupes armés. En 2024, plusieurs avions commerciaux avaient été touchés par des tirs en Haïti, confirmant la gravité des menaces autour de l’aéroport international Toussaint-Louverture.
Le conseiller juridique du Department of Homeland Security, James Percival, a également défendu la ligne de l’administration Trump, estimant que les bénéficiaires du TPS avaient été « prévenus depuis neuf ans ». Il a ajouté que ces personnes pouvaient encore accepter une aide financière de 2 600 dollars et un vol gratuit pour retourner en Haïti.
Cette position politique contraste avec les évaluations sécuritaires américaines elles-mêmes. En Haïti, les groupes armés contrôlent de larges zones, aucune élection nationale n’est programmée et l’État reste incapable d’assurer la sécurité publique dans plusieurs secteurs stratégiques. Même la sélection haïtienne de football a dû disputer ses matchs hors du pays, le stade national de Port-au-Prince étant passé sous le contrôle des gangs.
Pour les ressortissants haïtiens concernés par la fin du TPS, la décision ouvre une période d’incertitude juridique et sociale. Beaucoup vivent et travaillent depuis des années aux États-Unis, parfois avec des enfants scolarisés et des familles établies. Le débat ne porte donc pas seulement sur une mesure migratoire, mais sur la cohérence entre le discours officiel de Washington et ses propres alertes sécuritaires concernant Haïti.
Stephen Miller Insists Haiti is Safe “for Haitians.” It Isn’t. | The New Republic
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