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Washington Evening Star, 8 juin 1967 | Fusillade des 19 officiers des FAd’H : Raymond A. Joseph affirmait que « le président Duvalier lui-même avait commandé le peloton d’exécution à Fort-Dimanche »

today2026-06-09

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C’est ce groupe d’officiers qui auraient été dégradés une semaine plus tard et mis en état d’arrestation avant d’être jugés et passés par les armes…

Washington, 12 juin (A.F.P., A.P.). – Selon des informations de source diplomatique parvenues à Washington, dix-neuf officiers haïtiens ont été exécutés jeudi dernier à Fort-Dimanche, près de Port-au-Prince. Ils étaient accusés d’avoir conspiré contre le gouvernement du Dr François Duvalier, président  » à vie  » de la République de Haïti.

Mercredi 8 juin 2026 ((rezonodwes.com))–

Le Washington Evening Star, qui donne la nouvelle, précise que les officiers avaient été arrêtés au début de juin et déférés le 4 juin devant un tribunal militaire qui les avait condamnés à mort pour  » mutinerie et trahison « . Parmi eux, se trouvaient dix membres de la garde présidentielle. Trois autres officiers également impliqués dans le complot auraient échappé au procès et au peloton d’exécution en se réfugiant dans les ambassades du Panama et du Brésil.

En représailles, le président Duvalier aurait demandé le rappel du chargé d’affaires du Brésil à Port-au-Prince, et des pressions seraient exercées par le gouvernement haïtien pour que les trois officiers réfugiés soient livrés à la police.

Selon des témoignages recueillis auprès de voyageurs arrivés à Saint-Domingue, en provenance de Port-au-Prince, les conjurés auraient été en relation avec l’ancien chef de la police militaire de l’ex-dictateur Trujillo, Johny Abbes Garcia, fusillé le 25 mai à Port-au-Prince avec sa femme et ses enfants. Le gouvernement dominicain a demandé aux autorités haïtiennes des éclaircissements sur cette dernière affaire.

Selon *M. Raymond Alcide Joseph, secrétaire général d’une organisation politique d’émigrés haïtiens hostiles au gouvernement de Port-au-Prince, c’est le président Duvalier lui-même qui a commandé le peloton d’exécution jeudi dernier à Fort-Dimanche. Après avoir dénoncé cet  » acte épouvantable  » comme  » un défi au monde civilisé « , M. Joseph en a appelé à ce dernier pour qu’il contribue à arrêter les  » tueries organisées par le fou Duvalier « .

Selon lui, l’exécution de jeudi ferait suite à une lutte sourde engagée au palais présidentiel de Port-au-Prince au sein même de la famille de M. Duvalier depuis les incidents qui troublèrent en avril dernier les cérémonies du dixième anniversaire de l’accession au pouvoir de  » Papa Doc « .

Dans les milieux de l’opposition on rappelle en effet que dès le 24 avril le président avait décidé de transférer à des postes éloignés de la capitale haïtienne plusieurs officiers de sa garde qui étaient liés d’amitié avec son gendre, le lieutenant-colonel Max Dominique. Toujours selon les mêmes milieux, c’est ce groupe d’officiers qui auraient été dégradés une semaine plus tard et mis en état d’arrestation avant d’être jugés et passés par les armes.

*Raymond Alcide Joseph est le co-fondateur du plus ancien hebdomadaire de la diaspora haitienne, Haiti-Observateur.

recherches: cba
sources: Washington Evening Star (archives)

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