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Haïti: la nouvelle force internationale anti-gangs ne résoudra pas «les causes profondes de la violence»

today2026-04-02

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Haïti est toujours sous le choc après le massacre commis par le gang Gran Grif dans le département de l’Artibonite ce week-end. Selon les Nations unies, au moins 70 personnes ont été tuées. C’est dans ce contexte que s’apprête à être déployée ce mois-ci, en avril 2026, la Force de Répression des Gangs (FRG), approuvée par les Nations unies. Une force internationale qui peut apporter un « soulagement à court terme », mais qui, à long terme, risque de prolonger ou même d’aggraver la crise sécuritaire, estime Jake Johnston, directeur de la recherche internationale au Center for Economic and Policy Research à Washington.

Après la fin en octobre 2025 du mandat de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), composée principalement de policiers kényans, la FRG doit venir soutenir les forces de sécurité haïtiennes à partir de ce mois d’avril. Proposée par le Panama et les États-Unis et approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU en septembre dernier, elle doit compter 5 500 membres, notamment des policiers et gendarmes venus du Tchad. Mieux dotée que la MMAS, la FRG peut-elle espérer obtenir de meilleurs résultats sur le terrain ?

« Cette force est présentée comme plus meurtrière, capable de mener des opérations très musclées, mais on n’a pas entendu parler d’un plan global pour stabiliser réellement Haïti, estime Jake Johnston, directeur de la recherche internationale au Center for Economic and Policy Research à Washington. Les interventions étrangères peuvent apporter un soulagement à court terme, mais à long terme, elles engendrent souvent la crise même qu’elles prétendent résoudre », poursuit-il, sceptique, au micro de RFI.

Porosité entre brigades d’auto-défense et gangs

Pour le chercheur, la crise haïtienne ne peut se réduire à une question strictement sécuritaire. « Quand on parle d’instabilité en Haïti, il ne s’agit pas seulement de violence physique. Il faut s’attaquer aux causes profondes. […] Les dernières élections, par exemple, ont enregistré moins de 20 % de participation et n’ont pas permis de rétablir la confiance  », souligne Jake Johnston, qui appelle à un « processus de paix » associant les citoyens, afin de tenter de « rétablir une forme de confiance » vis-à-vis des institutions. « Car la police haïtienne affirme avoir tué des milliers et des milliers de membres de gangs, mais la situation n’a cessé de se détériorer. Et près de 60 % de ces décès sont le fait de la police. Cela montre clairement que cette approche sécuritaire seule n’est pas la solution », tranche-t-il.

L’émergence de groupes d’autodéfense civils constitue selon lui un motif d’inquiétude supplémentaire. « On comprend la volonté des citoyens de se protéger en l’absence de l’État, mais les frontières s’estompent dangereusement », rappelle‑t‑il, citant le cas récent d’un ancien chef de brigade ayant rejoint un gang impliqué dans le massacre dans l’Artibonite ce week-end.

Ingérence des États‑Unis

« Les États‑Unis agissent avant tout pour empêcher l’effondrement de l’État haïtien et la migration qui en découlerait. Ce sont des intérêts nationaux, pas une intervention neutre », affirme Jake Johnston, interrogé sur le rôle des États-Unis, qui ont soutenu publiquement le maintien au pouvoir du premier ministre de transition, Alix Didier Fils-Aimé. À ses yeux, l’histoire montre que les interventions étrangères en Haïti (notamment les forces internationales) ont jusqu’ici davantage servi le pouvoir en place plutôt que conduit à engager des réformes.

Artemis 2 : décollage imminent d’un vol habité vers la Lune

Pour la première fois depuis plus de cinquante ans, des astronautes doivent s’envoler vers la Lune. La mission Artemis 2, deuxième étape du programme lunaire de la Nasa et première à embarquer un équipage, doit s’élancer ce mercredi dans le ciel de la Floride. Quatre astronautes doivent prendre place à bord de la capsule Orion pour un vol de dix jours autour de la Lune. Après de nombreux reports et difficultés techniques, la Nasa se montre confiante. La phase de remplissage de la fusée SLS, un lanceur de 100 mètres de haut, reste toutefois décisive. Plus de 1 000 tonnes de carburant doivent être chargées, une étape critique qui avait entraîné l’annulation des précédentes tentatives en février et mars derniers de l’année 2026, explique Simon Rozé, du service sciences et environnement de RFI.

Une mission préparatoire avant un futur alunissage

Artemis 2 n’a pas vocation à se poser sur la Lune. L’objectif est de la survoler afin de préparer un futur alunissage, prévu à ce stade pour 2028 avec Artemis 4. Pendant dix jours, l’équipage testera l’ensemble des systèmes de la capsule Orion et mènera plusieurs expériences scientifiques. L’enjeu symbolique est majeur : aucun humain ne s’est approché de la Lune depuis la mission Apollo 17, en 1972. Une responsabilité que l’équipage mesure pleinement. « On a pris l’habitude de la regarder comme un sujet d’étude… mais parfois, je fais un pas en arrière et je la regarde depuis mon jardin, et je me dis : “punaise, c’est quand même super loin”, a souligné l’astronaute canadien Jeremy Hansen. Tout le monde peut regarder la Lune avec une paire de jumelles. Et c’est important pour nous de comprendre comment d’autres cultures la considèrent. Quand nous rentrerons, nous pourrons rappeler que l’humanité partage la même Lune dans le ciel », confiait‑il récemment.

Un voyage « pour l’humanité entière  » ?

L’équipage — Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen — a surnommé son véhicule « Integrity ». Un nom qui reflète, selon eux, la portée universelle de la mission.

S’ils portent l’écusson de la Nasa, les astronautes insistent sur le fait qu’ils volent « pour l’humanité entière ». Mais la politique n’est jamais bien loin : le programme Artemis est aussi une manière pour les États-Unis de se positionner face à la Chine et pour Washington d’affirmer son leadership spatial face à Pékin.

Dans le journal des Outre‑mer…

En Guadeloupe, le Conseil départemental a adopté ce mardi 31 mars 2026, son budget primitif pour 2026 explique Julien Talérien, de La 1ère.

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