La commune de Delmas est devenue, pour de nombreux habitants, l’un des épicentres des enlèvements contre rançon. Entre octobre 2025 et février 2026, les cas se sont multipliés, installant un climat de peur permanent.
Ce vendredi matin (6 mars 2026), le calme règne à Delmas 75. Les véhicules sont rares et filent à vive allure. Quelques marchands installent déjà leurs petits commerces sur les trottoirs. Mais derrière cette apparente normalité, dans les cœurs, la peur s’installe. À la base : le phénomène du kidnapping. Magdala, 24 ans, est assise calmement sur une place publique de la zone. L’enlèvement récent d’une jeune fille de son quartier la scandalise.
« Ce n’est pas normal qu’en tant que jeune, on vive dans un pays où l’on n’arrête pas d’enlever des personnes, parfois pour les violer (…) Une jeune fille qui aurait pu être utile à sa famille… soit elle est violée, soit elle est tuée par la suite. Ce pays est devenu invivable », dénonce-t-elle au micro de notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama.
Entreprise florissante pour les malfrats, drame sans nom pour les familles, le kidnapping prend de l’ampleur. « Pour moi, le kidnapping est le moyen le plus rapide de décapitaliser une famille, parce qu’on exige de la victime le paiement d’une rançon, des sommes que la plupart des familles n’ont pas accumulées durant des décennies. À une certaine époque, on pouvait attribuer les enlèvements uniquement aux bandits et aux groupes de gangs armés organisés. Mais aujourd’hui, il y a même des agents des forces de l’ordre, censés nous protéger, qui seraient impliqués dans des réseaux de kidnapping », avance Josué Estinvil, habitant de Delmas.
De graves séquelles
Le kidnapping frappe à la porte de tous. Jeunes ou adultes, femmes ou filles, aucune catégorie n’est épargnée. Une situation dénoncée par les organisations de défense des droits humains. « D’octobre 2025 à février 2026, nous avons constaté dans la commune de Delmas une hausse des cas d’enlèvements suivis de séquestrations contre rançon, rapporte Marie Rosy Auguste Ducenat, responsable de programmes au sein du Réseau national de défense des droits humains. Il s’agit d’un phénomène qui laisse des séquelles graves, des séquelles énormes chez les victimes, particulièrement chez les femmes et les filles qui sont souvent violées ou qui sont menacées d’être violées. Elles nous affirment par la suite se sentir souillées même si elles n’ont pas effectivement subi de viol. »
Aujourd’hui, dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, notamment dans la commune de Delmas, la peur dicte les déplacements, modifie les habitudes et fragilise davantage un tissu social déjà éprouvé.
Des législatives dans le calme en Colombie
La Colombie a voté hier (8 mars 2026) pour renouveler la Chambre basse et le Sénat. Des élections législatives tests à trois mois de la présidentielle, marquées par une forte progression de la coalition de gauche du chef de l’État sortant Gustavo Petro. El Espectador estime que ces élections ont été un succès pour les institutions colombiennes. Le processus a certes été entaché par des accusations de fraudes, de corruption, de la violence, mais El Espectador préfère retenir que la polarisation et les tensions n’ont pas empêché l’élection d’un Congrès diversifié, représentant l’ensemble du spectre politique.
D’autant qu’avec 21 millions de Colombiens qui se sont déplacés aux urnes, la participation est la plus élevée depuis 1990. C’est ce que souligne La Silla Vacia. El Tiempo juge de son côté que ce scrutin est l’illustration d’« une démocratie solide ». « Démocratie, nom féminin », titre enfin El Colombiano. Car hasard du calendrier, ces élections législatives se sont tenues le même jour que la journée internationale des droits des femmes. Et il s’avère qu’hier, (8 mars 2026) 40% des candidats au Congrès étaient des candidates.
Un progrès. Mais El Colombiano estime que c’est encore trop peu, alors que les femmes représentent 51% de la population colombienne.
Dans le New York Times, vous pourrez lire comment un décret présidentiel sur le glyphosate signé le mois dernier (février 2026) protège aussi la production d’une arme extrêmement controversée. Ça se passe cette fois aux États-Unis. Le glyphosate, c’est ce désherbant accusé d’être cancérigène. Il est fabriqué par l’entreprise allemande Bayer. Et il est notamment composé de phosphore blanc, un produit également fabriqué par Bayer qui sert aussi pour produire les munitions incendiaires de l’armée états-unienne. Et qu’Israël est accusée de l’avoir utilisé contre des civils à Gaza et au Liban en 2023.
Concerts de casseroles à La Havane
À Cuba, où les coupures de courant se multiplient en raison du blocus énergétique imposé par les États-Unis. Ce qui provoque la colère d’une partie de la population. La contestation enfle à La Havane malgré une forte présence policière, notamment dans les quartiers de Regla et Guanabacoa. C’est que rapporte 14ymedio. Ces manifestations contre le pouvoir s’accompagnent de feux de déchets. « Un geste significatif, écrit 14ymedio, car les déchets qui inondent la ville reflètent la misère dans laquelle vit la population ».
En Bolivie, les zones de recharges hydriques, souvent situées en montagne, sont essentielles, car elles fournissent de l’eau aux communautés proches mais également aux villes et villages alentour. En échange de la protection de ces zones, les habitants des zones rurales reçoivent de l’aide pour améliorer leur accès à l’eau ou pour développer des activités économiques respectueuses de l’environnement. Reportage au nord de la capitale La Paz, par notre correspondant Nils Sabin.