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Par Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 09 mars 2026
Dans un pays où l’Université d’État d’Haïti (UEH) peine à assurer son fonctionnement, la révélation d’un financement public d’environ 150 millions de gourdes accordé à l’Université Quisqueya (UniQ), dirigée par le recteur Jacky Lumarque, soulève une question fondamentale : le gouvernement peut-il financer une université privée et dans quelles conditions juridiques et politiques ?
Derrière ce dossier se dessine un débat de fond sur le rôle de l’État dans l’enseignement supérieur, sur la régulation du financement public et sur les exigences de transparence dans l’utilisation des ressources publiques.
Une subvention publique qui interroge
Selon des informations révélées par des organisations de veille citoyenne, l’Université Quisqueya aurait reçu trois versements de 50 millions de gourdes chacun en provenance du Trésor public en 2025.
Ces décaissements, enregistrés dans les documents de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique, totaliseraient 150 millions de gourdes.
La question centrale n’est pas seulement celle du montant, mais surtout celle de la justification administrative et légale de ces transferts.
Dans un contexte budgétaire marqué par la précarité du système universitaire public, professeurs impayés, infrastructures dégradées, bibliothèques insuffisantes, l’opinion publique s’interroge sur l’opportunité d’un financement massif accordé à une institution privée.
L’Université Quisqueya : une institution privée reconnue
Fondée en 1988, l’Université Quisqueya est une institution privée reconnue par l’État
haïtien et dirigée depuis 2007 par le professeur Jacky Lumarque. Elle se présente comme une université à vocation nationale, engagée dans la formation, la recherche et les services à la communauté.
Son modèle repose principalement sur les frais de scolarité, les partenariats et les dons, comme en témoigne par exemple une donation de 500 000 dollars de la BRANA destinée à financer des travaux de recherche agricole.
Mais l’existence de financements privés n’exclut pas, en principe, une participation de l’État, à condition que celle-ci soit encadrée par des règles claires de politique publique.
Les prescrits légaux : quelle responsabilité pour l’État ?
En matière d’éducation, l’État haïtien a une responsabilité constitutionnelle et politique de garantir l’accès au savoir et de soutenir le développement de l’enseignement supérieur.
Dans la pratique, cette responsabilité s’exerce principalement à travers : le financement de l’Université d’État d’Haïti (UEH). La régulation et l’accréditation des universités privées par le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Des subventions ou partenariats publics pour des programmes de recherche ou de formation.
Dans plusieurs pays, l’État finance aussi bien les universités publiques que privées, mais selon des critères transparents de performance académique, de recherche ou d’intérêt national.
Le recteur Jacky Lumarque lui-même a déjà plaidé pour une participation plus active de l’État au financement des universités, en rappelant que dans certains systèmes universitaires étrangers les établissements privés peuvent bénéficier de subventions publiques.
Toutefois, cette pratique suppose des mécanismes institutionnels stricts : appels à projets, contrats-programmes, évaluations académiques et contrôle de la Cour supérieure des comptes.
Une question de gouvernance et d’équité
Dans le contexte haïtien, la controverse actuelle met surtout en lumière une crise de gouvernance publique.
Trois interrogations dominent le débat : quelle base légale a permis le décaissement de ces fonds ? Quels objectifs académiques ou scientifiques justifiaient cette subvention Pourquoi l’Université d’État d’Haïti, principal pilier du système universitaire, demeure-t-elle structurellement sous-financée ?
Ces interrogations prennent une dimension politique dans un pays où l’opacité budgétaire nourrit depuis longtemps les soupçons de favoritisme, de clientélisme ou de gestion discrétionnaire des fonds publics.
Entre nécessité de soutenir l’enseignement supérieur et exigence de transparence
Le véritable enjeu n’est peut-être pas de savoir si une université privée peut recevoir des fonds publics. Dans une perspective de développement national, l’État peut légitimement soutenir toutes les institutions capables de produire du savoir, de former des cadres et de contribuer à la recherche.
Mais ce soutien doit reposer sur trois principes fondamentaux : la légalité administrative. La transparence financière. L’équité dans la répartition des ressources.
Sans ces garanties, toute intervention publique risque d’être perçue non comme une politique éducative, mais comme un privilège accordé à certaines institutions au détriment de l’intérêt général.
Une affaire révélatrice du malaise universitaire haïtien
Au-delà de la polémique autour de l’Université Quisqueya, cette affaire révèle surtout la fragilité du système d’enseignement supérieur haïtien.
Dans un pays où la recherche scientifique reste très peu financée et où les universités disposent de moyens limités pour produire des connaissances, la question du financement universitaire demeure l’un des défis majeurs du développement national.
Le débat actuel pourrait donc être l’occasion d’ouvrir une réflexion plus large : quelle politique nationale pour l’enseignement supérieur en Haïti ?
Car la véritable question n’est pas seulement celle de 150 millions de gourdes, mais celle de la vision de l’État pour l’avenir intellectuel du pays.
Reynoldson Mompoint, Avocat,
Communicateur Social, Journaliste
WhatsApp +50937186284
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