Trois jours après le déclenchement de l’opération « Fureur épique », l’administration Trump est toujours très attendue sur les justifications des frappes contre l’Iran.
Les journaux s’interrogent sur les objectifs de Donald Trump en Iran. Car ceux-ci semblent changer de jour en jour. Il a d’abord été question d’éliminer la menace nucléaire iranienne, puis de faire tomber le régime des mollahs. Mais, cette idée semble désormais être abandonnée. Alors le Globe and Mail au Canada se pose la question : Donald Trump veut-il un changement de régime ou simplement « tondre le gazon », c’est-à-dire affaiblir l’adversaire ? Le quotidien prévient : « Tout comme l’herbe, la puissance militaire peut repousser. Tout comme l’herbe, il faudra peut-être la tondre à nouveau dans quelques mois ou quelques années ».
Pour Politico, en tout cas, un scénario à la vénézuélienne, c’est-à-dire décapiter le régime pour laisser s’installer un pouvoir plus coopératif, est difficilement envisageable. L’Iran n’est pas le Venezuela, avertit Politico. Il ne s’agit pas d’un pouvoir mafieux en place depuis un quart de siècle, mais d’une théocratie installée depuis cinq décennies. Et contrairement au Venezuela, et bien que Donald Trump ait affirmé le contraire dimanche (1er mars 2026), son administration n’a identifié aucun successeur à l’ayatollah Khamenei.
Un pari à hauts risques
La presse se penche également sur les conséquences politiques de ce conflit pour Donald Trump. C’est le cas du New York Times, pour qui le locataire de la Maison Blanche joue là son propre avenir politique, mais aussi celui de son parti. Car même si sa base semble le soutenir pour l’instant, certains de ses alliés disent craindre en privé que les coûts de cette guerre soient plus élevés que les gains. Cela, relève le New York Times, risque de placer les candidats républicains aux élections de mi-mandat dans une position délicate si le conflit tourne mal ou si l’Iran sombre dans le chaos. Devront-ils continuer à soutenir leur chef ou, au contraire, prendre leurs distances ?
Aux États-Unis, toujours, le couple Clinton a été entendu vendredi (27 février 2026) à huis-clos, et sous serment, par une commission de la Chambre des représentants sur ses liens avec le milliardaire pédocriminel. Les vidéos de ces auditions ont été rendues publiques hier (2 mars). Deux vidéos de chacune un peu plus de quatre heures et demie, et dont la presse propose un condensé.
C’est le cas de Politico, qui liste les plus grandes révélations de ces dépositions. C’est du moins comme ça qu’il le titre. On y apprend notamment comment l’ex-président a rencontré Epstein – c’était en 2001 ou 2002, à bord de l’avion du financier. On y lit aussi que Bill Clinton ne savait rien des activités sexuelles de l’entourage d’Epstein. Les femmes qu’il a croisées dans le jet du milliardaire ? Il pensait qu’il s’agissait simplement d’hôtesses de l’air.
À Cuba, Granma frappé par la crise
À Cuba, Granma, le journal officiel, ne paraîtra désormais qu’une fois par semaine. Dernier symptôme d’un pays au bord de l’asphyxie. « L’agonie de Granma, porte-voix d’un régime acculé par la crise », titre ainsi 14ymedio. « Avec ses quelques pages et ses titres triomphalistes, écrit le site d’information, le principal média de propagande du régime cubain est la victime la plus récente de la crise énergétique qui frappe l’île. Mais sa coupure, plus qu’une perte d’informations, est le signe de la fin d’un modèle d’endoctrinement », poursuit 14ymedio qui nous conduit dans un pays où les journaux servent de couvertures aux sans-abris, et où les étudiants en journalisme sont privés de cours à cause des coupures de courant.
Sur le site d’El Estornudo, enfin, vous lirez le portrait de celui avec qui Washington pourrait bien négocier l’avenir du régime cubain. Il s’appelle Raul Guillermo Rodriguez Castro. Mais en raison d’une malformation à la main, on le surnomme « le Crabe ». C’est le petit-fils de l’ex-président Raul Castro. Son préféré. Et c’est celui sur qui le secrétaire d’État états-unien Marco Rubio aurait jeté son dévolu. « L’avenir de Cuba entre les pinces du Crabe », c’est donc à lire sur le site d’El Estornudo.
Haïti face aux défis climatiques
En Haïti, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales veut des « réponses structurées » pour renforcer la prévention face aux défis climatiques. « Les autorités insistent sur le rôle des collectivités territoriales dans le contrôle de l’urbanisation, la protection des zones à risques et la sensibilisation des communautés, tout en appelant au renforcement des équipements, de la formation et des systèmes d’alerte. Des engagements récurrents mais qui peinent à se concrétiser alors que les inondations meurtrières la semaine dernière dans le nord rappellent l’urgence d’agir », remarque Gotson Pierre, directeur d’Alterpresse.
Sur Alterpresse, le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti estime, dans une tribune, que depuis que le pouvoir a été transmis uniquement à Alix Didier Fils-Aimé, la police a changé d’attitude et qu’elle interviendrait moins efficacement sur le terrain. Il dénonce une instrumentalisation de la violence à des fins politiques. « Delmas connaît depuis le début de l’année une recrudescence des enlèvements, y compris impliquant des policiers », relève Gotson Pierre.
C’est un événement très important pour les peuples indigènes de Méso-Amérique : les dix ans de l’assassinat, au Honduras, de la militante environnementale indigène Berta Caceres. Des rassemblements sont prévus toute la semaine, dans les communautés indigènes du Guatemala, de Salvador, du Costa Rica ou encore du Mexique pour rendre hommage à cette militante indigène hondurienne, lauréate du prix Goldman pour l’environnement.
Berta Cáceresa a été assassinée par balle, dans la nuit du 2 au 3 mars 2016, dans sa maison. Elle était à la tête d’un mouvement qui s’opposait à la construction de plusieurs barrages hydroélectriques sur les fleuves du centre du Honduras. Dix ans après sa mort, elle incarne toujours cette lutte : celle pour la défense des terres, des rivières face à l’extraction intensive des ressources naturelles. Un dossier de notre correspondante à Tegucigalpa, Marie Griffon.