En Haïti, l’Unicef estime que les enrôlements d’enfants par les gangs ont triplé en un an et qu’aujourd’hui, les moins de 18 ans représenteraient jusqu’à la moitié de leurs membres.
Plus de 80% de Port-au-Prince sont aux mains des gangs. Mais qui compose ces groupes criminels ? Comment sont-ils recrutés ? Et peuvent-ils en sortir ? D’après les chiffres de l’Unicef, 30 à 50 % d’entre eux ont moins de 18 ans. Ils sont donc des milliers à avoir été recrutés de force. Et seule une poignée d’entre eux parvient parfois à en sortir. Dans la capitale, un « centre de transit » pour enfants et adolescents les accompagne pour les aider à se réinsérer dans la société haïtienne. Un reportage de Justine Fontaine et Achim Lippold.
Au-delà de ces enfants qui échappent aux gangs, les autres ne sont pas non plus épargnés par les violences. Au contraire. Beaucoup sont traumatisés, non seulement par les groupes criminels mais aussi par la police. C’est ce qu’explique Patrick Joseph, qui œuvre en tant que travailleur social dans plusieurs quartiers sous contrôle des gangs. Il a déménagé avec sa famille à quatre reprises ces dernières années.
« Ce qui est difficile, c’est de se réveiller le matin sans savoir à quoi s’attendre ni ce que l’enfant va voir sur le chemin. Un jour, mon fils a vu trois, quatre cadavres sur la route de l’école. Quand je suis allé le chercher, il m’a demandé si l’on avait retiré les corps qu’il avait vus par terre », raconte Patrick Joseph au micro de RFI.
La question de la police haïtienne est justement abordée par Le Nouvelliste, qui appelle à se pencher sur son fonctionnement. Il faut sauver son âme pour sauver la République, estime le rédacteur en chef du quotidien, Frantz Duval. Le Nouvelliste nous parle aussi de la volonté de la mairie de Delmas de détruire les constructions illégales qui empiètent sur les trottoirs.
Nouveau revers judiciaire pour Donald Trump
La presse du continent nous conduit aussi aux États-Unis, où Donald Trump vient d’enregistrer une nouvelle défaite sur le terrain judiciaire. Un grand jury de Washington a refusé mardi (10 février 2026) d’inculper six élus démocrates, deux sénateurs et quatre membres de la Chambre qui, en novembre 2025, avaient appelé l’armée à désobéir « aux ordres illégaux ».
Cela avait déclenché la fureur de Donald Trump qui les avait accusés sur son réseau Truth Social de trahison, et réclamé la peine de mort. Et aux États-Unis, aujourd’hui, quand le président ordonne, le ministère de la Justice exécute. « De nos jours, écrit le Washington Post, personne au ministère de la Justice n’a la réputation ou le courage de dissuader efficacement le président de donner des ordres contre-productifs ou illégaux. C’est pourquoi les procureurs ont tenté de faire ce que Trump leur demandait. »
Le FBI a commencé à enquêter. Le bureau du procureur de Washington a tenté de faire inculper les six élus. Il a affirmé qu’ils avaient enfreint une loi interdisant toute atteinte à la loyauté, au moral ou à la discipline des forces armées. Sauf qu’une telle loi, estime le Washington Post, « violerait évidemment le Premier Amendement », celui sur la liberté d’expression, « si elle criminalisait les discours politiques exhortant les membres de l’armée à respecter la loi ». « La provocation politique n’est pas un crime, rappelle le quotidien. Les membres du Congrès doivent pouvoir critiquer l’utilisation de l’armée par le pouvoir exécutif. ». Échec donc.
Ce n’est pas la première fois qu’un grand jury rejette une telle demande d’inculpation. C’est même de plus en plus fréquent depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. C’est ce que relève le New York Times. Pourtant, rappelle le quotidien, ces jurys composés de citoyens ordinaires étaient jusque-là plutôt connus pour suivre les demandes des procureurs. Ou, comme l’écrit ironiquement The Nation, pour leur capacité à « inculper un sandwich au jambon ». Mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, titre l’hebdomadaire, « les grands jurys sauvent la démocratie ». Car avant l’épisode de mardi, d’autres grands jurys locaux ont refusé d’inculper la procureure générale de New York ou des citoyens surveillant les opérations de l’ICE à Chicago.
Au Venezuela, le pari d’Harry Sargeant et l’espoir d’une jeune femme
En visite au Venezuela, le ministre états-unien de l’Énergie Chris Wright a promis une « hausse spectaculaire » de la production de pétrole. Cela ferait bien les affaires du magnat de l’Énergie Harry Sargeant, qui lorgne depuis des années sur les réserves du pays et qui est donc en passe de remporter son pari.
Le Wall Street Journal consacre un long portrait à ce milliardaire de 68 ans qui, avant le raid du 3 janvier conduisant à l’enlèvement de Nicolas Maduro, était le seul à faire régulièrement la navette entre la résidence floridienne de Donald Trump et le palais présidentiel vénézuélien. Au point que le président déchu le surnommait affectueusement « abuelo » – « grand-père ». Au point aussi que l’activiste vénézuélien Thor Halvorssen le qualifie de « super-méchant » qui donne la priorité à son profit personnel.
Toujours au Venezuela, le Parlement doit adopter ce jeudi (12 février 2026) une loi d’amnistie historique. Cela redonne de l’espoir à Angel Gomez. Elle se souvient de ce matin du 15 avril 2022, où elle avait regardé sa mère se préparer pour aller au travail. Ses bottes bien lustrées, cet insigne de la police municipale de Zamora cousu sur la manche de son uniforme. Elle pensait assister à ce moment où sa mère se transforme en super-héroïne pour affronter sa journée. C’était en fait le début d’un cauchemar qui dure depuis quatre ans. Et que nous raconte TalCual.
La mère d’Angel Gomez a été inculpée notamment d’abus de pouvoir et de corruption. Treize chefs d’accusation au total, en lien avec une sombre affaire d’expropriation ordonnée par le maire de Zamora et de lutte politique. Quatre ans, donc, pendant lesquels Angel Gomez s’est tue par peur des représailles. Jusqu’au 8 janvier 2026, lorsque le président de l’Assemblée nationale a promis la libération des prisonniers politiques. Alors Angel Gomez a pris son téléphone pour raconter son histoire sur les réseaux sociaux. C’était à son tour de sauver sa super-héroïne. Aujourd’hui, à l’heure où l’Assemblée s’apprête à voter, elle se prend donc à rêver.