Non classé

États-Unis: «Tous les Haïtiens, légaux ou illégaux, ont peur de l’ICE»

today2026-02-05

Arrière-plan
share close

Dans l’espoir de calmer les critiques, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem a indiqué que tous les agents de l’ICE allaient désormais être équipés de caméras-piétons. Mais leur présence inquiète toujours une partie de la population, en particulier les immigrés. Et notamment les Haïtiens.

« Tous les Haïtiens, légaux ou illégaux, ont peur des activités de l’ICE à Minneapolis, témoigne David Policard, directeur de l’ONG VanneSé, auprès de notre envoyé spécial Vincent Souriau. Beaucoup ont abandonné leur boulot par crainte d’être interpellés en se rendant au travail. »

Pour ces personnes sans emploi, s’alimenter devient difficile. Conduire les enfants à l’école s’avère également périlleux. « Donc, nous, on fait tout : la livraison de nourriture, déposer les gens au travail…, confie David Policard. Parce que moi, je passe pour un Afro-Américain. Je ne suis pas la cible. Les personnes ciblées, on sait qui elles sont : les Latinos, les Somaliens, les Asiatiques. »

 

L’arme secrète de la Sécurité intérieure

Le département de la Sécurité intérieure déploie une arme secrète contre les citoyens ordinaires. Jon a découvert son existence à ses dépens. C’est le Washington Post qui nous le raconte. Jon, c’est un jeune retraité de 67 ans qui vit en banlieue de Philadelphie. En octobre 2025, il apprend en lisant son journal qu’un réfugié afghan est menacé d’expulsion. Et ça, Jon ne peut pas laisser faire. Il se dit que l’Amérique en laquelle il croit ne peut pas tenir si les citoyens comme lui ne s’expriment pas. Alors il rédige un mail au procureur depuis sa messagerie Google. Un mail tout à fait correct où il lui rappelle la situation en Afghanistan. Il lui demande de faire preuve de bon sens et de décence. Et il envoie.

Cinq heures et une minute plus tard, mail de Google. L’entreprise l’informe qu’elle a reçu une assignation administrative du département de la Sécurité intérieure. Elle doit lui transmettre des informations relatives au compte de Jon. Jon ne comprend pas. Il pense d’abord à une erreur. Et puis il se demande : ce n’est quand même pas à cause de ce mail ?

L’assignation administrative, explique le Washington Post, c’est une procédure que les agences fédérales peuvent déclencher sans l’ordre d’un juge ou d’un grand jury. Ça leur permet d’agir vite. Par exemple contre un prédateur sexuel ou un trafiquant de drogue. Mais pour les organisations de défense des droits, ça sert surtout à étouffer la liberté d’expression. Les experts estiment que la Sécurité intérieure en émet des dizaines de milliers chaque année. Pour identifier des utilisateurs d’Instagram qui se sont exprimés sur les interventions de l’ICE, par exemple. Ou pour exiger les informations personnelles de 7 000 travailleurs de la santé du Minnesota qui ont protesté contre l’intrusion de la police de l’immigration dans un hôpital. Et tout cela, sans aucun contrôle.

Trois navires de guerre dans la baie de Port-au-Prince

En Haïti, trois navires de guerre états-uniens sont arrivés dans la nuit dans la baie de Port-au-Prince. « Leur présence reflète l’engagement indéfectible des États-Unis en faveur de la sécurité, de la stabilité et d’un avenir meilleur pour Haïti », déclare un communiqué de l’ambassade des États-Unis en Haïti. Ce déploiement intervient six jours après une audition de Marco Rubio au Congrès. Le chef de la diplomatie états-unienne avait évoqué la « posture de guerre » que l’administration Trump voulait adopter contre les organisations criminelles opérant en Haïti et dans la région. Mais ce déploiement a lieu aussi à quatre jours du 7 février, qui signe la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition.

Alors le rédacteur en chef du Nouvelliste, Frantz Duval, s’interroge : ces navires sont-ils des bâtons ou des carottes ? « Il va falloir attendre et voir si ce déploiement vise à marquer un tournant au plan politique sécuritaire et/ou à dissuader toute aventure politique désespérée », écrit-il. « Toutes les initiatives pour peser sur la prochaine transition vont se mener sous l’œil vigilant et armé des bateaux américains. Certains y voient la politique du gros bâton, d’autres l’opportunité d’une carotte comme une main tendue pour aider Haïti à passer un mauvais moment. »

 

Étudiants et proches de prisonniers politiques manifestent à Caracas

Une manifestation convoquée notamment par les étudiants s’est tenue hier (3 février 2026)  au sein de l’Université centrale du Venezuela. En présence aussi de proches de détenus. C’est El Nacional qui le rapporte. Parmi les manifestants, il y avait Fanny Lozada, qui a raconté les tortures qu’avaient subies son petit-fils… âgé de seulement 15 ans.

Une manifestation qui s’est donc tenue un mois tout pile après l’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores par l’armée états-unienne. TalCual, justement, consacre tout un dossier à ce mois sans Maduro. Sur le site du journal, vous pourrez trouver un article qui décrit les conditions d’incarcération du couple dans sa prison de Brooklyn. Un autre sur la façon dont la présidente par intérim Delcy Rodriguez et son frère, qui est président de l’Assemblée nationale, étendent leurs pouvoirs en écartant des fidèles de Maduro. Et un troisième sur un pays partagé entre la prudence et l’espoir.

Pendant ce temps, la présidente par intérim Delcy Rodriguez assure « travailler intensément » sur la loi d’amnistie générale qu’elle a proposée la semaine dernière. Pour le moment, les remises en liberté se font au compte-gouttes, et les défenseurs des droits humains attendent le vote de ce texte qui devrait permettre de blanchir tous les détenus pour des motifs politiques. Notre correspondante à Caracas, Alice Campaignolle, a rencontré des familles qui attendent la libération de leurs proches.

 

La Bolivie se forme au tourisme

La Bolivie, elle, se prépare pour le carnaval d’Oruro, l’un des événements touristiques les plus importants du pays. Ce sera ce week-end. L’an dernier (2025), le carnaval avait attiré près d’un demi-million de visiteurs, et généré plus de 50 millions d’euros de revenus pour cette ville située à un peu plus de 200 kilomètres de La Paz.

Le nouveau président, Rodrigo Paz Pereira, veut justement développer la place du tourisme dans l’économie, pour faire face à la crise qui touche le pays. Un programme de formation des personnels dans les bars, cafés et restaurants d’Oruro a d’ailleurs été mis en place, ces dernières semaines, et il devrait être étendu à toute la Bolivie. C’est un dossier de Nils Sabin.

Écrit par:

Rate it

Articles similaires

Non classé

En Bolivie, le gouvernement se mobilise contre la pédocriminalité

En Bolivie, une commission contre l'impunité en matière de délits sexuels contre les mineurs doit se mettre au travail début mars 2026, trois ans après que le pays a été secoué par une affaire au sein de l’Église catholique. Mais la méthode choisie laisse certaines victimes sceptiques. Le scandale éclate […]

today2026-02-21


Radio Tv Dromage
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.