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«Donald Trump se comporte comme un gangster»

today2026-01-21 1

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Depuis son retour à la Maison Blanche, il y a un an, Donald Trump précipite les États-Unis et le monde vers le chaos en multipliant les menaces qui se traduisent souvent en actes.

« Quand vous y pensez, on ne devrait même pas avoir besoin d’élections », lâchait la semaine dernière Donald Trump auprès d’un journaliste de Reuters. Une plaisanterie, a rassuré la Maison Blanche. Mais la phrase a provoqué l’émoi aux États-Unis. Le président peut-il vraiment annuler les midterms prévues en novembre 2026 ?

« Donald Trump peut tout faire : tricher, changer les circonscriptions en sa faveur, constate l’avocat et défenseur des droits de l’homme Reed Brody. Et on se trouve à un moment où les contre-pouvoirs traditionnels ne fonctionnent pas. Les élus républicains sont tétanisés à l’idée d’avoir face à eux lors des primaires un candidat désigné par Trump, les grands médias privilégient leurs intérêts commerciaux… Quant à la justice, plus on monte dans l’appareil judiciaire, plus on trouve des juges acquis à Donald Trump. » Longtemps tétanisé, le camp démocrate semble depuis quelques semaines organiser la résistance.

Donald Trump, c’est aussi une saturation de l’espace médiatique, des déclarations intempestives, des provocations permanentes… « Un président ne devrait pas parler comme ça. Il se comporte comme un gangster, observe Olivier Richomme, maître de conférences à l’Université de Lyon II. Il pense pouvoir changer la réalité par les mots. »

 

Les conséquences d’une rupture avec l’allié européen

Sa dernière lubie : acquérir le Groenland. « Un impératif national et mondial », répète à l’envi Donald Trump, qui a menacé de surtaxes douanières les pays européens qui s’y opposeraient. Le sujet est largement traité par la presse du continent, et notamment le Wall Street Journal qui s’interroge : « Qu’est-ce qu’une rupture avec l’Europe signifie pour l’économie états-unienne ? » Car les deux économies sont étroitement liées, avec des milliers de milliards de dollars d’investissements de part et d’autre. Si une guerre commerciale éclatait, elle serait dévastatrice pour l’Europe, prévient le Wall Street Journal. Mais elle aurait aussi de lourdes conséquences pour les États-Unis.

La première : une diminution des ventes des entreprises américaines vers l’Europe, ce qui impacterait leurs bénéfices et ouvrirait la voie à la concurrence notamment chinoise. Autre conséquence : une baisse des investissements européens, qui conduirait à un affaiblissement du dollar et une augmentation des coûts d’emprunt. Ce qui pèserait sur les investissements des entreprises et les dépenses des ménages. Et provoquerait un ralentissement de la croissance états-unienne.

Mais la menace n’est pas seulement économique. L’option d’une opération militaire est toujours sur la table. Une hypothèse qui, selon The Atlantic, place l’armée états-unienne face à une question existentielle : peut-on attaquer un pays allié ? C’est à lire sous la plume de Tom Nichols, qui écrit : « Certains officiers militaires hausseront les épaules face aux divagations de Trump et diront que les ordres sont des ordres, et que les amis d’hier sont les ennemis d’aujourd’hui ». Mais Tom Nichols en est convaincu : « Les hommes et les femmes des forces armées seront déchirés lorsqu’ils tenteront de transformer les obsessions démentielles de Trump en un plan militaire cohérent. »

Pour The Atlantic, Donald Trump vit désormais dans une réalité différente. Ce qui conduit la revue à se demander quand les républicains du Congrès interviendront. « Des années de diplomatie prudente, des milliards de dollars d’échanges commerciaux, sont désormais menacés parce que des sénateurs et des représentants ont refusé d’utiliser les pouvoirs dont ils disposent pour bloquer le président états-unien », semble s’agacer The Atlantic. Qui estime qu’il est donc temps d’agir.

 

Haïti se prépare à la fin du TPS

Avant même son retour au pouvoir, Donald Trump avait menacé les Haïtiens en multipliant les fausses informations. Cela avait contribué à créer un climat de peur, qui s’est considérablement accru avec les traques menées par la police de l’immigration et la fin annoncée du TPS, ce statut de protection particulier accordé aux ressortissants de certains pays. Une suppression prévue dans deux semaines et à laquelle Haïti se prépare, comme l’explique Gotson Pierre, directeur de l’agence haïtienne Alterpresse.

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