SÉCURITÉ ET SÉCURISATION
Par Pierre Robert Auguste
Les sécurité flotte comme une nébuleuse dans le discours officiel, les conversations populaires. Reste à savoir sécurité pour qui ?
- Pour les membres du gouvernement ?
- Pour les élections ?
- Pour le plan du Core Group?
La sécurité relève de la raison d’état,plus subjective qu’objective. Elle se manifeste plus souvent par la force.
En Haïti, la sécurité tient au pouvoir discrétionnaire des décideurs étrangers, Core group, Binuh, et maintenant les forces antigang mais non plus logiquement anti-terroristes.
A leur arrivée aux Gonaïves, ville emblématique nationale comme la Cité de l’indépendance,elles se réfugient dans un site administratif, aggravant la menace pour les employés civils. Elles renvoient à la population l’image négative d’être des touristes armés en attente de jouissances et non des combattants pour la paix prêts aux opérations de guerre. On n’a l’impression que les autorités locales, Délégué, Vice-délégués, Maires, Directeur départemental,Commissaire municipal de police, Commandant militaire haïtien dont l’ombre reste fuyante sont tenus en dehors de la planification stratégique. Le no 1 de la police, comme pour se donner bonne conscience, en appelle à son patron pour le déploiement des militaires vers les zones névralgiques du Bas-Artibonite. La Délégation et les Vice-Délégations, aussi démunies que les églises abandonnées de cette sous-région, ne pourront venir en appui aux exigences du renseignement. La défiance et la démoralisation des populations auront rendu le terrain beaucoup plus difficile dans le cadre d’une opération dont on à peine à retrouver le caractère sérieux. Sans accompagnement des forces armées et policières nationales réunies aux forces antigang par un commandement conjoint, sans le soutien crédible des populations, ce serait ouvrir un registre mortuaire en blanc. Est-il vrai que s’étant mise en position de guerre, l’armée de kokorat sans ras- si armée se justifie-, ait kidnappé aujourd’hui de nombreux voyageurs, faits prisonniers dans leur territoire ? . On ne saurait nier un tel coup d’intelligence stratégique et tactique de s’offrir un bouclier humain pour se protéger, des otages pour négocier. Tout ce qui s’était signalé en face : un léger concert médiatique pour sonner l’arrivée des forces antigang,qui ne paraissent même pa sûres de leur propre sécurité. Où en sera le pays bientôt ?
On est engoncés dans la sécurité dont le Core group, son institution lige, le Binuh, ses bras armés, les forces anti-gang connaissent seuls les paramètres terminologiques, axiologiques. La sécurité relève de la raison d’état, plus subjective qu’objective. En Haïti, elle tient au pouvoir discrétionnaire des décideurs étrangers.
Or, la société haïtienne a besoin que soit rétabli son droit à la paix, que ses libertés soient restaurées, que l’intégrité physique de ses membres et celle de leurs biens soient sauvegardées, qu’elle jouisse de la maîtrise de ses décisions, que sa personnalité internationale, autant que la dignité de chaque haïtien, chaque haïtienne, où qu’ils soient chez eux, ou dans un pays étranger. La société haïtienne a besoin de la sécurisation. Celle-ci s’attache aux droits humains.
Entre la sécurité et la sécurisation , il n’y a de différence qu’entre la force et la liberté, soit une différence eschatologique.
On doit se mobiliser, se battre, s’inviter dans les débats pour la sécurisation. Elle doit devenir une revendication de chaque département géographique, de tous les secteurs, l’aspiration irrévocable de la diaspora, de la société entière.
Gonaïves le 11 août 2026
Pierre Robert Auguste
The post PRA. CE QUE JE PENSE : SÉCURITÉ ET SÉCURISATION first appeared on Rezo Nòdwès.