Un mois après le déguerpissement des marchands du marché de la rue 3, au Cap-Haïtien, la colère ne faiblit pas. Les commerçants concernés affirment n’avoir reçu aucune proposition sérieuse de relogement ni de véritable accompagnement de la part des autorités. Cette situation soulève davantage de préoccupations alors que, selon les informations rapportées, sept millions de gourdes auraient été versées à Michel Saint-Croix en dehors du compte officiel de la mairie. Une telle allégation exige la publication immédiate des pièces justificatives permettant d’établir l’origine, la destination et l’utilisation de ces fonds.
Les marchands dénoncent particulièrement le silence de Michel Saint-Croix et l’inaction du gouvernement dirigé par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Après avoir procédé au déplacement de ces petits commerçants, les responsables n’auraient mis en œuvre aucune solution durable pour leur permettre de poursuivre leurs activités dans des conditions dignes et sécuritaires. En privant brutalement des familles de leurs principales sources de revenus sans présenter de plan de réinstallation, les autorités ont transformé une opération prétendument administrative en une véritable crise sociale.
Le délégué départemental du Nord, Marc Présumé, est également interpellé pour son incapacité apparente à favoriser le dialogue et à rétablir la stabilité autour de ce dossier. Représentant du pouvoir central dans le département, il devrait jouer un rôle de médiateur entre la mairie, les responsables concernés et les commerçants lésés. Pourtant, son intervention reste peu visible, tandis que la frustration augmente et que la méfiance envers les institutions s’accentue. Son silence et l’absence de résultats concrets donnent l’image d’une délégation départementale dépassée par les tensions locales.
Face à la gravité des accusations, une enquête administrative et financière indépendante s’impose afin de faire toute la lumière sur les sept millions de gourdes évoqués. La mairie du Cap-Haïtien, Michel Saint-Croix, la délégation départementale et le gouvernement doivent rendre compte publiquement de leurs décisions et présenter un calendrier précis pour le relogement des marchands. La modernisation de la ville ne peut servir de prétexte à l’opacité financière, à l’improvisation ou à l’abandon des citoyens les plus vulnérables.
Guyno DUVERNE
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