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Conseil de Sécurité | Texte complet de l’intervention de Raina Forbin annonçant que le CEP publiera « dans les prochains jours » le calendrier électoral, malgré 800 000 doublons non audités

today2026-07-20

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Ce discours complètement détaché de la réalité du terrain fournit plusieurs déclarations qui pourront être confrontées aux autres interventions de la séance, notamment celles de Carlos Ruiz Massieu, Mike Waltz, Monica Juma, Jack Christofides, ainsi qu’au rapport du Secrétaire général. Les principaux points avancés par la ministre sont les suivants :

  • Haïti serait « plus proche que jamais » d’organiser des élections libres, crédibles, inclusives et participatives avec les 800 000 doublons jamais audités.
  • Sept des dix départements seraient prêts à accueillir les opérations électorales.
  • Le calendrier électoral devrait être publié « dans les prochains jours ».
  • Plus de 2 000 policiers auraient déjà été formés, avec un objectif de 4 000 policiers supplémentaires d’ici la fin de 2026.
  • Les Forces armées d’Haïti recruteraient 1 500 nouveaux militaires.
  • Trois camps de déplacés internes auraient été fermés.
  • Le gouvernement affirme que la sécurité s’améliore et que la reconquête des territoires se poursuit.
  • Elle demande le renouvellement du mandat et le déploiement complet de la Gang Suppression Force (GSF).

NEW YORK, lundi 20 juillet 2026 — La ministre haïtienne de facto des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, a annoncé devant le Conseil de sécurité des Nations unies que le Conseil électoral provisoire devrait publier le calendrier officiel des élections « dans les prochains jours ». Présentant une lecture résolument optimiste de la situation nationale, elle a également affirmé que plusieurs familles déplacées avaient regagné leur domicile après la fermeture de trois camps. Le discours n’a toutefois fourni aucun bilan relatif à l’arrestation, au jugement ou à la condamnation des principaux commandants de gangs qui continuent d’exercer une autorité armée sur plusieurs territoires.

« Deux des trois phases nécessaires à la tenue des élections nationales ont déjà été achevées », a déclaré Raina Forbin, ajoutant dans un discours déphasé que « la phase restante incombe au Conseil électoral provisoire, qui devrait publier le calendrier électoral officiel dans les prochains jours ». Cette formule engage désormais directement le CEP, déjà confronté depuis plusieurs mois aux interrogations sur l’absence d’une date formelle de scrutin, les conditions sécuritaires, la fiabilité du registre électoral et l’accessibilité des centres de vote.

La ministre a soutenu que le processus électoral serait « pleinement opérationnel ». Selon elle, l’enregistrement des partis politiques est terminé et celui des électeurs est en cours. « Le gouvernement haïtien demeure convaincu, plus que jamais, que la seule voie permettant à Haïti de progresser passe par la tenue d’élections », a-t-elle affirmé.

Une telle déclaration place le CEP devant une obligation politique de résultat. Combien de jours recouvre exactement l’expression « dans les prochains jours » ? Le calendrier attendu indiquera-t-il une date ferme, juridiquement opposable et techniquement réalisable, ou proposera-t-il une nouvelle séquence conditionnelle dépendant de l’évolution de la sécurité ? La ministre n’a précisé ni le jour de publication ni la période envisagée pour le premier tour.

Raina Forbin a par ailleurs affirmé que sept des dix départements seraient prêts à accueillir des activités électorales « sans obstacles sécuritaires majeurs ». Elle a toutefois reconnu que le déploiement de la Force de répression des gangs demeurait indispensable dans les trois autres départements pour garantir à chaque citoyen le droit de choisir librement ses dirigeants.

Cette présentation appelle une interrogation majeure : les trois départements non sécurisés concentrent-ils une part déterminante du corps électoral, des centres de vote et de la population déplacée ? Les préparatifs administratifs dans sept départements peuvent difficilement suffire à qualifier un scrutin de national, inclusif et participatif si une fraction importante des électeurs de l’Ouest, du Centre ou de l’Artibonite reste exposée aux groupes armés, aux déplacements forcés et aux restrictions de circulation.

La déclaration de la ministre tentant de faire croire que la pays est sorti au bord du chaos, intervient au moment où près de 1,5 million de personnes ont été déplacées par les violences et où plus de la moitié de la population haïtienne dépend d’une forme d’assistance humanitaire. L’Associated Press rapporte également que plus de 2 300 personnes ont été tuées et plus de 1 100 blessées depuis janvier 2026, selon les données présentées par les Nations unies.

Raina Forbin a néanmoins annoncé des résultats qu’elle a qualifiés d’« encourageants ». « Trois camps de personnes déplacées ont été fermés, permettant à de nombreuses familles de retourner chez elles », a-t-elle déclaré. Aucun chiffre précis n’a été communiqué sur le nombre de familles concernées, les quartiers regagnés, les garanties de sécurité accordées, l’état des maisons abandonnées ou incendiées, ni les mécanismes de suivi mis en place pour éviter de nouveaux déplacements.

La fermeture administrative d’un camp ne signifie pas nécessairement que ses occupants ont retrouvé durablement leur résidence. Les familles sont-elles effectivement rentrées chez elles ? Certaines ont-elles plutôt été transférées vers d’autres sites, accueillies par des proches ou contraintes de rechercher un hébergement informel ? Le gouvernement devra documenter ces retours, identifier les zones concernées et établir qu’ils sont volontaires, sécurisés et durables.

Cette déclaration contraste fortement avec la réalité observée sur le terrain.où des centaines de milliers de déplacés vivent encore dans des conditions précaires. En mai 2026, des habitants de Cité Soleil nouvellement chassés par les violences réclamaient toujours la protection de l’État, tandis que des établissements hospitaliers avaient dû évacuer leurs patients sous la pression des affrontements armés.

La ministre a aussi annoncé que plus de 2 000 policiers avaient été formés dans le cadre du programme gouvernemental « P-4000 » et que 1 500 recrues étaient en cours d’intégration dans les Forces armées d’Haïti. Selon elle, la PNH devrait compter 4 000 agents supplémentaires d’ici la fin de l’année, tandis que les FAd’H accueilleraient 1 500 nouveaux militaires.

Mais le nombre de policiers formés ou de militaires recrutés ne constitue pas, à lui seul, un indicateur suffisant de rétablissement de l’autorité de l’État. Où ces agents seront-ils déployés ? Avec quels équipements, quel renseignement opérationnel, quelle chaîne de commandement et quel mécanisme de contrôle juridictionnel ? Quel est le nombre réel de policiers disponibles quotidiennement sur le terrain, compte tenu des pertes, des abandons de poste, des congés, des affectations administratives et des départs à l’étranger ?

Plus fondamentalement, le discours de Raina Forbin n’a présenté aucune arrestation emblématique parmi les principaux chefs de groupes criminels. Aucun des puissants commandants qui se proclament « généraux », contrôlent des quartiers, imposent des taxes clandestines, diffusent leurs crimes sur les réseaux sociaux et revendiquent publiquement des assassinats n’a été exhibé comme prisonnier de l’État, traduit devant un tribunal ou condamné au terme d’une procédure régulière.

Les Nations unies recensent au moins 26 gangs actifs dans la seule région métropolitaine de Port-au-Prince. Ces organisations sont impliquées dans les homicides, les enlèvements, les violences sexuelles, le trafic d’enfants, les déplacements forcés et la conquête de territoires. Pourtant, le gouvernement évoque la « reconquête » sans publier une cartographie vérifiable des zones reprises, des chefs neutralisés, des armes saisies, des otages libérés ou des réseaux financiers démantelés.

Le représentant américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a décrit devant le Conseil des atrocités commises contre des policiers haïtiens et annoncé que Washington entendait empêcher les gangs de monétiser leurs contenus sur les plateformes numériques. Selon l’Associated Press, les chefs criminels utilisent les réseaux sociaux pour célébrer des meurtres, proférer des menaces, recruter des mineurs et exposer l’argent provenant de leurs activités.

Cette annonce américaine pose une autre question : pourquoi faut-il attendre une intervention étrangère pour interrompre les activités numériques de criminels recherchés en Haïti ? L’État haïtien a-t-il transmis aux plateformes les décisions judiciaires, mandats d’amener, mandats d’arrêt et demandes de suppression nécessaires ? Existe-t-il seulement des dossiers judiciaires suffisamment constitués contre chacun des chefs identifiés ?

Raina Forbin a également annoncé la réactivation de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réintégration. Elle n’a cependant pas précisé quels groupes pourraient être admis dans un mécanisme de réintégration, selon quels critères, ni comment seraient distingués les enfants enrôlés, les exécutants, les informateurs, les trafiquants et les auteurs de massacres.

Le désarmement ne saurait devenir une voie d’amnistie implicite pour les responsables d’assassinats, de viols, d’enlèvements et de crimes de masse. Les personnes soupçonnées de crimes graves demeurent justiciables des tribunaux. Toute politique de réintégration devra ainsi être compatible avec les obligations de l’État en matière de poursuites pénales, de réparation des victimes et de lutte contre l’impunité.

La ministre a indiqué que deux chambres spécialisées avaient été mises en place pour juger les crimes de masse, les violences sexuelles et les infractions financières graves. Cette annonce ne renseigne toutefois ni sur la composition de ces juridictions, ni sur leur siège, leur budget, leur compétence territoriale, la protection des magistrats et témoins, ou le nombre de dossiers déjà inscrits au rôle.

Une chambre judiciaire ne produit d’effet que si les suspects sont arrêtés, les preuves protégées, les témoins entendus et les décisions exécutées. Or, les figures les plus connues de l’écosystème criminel circulent encore, interviennent publiquement, donnent des conférences sur les réseaux sociaux et administrent des territoires où les institutions républicaines restent largement absentes.

« La sécurité s’améliore », a affirmé Raina Forbin. « La reconquête des territoires se poursuit. Le processus électoral progresse. » Ces déclarations officielles devront désormais être confrontées aux faits. Quels territoires ont été repris depuis janvier ? Quels commissariats ont rouvert ? Quelles routes nationales sont durablement sécurisées ? Quelles populations sont effectivement revenues ? Quels chefs de gangs ont été capturés et quels procès ont commencé ? À ces interrogations s’ajoute celle de la fiabilité du registre électoral : dans un récent entretien accordé à Rezo Nòdwès, l’ingénieur Alex Saint-Gardien Jecrois a de nouveau dénoncé la présence présumée de 800 000 doublons, l’absence d’un audit pourtant réclamé depuis plusieurs mois et les risques que ces anomalies font peser sur la crédibilité du scrutin. Dès lors, comment affirmer que « le processus électoral progresse » lorsque la base devant servir à identifier les électeurs n’a toujours pas été soumise à un audit indépendant et que ces centaines de milliers de doublons n’ont pas été formellement écartés ?

Le gouvernement réclame le déploiement complet de la Force de répression des gangs et le renouvellement de son mandat. Cet appel reconnaît implicitement que les forces nationales ne disposent pas encore des capacités nécessaires pour reprendre seules l’intégralité des territoires occupés. La force internationale demeure d’ailleurs incomplètement déployée, alors que les besoins opérationnels et logistiques restent considérables.

« Ce n’est pas le moment de reculer », a insisté la ministre. « Le moment est venu de consolider les acquis. » Mais quels acquis peuvent être considérés comme institutionnellement consolidés tant qu’aucun calendrier électoral n’a été publié, que des centaines de milliers de personnes demeurent déplacées, que les gangs continuent de contrôler des axes stratégiques et que leurs principaux dirigeants échappent aux juridictions haïtiennes ?

L’optimisme diplomatique de Raina Forbin engage désormais le gouvernement. Le CEP devra publier le calendrier annoncé. Les autorités devront identifier les trois camps fermés, chiffrer les retours, établir les conditions dans lesquelles les familles ont regagné leur quartier et présenter une liste vérifiable des territoires effectivement récupérés.

Elles devront surtout expliquer pourquoi, malgré les opérations annoncées, l’augmentation des effectifs et la « pleine mobilisation » des forces de sécurité, les principaux chefs de gangs ne sont toujours ni capturés ni jugés. Une élection ne peut pas reposer uniquement sur des annonces, pas davantage qu’un retour de déplacés ne peut être attesté par la seule fermeture d’un camp.

À l’issue du briefing du 20 juillet, la question centrale demeure donc entière : Haïti est-elle réellement engagée vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel ou assiste-t-on à la construction d’un discours international destiné à présenter comme irréversibles des avancées encore fragmentaires, contestables et dépourvues de résultats judiciaires contre les commanditaires de la violence ?

cba

Extraits de l’ntervention de Mme Raina Forbin

Ministre de facto des Affaires étrangères et des Cultes de la République d’Haïti
Conseil de sécurité des Nations unies – 20 juillet 2026

Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de sécurité,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi, tout d’abord, de féliciter la République du Congo, qui assure la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de juillet. Nous lui adressons nos vœux de plein succès.

Au nom du Premier ministre de la République d’Haïti, Son Excellence Alix Didier Fils-Aimé, ainsi qu’au nom du peuple haïtien, je tiens à exprimer notre profonde gratitude aux membres du Conseil de sécurité et à tous les partenaires qui continuent d’accompagner Haïti dans sa quête de paix, de sécurité, de stabilité, de démocratie et de prospérité.

Je remercie également le Représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), M. Carlos Ruiz Massieu, pour son exposé, ainsi que le Secrétaire général des Nations unies pour son rapport trimestriel du 29 mai 2026, présenté conformément à la résolution 2814 du Conseil de sécurité.

J’adresse aussi mes remerciements à M. Jack Christofides, Représentant spécial de la Force de répression des gangs, ainsi qu’à Mme Vanessa Fraser, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés.

Les enfants d’Haïti sont les premières victimes de la crise sécuritaire et humanitaire que traverse notre pays. C’est pour eux que nous devons unir nos efforts afin de rétablir durablement la sécurité, leur permettre de grandir dans la paix, d’accéder à l’éducation et de bâtir l’avenir auquel ils aspirent.

Je remercie également Mme Monica Juma, Directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), pour son intervention.

Je salue la participation de mon homologue de la République dominicaine, le ministre des Affaires étrangères, M. Roberto Álvarez Gil.

Nous apportons également notre appui à la déclaration qui sera prononcée par l’ambassadeur de la Jamaïque au nom de la CARICOM.

Je remercie enfin les membres du Conseil de sécurité pour leurs observations constructives, notamment l’ambassadeur Mike Waltz, qui a partagé avec le Conseil les principales conclusions de sa récente visite en Haïti.

Aujourd’hui, je souhaite adresser un message d’espoir à nos partenaires internationaux ainsi qu’au peuple haïtien.

Des progrès réels sont accomplis sur le terrain. Haïti n’a jamais été aussi proche, depuis plusieurs années, de rétablir la sécurité et d’organiser des élections libres, crédibles, inclusives et participatives.

Le moment n’est pas venu de relâcher les efforts. Il est venu pour la communauté internationale de demeurer résolument aux côtés du peuple haïtien, de consolider les avancées déjà réalisées et d’aider Haïti à retrouver durablement le chemin de la paix, de la sécurité, de la stabilité, de la démocratie et de l’espérance.

Madame la Présidente,

Malgré les difficultés, Haïti progresse.

Nos forces de sécurité, avec l’appui de la Force de répression des gangs, demeurent pleinement mobilisées afin de rétablir la sécurité.

Notre gouvernement reste fermement engagé à restaurer l’ordre constitutionnel tout en mettant en œuvre les réformes nécessaires au renforcement de la sécurité, à la consolidation des institutions publiques et à l’amélioration des conditions de vie de la population.

Le processus électoral est aujourd’hui plus avancé qu’il ne l’a été au cours de la dernière décennie.

Deux des trois étapes indispensables à l’organisation des élections nationales ont déjà été franchies. La dernière étape relève désormais du Conseil électoral provisoire, qui devrait publier le calendrier électoral officiel dans les prochains jours.

Le processus d’enregistrement des partis politiques est achevé. L’inscription des électeurs est en cours.

Le processus électoral est pleinement engagé, car le gouvernement haïtien est aujourd’hui plus que jamais convaincu que la seule voie permettant au pays de progresser passe par la tenue d’élections.

Madame la Présidente,

Haïti a besoin d’élections libres, crédibles, inclusives et, surtout, participatives.

Des élections capables de rétablir la confiance.

Des élections qui renforceront la légitimité démocratique.

Des élections qui ouvriront la voie à une paix et à une stabilité durables.

Voilà l’espérance des douze millions de femmes, d’hommes et d’enfants haïtiens.

À ce jour, sept des dix départements du pays sont prêts à accueillir les opérations électorales sans obstacles majeurs sur le plan sécuritaire.

Le déploiement de la Force de répression des gangs dans les trois départements restants demeure indispensable afin que chaque citoyenne et chaque citoyen haïtien puisse exercer librement son droit fondamental de choisir ses dirigeants.

La sécurité constitue le fondement indispensable d’élections légitimes.

Depuis janvier 2026, le gouvernement a pris des mesures importantes pour rétablir la sécurité.

Plus de 2 000 policiers ont déjà été formés dans le cadre du programme gouvernemental « P-4000 ».

Parallèlement, mille cinq cents nouvelles recrues sont en cours d’intégration au sein des Forces armées d’Haïti.

Si cette dynamique se poursuit, la Police nationale d’Haïti comptera, d’ici la fin de l’année, quatre mille policiers supplémentaires, tandis que les Forces armées accueilleront mille cinq cents nouveaux militaires.

L’objectif est clair : renforcer progressivement les institutions nationales de sécurité afin qu’elles puissent assumer durablement la protection du territoire et de la population.

Des résultats concrets sont déjà observés sur le terrain et ils sont encourageants.

Trois camps de personnes déplacées ont été fermés, permettant à de nombreuses familles de regagner leur domicile.

Parallèlement, le gouvernement met en œuvre une nouvelle approche de la réponse humanitaire, privilégiant la création d’opportunités économiques durables plutôt qu’une logique d’assistance permanente, avec une attention particulière portée à la jeunesse haïtienne.

Parallèlement à ces efforts, nous avons réactivé la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réintégration (DDR).

Nous poursuivons également la mise en œuvre de réformes importantes du système judiciaire afin de renforcer l’État de droit et la reddition de comptes.

Deux chambres spécialisées destinées à juger les crimes de masse, les violences sexuelles et les infractions financières les plus graves ont été mises en place.

Nous sommes toutefois conscients que les progrès accomplis demeurent fragiles.

C’est dans cet esprit que nous appelons le Conseil de sécurité à soutenir le déploiement complet de la Force de répression des gangs (Gang Suppression Force – GSF), ainsi qu’au renouvellement de son mandat, afin qu’elle dispose des moyens nécessaires pour accomplir sa mission.

Madame la Présidente,

Des progrès réels ont été enregistrés sur le terrain. Ce n’est pas le moment de relâcher les efforts.

Pendant trop longtemps, Haïti a été définie par ses crises.

Aujourd’hui, Haïti souhaite être reconnue pour les avancées qu’elle réalise.

Le peuple haïtien fait preuve d’une résilience remarquable.

Nos institutions continuent de fonctionner.

La sécurité s’améliore.

La reconquête des territoires se poursuit.

Le processus électoral avance.

La République d’Haïti, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé (la transcription automatique mentionne par erreur Ariel Henry), poursuit cette dynamique.

Cet élan est réel. Nous ne devons pas le perdre.

C’est pourquoi nous avons besoin de partenariats solides.

Nous avons besoin d’un engagement international durable afin de consolider les progrès déjà accomplis.

Aujourd’hui, la communauté internationale est placée devant un choix.

Elle peut consolider l’élan obtenu par Haïti au prix d’efforts considérables, ou courir le risque de voir des années d’investissements collectifs compromises au moment même où le pays n’a jamais été aussi proche de rétablir la sécurité et d’organiser des élections.

Soutenir aujourd’hui le déploiement complet de la Force de répression des gangs et renouveler son mandat revient à soutenir la sécurité d’Haïti.

Soutenir la sécurité signifie se tenir aux côtés d’Haïti.

C’est un investissement en faveur de la démocratie, de la stabilité régionale ainsi que de la paix et de la sécurité internationales.

En travaillant ensemble, faisons en sorte que ces progrès, encore fragiles, deviennent irréversibles.

Ensemble, permettons au peuple haïtien de tourner définitivement la page de la violence et de l’instabilité et de construire un avenir fondé sur la paix, la sécurité et la stabilité.

Le moment est venu de consolider ces acquis.

Je vous remercie.

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