NASSAU, 12 septembre 2026 — À quelques semaines de la première visite du roi Charles III aux Bahamas depuis son accession au trône, le Bahamas National Reparations Committee (BNRC) adresse un avertissement sans détour au souverain britannique : ne pas arriver dans l’archipel « empty-handed », les mains vides. L’organisation réclame une excuse publique et formelle pour l’esclavage et la colonisation britanniques, ainsi que l’ouverture de discussions sur la justice réparatrice.
Charles III et la reine Camilla doivent effectuer une tournée du 27 octobre au 4 novembre 2026, avec une première étape aux Bahamas, avant le Guyana puis Antigua-et-Barbuda, où se tiendra le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM). Le déplacement aux Bahamas possède une portée constitutionnelle particulière : Charles III n’y vient pas comme simple chef d’État étranger, mais comme roi et chef de l’État bahamien.
Créé en 2013 dans le cadre de la dynamique portée par la CARICOM Reparations Commission, le BNRC estime que cinquante-trois ans après l’indépendance, le maintien du monarque britannique comme chef de l’État constitue une survivance de l’ordre colonial. Le comité plaide parallèlement pour la transformation des Bahamas en république, considérant que les citoyens bahamiens demeurent juridiquement exclus de la fonction suprême de leur propre État.
L’organisation demande au gouvernement britannique de reconnaître officiellement sa responsabilité historique dans la traite transatlantique et l’asservissement des Africains, puis d’engager des négociations avec les anciennes colonies sur les réparations. Son message au palais de Buckingham tient en une formule : « The time is now for reparations. The time is now for the republic. »
Cette offensive intervient au moment où la question réparatrice acquiert une nouvelle dimension politique dans la Caraïbe. La Jamaïque a déposé le 7 septembre une pétition adressée à Charles III, sollicitant notamment l’examen de questions juridiques relatives à l’esclavage et aux obligations réparatrices par le Judicial Committee of the Privy Council.
source: The Tribune
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