Washington, 10 septembre 2026 — L’archevêque Paul S. Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), a directement demandé au président Donald Trump de suspendre les expulsions massives d’Haïtiens vers Haïti, invoquant la dégradation sécuritaire et l’incapacité actuelle du pays à assurer leur accueil et leur réintégration. La lettre a été adressée à Trump le 8 septembre et rendue publique le 9 septembre.
Mgr Coakley affirme écrire en raison de sa « profonde préoccupation pastorale » face au nombre croissant d’Haïtiens renvoyés de force. Il rappelle notamment le massacre d’août à Kenscoff, où 47 personnes auraient été tuées, plus de 20 blessées et plus de 50 enlevées, parmi lesquelles des familles déplacées et des enfants réfugiés dans une église. Religion News Service situe correctement cet épisode à Kenscoff, tandis que certaines reprises de l’agence catholique l’ont présenté plus largement comme survenu à Port-au-Prince.
L’archevêque interpelle personnellement Trump sur le terrain de la responsabilité morale de l’État : « What good is the immense wealth, prosperity, and influence with which we have been blessed as a nation if not used in service of our humanity? » Il lui demande de ne pas « mettre davantage en danger des vies innocentes » par le renvoi de grands groupes vers un pays dépourvu, selon lui, d’un dispositif adéquat de réception et de réintégration.
Sa position ne constitue toutefois pas un rejet de toute politique d’éloignement. Coakley reconnaît le droit de l’État fédéral de réglementer l’immigration et admet que des expulsions individualisées, notamment pour des motifs de justice ou de sécurité publique, puissent être poursuivies. Son opposition vise principalement les déportations de masse ou indiscriminées vers Haïti.
Cette intervention prolonge une position déjà exprimée par l’USCCB. Le 29 janvier 2026, deux présidents de commissions épiscopales avaient demandé à l’administration Trump de maintenir les protections accordées aux Haïtiens, estimant qu’il n’existait « aucune possibilité réaliste » d’organiser leur retour en Haïti de manière sûre et ordonnée.
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