La banque de la République d’Haïti vient de publier sa nouvelle note sur la politique monétaire pour le 1er trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025, allant de octobre à décembre 2024. Selon la BTH, au premier trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025, la croissance mondiale a été modérée, avec des disparités entre les pays. Le ralentissement des prix a été moins marqué que prévu, mais les banques centrales ont poursuivi leur assouplissement monétaire. En Haïti, l’activité économique a été affectée par l’instabilité socio-politique, ce qui a intensifié les tensions inflationnistes, malgré la stabilité du taux de change et des finances publiques conformes aux objectifs budgétaires en lien avec le FMI.
La Banque de la République d’Haïti (BRH) précise qu’au niveau de la sphère réelle de l’économie haïtienne, la dégradation du climat socio-politique et sécuritaire a freiné les activités génératrices de revenus,
accentuant ainsi les vulnérabilités structurelles du pays. Cette situation a fragilisé l’appareil productif, entraînant une contraction de la production dans l’ensemble des secteurs économiques.
La production agricole en 2024 dans le pays a été affaiblie par la fragmentation régionale, le coût élevé et la délocalisation de la main-d’œuvre, ainsi que les difficultés d’accès aux intrants et au financement. Ces problèmes ont été exacerbés par les pluies diluviennes de fin novembre à début décembre, qui ont causé des pertes humaines, endommagé les infrastructures routières et agricoles, emporté du bétail et détruit des récoltes dans les départements du Nord, du Nord-Ouest, du Sud et de la Grand’Anse.
La note démontre que cette crise humanitaire s’observe dans un environnement caractérisé par une progression plus soutenue des prix à travers le pays. Les goulots d’étranglement qui perdurent, limitant l’offre de produits et de services dans les grands centres
commerciaux, ont entraîné une accélération de l’indice des prix à la consommation sur le trimestre sous-revue comparativement au trimestre précédent.
Au cours du premier trimestre 2025, les finances publiques ont été marquées par une performance relative des organismes de perception, en dépit de la grève épisodique des employés de la Direction Générale des Impôts (DGI), dans un contexte de dégradation du climat sécuritaire paralysant les activités économiques.
En effet, les taxes et impôts collectés par l’État haïtien ont enregistré une hausse de plus de 14 % comparativement à l’intervalle juillet-septembre 2024, poursuit la note. Parallèlement, une tendance similaire a été observée dans l’évolution des dépenses publiques, lesquelles ont crû de 30,5 % en comparaison au trimestre précédent.
Décision de politique monétaire pour le premier ministre 2025
Au cours du premier trimestre de l’exercice fiscal 2025, la BRH a maintenu la posture adoptée depuis tantôt deux ans, modulant ses actions pour atténuer les impacts de cet environnement adverse sur la stabilité macroéconomique. Elle a poursuivi ses opérations de stérilisation de la liquidité excédentaire du système financier à travers des émissions de bons BRH, tout en gardant inchangés ses taux directeurs et les coefficients de réserves obligatoires. Parallèlement, le dynamisme des transferts privés sans contrepartie a facilité l’intensification des interventions de la Banque centrale sur le marché des changes, avec des opérations nettes à l’achat s’élevant à 272,9 millions de dollars US pour le
trimestre sous revue.
Perspectives économiques et défis pour le premier trimestre 2024-2025 en Haïti
Selon la Banque de la République d’Haïti (BRH), les difficultés de circulation des personnes et des produits ont négativement impacté la production de biens et services au premier trimestre 2024-2025, enfonçant l’économie dans une sixième année de contraction du PIB, avec -4,2 % en 2024 après -1,9 % en 2023. Le rétablissement de la sécurité est essentiel pour atteindre l’objectif de financement nul du budget 2024-2025. Cela permettrait de désenclaver les zones géographiques, ralentir l’inflation et relancer l’économie. La BRH s’efforce de stabiliser les prix et le taux de change tout en encourageant le financement des secteurs de croissance par le système financier.
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